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Tafsut n-imazighen / 2009

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Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

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Hommage aux étudiants d'Alger

La naissance du printemps berbère est, certes, venue suite à l’interdiction de la conférence du valeureux feu Mouloud Mammeri, qui a vu le mécontentement des étudiants de l’université de Tizi-Ouzou, puis de la population suite à la répression sans précèdent qu’avait connue l’enceinte universitaire, par le saccage des chambres, le matraquage des étudiants et les arrestations. Après cela, il y’a eu la solidarité des étudiants d’Alger de la fac centrale tout d’abord, l’institut des sciences économiques, de l’IlE, et de Bab-Ezzouar ensuite. On a souvent négligé l’apport grandiose et si important des étudiants d’Alger dans le mouvement culturel du printemps berbère de 1980. On assiste comme à une sorte d’une autre confiscation de l’histoire par certaines personnes qui parlent du «tafsout nethmanyin», en oubliant Alger.

Et souvent quand on parle du printemps berbère de 1980, on ne cite que Tizi-Ouzou et Béjaïa. Pour l’histoire, la plus grande manifestation qu’a connue l’Algérie indépendante, pour les libertés démocratiques, les libertés culturelles et d’expression, a pris le départ en 1980 de la faculté centrale avec la participation de dizaines de milliers d’étudiants d’Alger, et de la population des environs, encadrée par le comité de l’institut des sciences économiques, de l’institut des langues étrangères, et de Bab-Ezzouar. Ce jour-là, les étudiants ont décidé de manifester, de sortir dans la rue, en scandant le slogan «Liberté d’expression, A bas la répression». Ils avaient pris le départ de la fac centrale en chantant la chanson d’Idir : Amkoul agdoud yehataj tilleli. Une répression sans merci s’est abattue sur les manifestants, d’abord à la Grande Poste puis à la place des Martyrs, suite à laquelle il y’a eu une vague d’arrestations. Omettre de citer la participation importante des étudiants d’Alger et de sa population, c’est ignorer l’existence des militants du collectif d’Alger, et de sa participation cœur et âme, et surtout intelligente, par des conférences et des galas culturels. C’est ignorer l’existence des militants comme Mustapha Bacha, Arezki Aït Larbi, Salah Boukrif, Amara Ben Younès et autres.
C’est effacer l’apport des activités culturelles initiées par l’émergence des groupes et troupes de musiqueset théâtrales. C’est être ingrat envers le travail gigantesque fait par le groupe d’étudiants d’Alger appelé groupe Debza, composé de Salim Bensdira, Abdennour Haouati, Mourad Belouchrani, Rabah Balaouane, Meziane Ourad, Youcef Chelouch, Tahar Moussaoui, Haouchine, Titif, Messaoud et autres. Un groupe qui a abandonné les amphis pour se consacrer au combat par la composition de chansons engagées, les plus connues : Allez-y allez-y Dzair civilisée, et Wach rah sayer fel Djazair, et la réalisation de pièces théâtrales comme Sendouk laâdjeb. Un groupe très dynamique et militant, qui été chargé de transmettre le message à travers ses chansons dans ses divers déplacements. Omettre de citer Alger c’est oublier la fameuse rencontre des hommes de culture à la fac centarle, tels que : Kateb Yacine, Chérif Kheddam, Salim Chaker. C’est oublier l’apport et la participation de groupes comme Ichenouiyen, Imnouda Tagrawla, Inasliyen, Dersa de Sétif, pour ne citer que cela.
Pour l’anecdote, un jour, des étudiants sont venus nous annoncer qu’une étudiante sans crainte ni peur était en train de faire un monologue, une petite pièce de théâtre sur les libertés démocratiques devant la bibliothèque de l’université juste à côté de la mosquée de la fac tenue à cette époque par Mohamedi Saïd. Le collectif d’Alger avait peur pour elle, et partit pour l’assister et la protéger en cas de problème. Cette étudiante, c’était notre actuelle ministre de la Culture, Khalida Toumi. Le printemps berbère a trouvé un grand soutien grâce à la bonne organisation des étudiants de l’université d’Alger, principalement les étudiants des sciences économiques et des langues étrangères, qui étaient déjà organisés en comités d’institut et qui avaient déjà arraché par les grèves le droit à l’affichage, le droit aux réunions, et le droit à la participation aux conseils pédagogiques réservés jusque-là aux étudiants affiliés aux organisations de masse comme l’UNJA. Par cet article modeste, je voulais rendre un vibrant hommage aux étudiants d’Alger qui ont participé aux événements de 1980, et ont fait du 20 avril un véritable printemps, et pourquoi ne pas se réunir, un jour, à la fac centrale pour rendre hommage à un grand homme, feu Mustapha Bacha.

Mourad DEBZA

 

© La Nouvelle République du 20 avril 2009



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