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Tafsut n-imazighen / 2009

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Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

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Tamazight Ass-a

La balle est dans notre camp

La Kabylie marque la 29e halte printanière  et dans le sillage, s'incline devant la mémoire des victimes du printemps noir. Le plus souvent, cette halte ne prend pas le temps de digérer les acquis et de réfléchir  l'occupation intelligente  des espaces de libertés  arrachés au prix fort.

La souvenance de Tafsut est à chaque fois chahutée  par des interférences politiques empêchant la lisibilité de ''Tamazight ass-a'' et, d'une manière générale, la lisibilité du devenir ''identitaire''.  Le propos n'est pas de déposséder, le politique de  son appréciation, de cette dimension, identité intrinsèquement liée au projet de société qu'il retient sur sa feuille de route. Il lui est juste demandé  de ne pas empiéter sur le terrain de ces “umusnawen” qui, au quotidien, sans bruit et sans badges, s'échine à lancer des chantiers à même d'assurer l'éternité  à tamazight retenue, faut-il le rappeler,  par l'Unesco, parmi les langues minoritaires condamnées à disparaître. L'Unesco sait de quoi elle parle. Et sa prémonition ne relève pas de la voyance et autre maraboutisme mystiques : elle est justifiée par une étude sérieuse. C'est tout de même paradoxal que l'on prédit un avenir moribond au kabyle (la langue), alors que depuis une bonne dizaine d'années des espaces  de liberté lui ont été ouverts !?

Bien sûr que l'on, s'empressera de charger “adabu” (le pouvoir) et de trouver en lui les justificatifs de notre inertie. Mais le fait est que ce même pouvoir que l'on prend d'assaut toutes les fois que l'on est en panne d'arguments a cédé devant la détermination et la générosité du printemps : il n'avait aucun autre choix que d'ouvrir l'école et d'autres espaces à tamazight. Du coup, nous nous retrouvons face à… nous-mêmes. La balle est désormais dans notre camp. Il nous  fallait tout juste donner libre cours à notre ''soif de tamazight''. Chose qui passe par la création, seul garant de la pérennité de la culture. Parce que, au final, seul le génie créatif impose la langue, cette activité sociale. Quelle que soit l'ouverture d'esprit d'une constitution et des institutions de l'Etat, le sort de tamazight dépend foncièrement du génie de ses locuteurs. Sauf que, ces derniers sont occupés à se "chercher les poux dans le cuivre chevelu" et à fabriquer des formules chocs  qui, comme disait l'Amusnaw, "parlent bien et ne disent rien".  Encore plus grave: le cerveau de l'individu kabyle est démesurément annihilé par le akabar. Dès lors, on est rattrapé par le réflexe des kasmas des années de plomb et ce faisant, on se trompait  forcément de combat, la nature du combat  à mener.  On se complait dans la stérilité du ghetto et de ad nerrez wala ad neknu alors que, et on ne le répétera jamais assez, "ass-a d lkaghed". Il est plus malin, et c'est dans l'intérêt de tamazight, que l'on mette en veilleuse le akabar, le temps d'apporter sa pierre,  aussi ''petite'' soit-elle, au chantiers langue et culture. À défaut, ne perturbons  pas  le travail des hommes de bonnes volontés.

Ces hommes, ils existent et c'est d'ailleurs grâce à eux que tamazight a franchi les frontières du ghetto.

T. OULD AMAR

 

© La Dépêche de Kabylie du 20 avril 2009



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