Si
un arrière-goût
de désillusion plane
depuis quelques années
déjà sur les commémorations
successives de cet anniversaire,
fourvoyé un peu dans
le folklore de pacotille, il
reste que des avancées
sont enregistrées.
Le Printemps
berbère a aujourd’hui
vingt-neuf ans. L’âge
de la majorité de ces
jeunes étudiants qui
l’avaient déclenché,
le 20 avril 80, dans la foulée
véhémente et enthousiaste
d’une conférence de Mouloud
Mammeri, interdite par un pouvoir
autiste. Aujourd’hui, nombre
de ces acteurs, rattrapés
par les pesanteurs de la vie,
ont perdu le feu sacré,
d’autres, sans doute revenus
de la tournure prise par l’évolution
de la revendication amazigh,
ont décidé aussi
de prendre du recul. Et si un
arrière-goût de
désillusion plane depuis
quelques années déjà
sur les commémorations
successives de cet anniversaire,
fourvoyé un peu dans
le folklore de pacotille, il
reste que des avancées
sont enregistrées. Au
nombre de ces avancées,
il y a bien sûr la constitutionnalisation
de tamazight, une des revendications
inscrites au fronton du mouvement
; en attendant son officialisation.
Il y a l’enseignement de cette
langue dans les régions
berbérophones, même
s’il y a matière à
épiloguer sur le contenu
et les modalités de cet
enseignement. Puis tout dernièrement,
l’ouverture d’une chaîne
de télévision.
Même si les plus avertis
ne sont pas dupes de la connotation
électoraliste du geste.
Mais au-delà de ces acquis
que certains trouveront “majeurs”,
d’autres “insignifiants”, c’est
surtout l’esprit de ce mouvement
qui doit transcender les appréciations
conjoncturelles. En effet, le
20 avril 1980 restera pour la
postérité comme
la première estocade
politique portée au régime
du parti unique, qui finira
par s’effondrer après
Octobre 88. Et aujourd’hui
que la tentation du retour au
parti unique se fait plus visible,
comme l’ont montré les
résultats de l’élection
présidentielle du 9 avril,
le Printemps berbère
doit rester un repère,
mais surtout un phare qui doit
guider et rappeler les citoyens
à l’obligation du combat
pour les libertés démocratiques
en Algérie. C’est à
ce titre que les évènements
d’avril 80, quand bien même
circonscrits géographiquement,
sont de la même veine
que la Déclaration de
novembre 1954 et participent
de la même aspiration
et de la même démarche
à l’émancipation
politique du pays.
Omar OUALI |
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