AccueilBenchicouKabylieArticlesPoèmesLittératureAlbumLiens

Le livre d'orE-mailChatForum

 

 


Tafsut n-imazighen / 2009

                      version imprimable

                    version imprimable

 

Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

    ARCHIVES

      2008

      2007

    2006


 

Phare

Si un arrière-goût de désillusion plane depuis quelques années déjà sur les commémorations successives de cet anniversaire, fourvoyé un peu dans le folklore de pacotille, il reste que des avancées sont enregistrées.

Le Printemps berbère a aujourd’hui vingt-neuf ans. L’âge de la majorité de ces jeunes étudiants qui l’avaient déclenché, le 20 avril 80, dans la foulée véhémente et enthousiaste d’une conférence de Mouloud Mammeri, interdite par un pouvoir autiste. Aujourd’hui, nombre de ces acteurs, rattrapés par les pesanteurs de la vie, ont perdu le feu sacré, d’autres, sans doute revenus de la tournure prise par l’évolution de la revendication amazigh, ont décidé aussi de prendre du recul. Et si un arrière-goût de désillusion plane depuis quelques années déjà sur les commémorations successives de cet anniversaire, fourvoyé un peu dans le folklore de pacotille, il reste que des avancées sont enregistrées. Au nombre de ces avancées, il y a bien sûr la constitutionnalisation de tamazight, une des revendications inscrites au fronton du mouvement ; en attendant son officialisation. Il y a l’enseignement de cette langue dans les régions berbérophones, même s’il y a matière à épiloguer sur le contenu et les modalités de cet enseignement. Puis tout dernièrement, l’ouverture d’une chaîne de télévision. Même si les plus avertis ne sont pas dupes de la connotation électoraliste du geste.
Mais au-delà de ces acquis que certains trouveront “majeurs”, d’autres “insignifiants”, c’est surtout l’esprit de ce mouvement qui doit transcender les appréciations conjoncturelles. En effet, le 20 avril 1980 restera pour la postérité comme la première estocade politique portée au régime du parti unique, qui finira par s’effondrer après Octobre 88.
Et aujourd’hui que la tentation du retour au parti unique se fait plus visible, comme l’ont montré les résultats de l’élection présidentielle du 9 avril, le Printemps berbère doit rester un repère, mais surtout un phare qui doit guider et rappeler les citoyens à l’obligation du combat pour les libertés démocratiques en Algérie. C’est à ce titre que les évènements d’avril 80, quand bien même circonscrits géographiquement, sont de la même veine que la Déclaration de novembre 1954 et participent de la même aspiration et de la même démarche à l’émancipation politique du pays.

Omar OUALI

 

© Liberté du 19 avril 2009



Copyright © 2004 - www.ziane-online.com

By Namo Interactive Inc.
All Rights Reserved.