Reprenons
d’abord les données factuelles.
10 mars 1980 : cela fait
pratiquement 1/3 de siècle !
Ce jour-là, le paisible
savant Mouloud Mammeri, heureux
de l’opportunité de pouvoir
transmettre le résultat
de ses recherches aux jeunes
générations, se
dirigeait vers la toute nouvelle
université de Tizi Ouzou.
Il devait y faire une conférence
sur les poèmes kabyles
anciens, poèmes qu’il
avait collectés avec
amour, consignés, traduits,
commentés et publiés
dans un ouvrage aux éditions
Maspéro à Paris.
Printemps
berbère 1980, des poèmes
anciens suspects !
Les
étudiants et certains
de leurs professeurs l’attendaient
fébrilement. Ils étaient
naturellement curieux, grisés
de bonheur, fiers à l’idée
de pouvoir écouter celui
qui était déjà
à l’époque l’un
des mentors les plus en vue,
sur un patrimoine ancestral
jusque-là enseveli. Tout
semblait aller de soi quand
la nouvelle de son interpellation
tomba comme un couperet !
Le reste des événements
est connu : à nouveau
le drame a gagné cette
Kabylie meurtrie depuis des
générations, une
Kabylie bouc émissaire
du pays, réceptacle de
toutes les souffrances. Dans
le contexte de l’époque,
les tenants du régime
algérien jetaient hors
de la culture tout ce qui ne
se conformait pas à la
norme arabo-centrique au sens
idéologique hérité
du nassérisme égyptien.
Dans ce cadre étroit
de la politique, le fait berbère
était frappé de
vice de forme et ne pouvait
alimenter le patriotisme verbal
dont se nourrissait le régime.
Il pouvait au contraire dangereusement
le menacer tant il est porteur
d’une idée de pluralisme.
Revendiquer la langue et la
culture berbères, c’était,
pour les dirigeants d’alors,
refuser d’adhérer au
sentiment de loyauté
dont avait besoin le groupe
paranoïaque dominant dans
une Algérie nouvellement
indépendante et dont
il avait pris le pouvoir par
la force des armes !
C’était
se situer dans l’out-group et
refuser d’épouser les
ambitions du FLN parti-Etat
« entièrement
dévoué à
l’intérêt du peuple »
que de se désinscrire
du registre géo-cultuel
arabo-cen- trique ! Le
FLN, ne cesse de rappeler qu’il
a libéré le pays,
c’est pourquoi il se donne la
légitimité d’assujettir
la société, la
mettre au service de ses ambitions
hégémoniques.
Pour le parti unique, la poésie
kabyle est suspecte, fût-elle
du 18e siècle !
Elle peut véhiculer une
pensée autonome et, du
coup, être une voix discordante
dans le concert monocorde du
système. Les ethnocentrismes
représentent tous, on
le sait, la racine des intolérances,
des nationalismes chauvins,
des xénophobies et des
racismes. L’ethnocentrisme rend
compte des manifestations, des
attitudes qui ont cours entre
groupes culturellement différents
et particulièrement lorsqu’un
groupe possède les moyens
politiques de sa domination.
Dans cette logique, le pouvoir
arabo-centrique, incarné
par les caciques du FLN, ne
se préoccupe pas de la
survie de groupes algériens
menacés de disparition,
aveuglé qu’il est par
la légitimité
des armes. La peur de se désagréger,
de disparaître, de perdre
des pans entiers de la culture
millénaire du pays, cette
peur là ne pouvait pas
émouvoir ceux pour qui
l’opinion tient lieu de vérité
historique et de stratégie
politique. Ainsi, s’il advenait
que les Kabyles (les Berbères
en général) cessaient
de croire dans les inestimables
richesses de leur langue, de
leur culture et qu’ils cessaient
d’exister, les tenants du système
s’en trouveraient totalement
réjouis. Or c’est cette
menace de désagrégation
finale qui a présidé
à l’irruption du MCB
en 1980 puis une génération
plus tard, à l’émergence
des archs ! C’est en cela
que le printemps berbère
est avant tout la lutte d’un
peuple, une lutte toujours d’actualité,
sans doute sous de nouvelles
formes actuelles ou à
inventer, une lutte qui a déjà
enfanté le RCD et le
MAK.
Un
événement historique
de grande ampleur
L’impact
du mouvement berbère
de 1980 est considérable.
Il signe un nouvel état
émotionnel collectif.
Un état qui nous renvoie
à l’instinct de survie
que connaissent les peuples
opprimés, que vivent
« les espèces
menacées de disparition »,
un état de résilience
d’où peut surgir l’énergie
nécessaire pour sauvegarder
l’essentiel. La société
kabyle a retrouvé ses
ressorts qui lui permirent de
réagir en organisant
des marches dans tous les coins
de la région. Le sentiment
d’appartenance à un groupe
menacé a repris très
vite racine. De son côté,
le pouvoir, aux pulsions guerrières
plusieurs fois avérées,
répondit à ce
mouvement de la façon
la plus primaire que tout le
monde connaît : répression,
arrestations, humiliations,
provoquant, du coup, d’autres
manifestations et révoltes.
Et le 20 avril, El Hadi Khediri,
alors patron de la DGSN, envoya
les CNS pour investir avec violence
le campus universitaire. L’effet
fut effroyable et la nouvelle
se répandit comme une
traînée de poudre !
Toute la région kabyle
(puis une partie de l’Algérois)
se trouva enflammée et
prit la rue d’assaut, retrouvant
ainsi son système culturellement
organisé de l’émotion
que G. Bateson appelle l’éthos.
Des rumeurs des plus alarmantes
circulaient et les gestes de
solidarité se multipliaient.
Quelques mois plus tard, 24
détenus sur des centaines
d’autres étaient présentés
devant la cour de sûreté
de l’Etat pour l’exemple.
L’Etat
a voulu démontrer qu’il
était capable de lancer
sa machine de terreur contre
la société dans
le but d’obtenir sa soumission.
Avec le recul, je reste convaincu
que sans la mobilisation de
l’immigration qui a alerté
l’opinion internationale et
notamment les médias
européens, certains de
ces prévenus auraient
risqué la peine capitale.
L’assassinat des 126 jeunes
du printemps noir confirme,
20 ans après, la légitimité
de la crainte de l’époque
de voir s’aggraver le chapitre
des souffrances. C’est que,
en ces temps-là, l’Algérie
était encore sous l’influence
du boumédiénisme
triomphant. Le sombre colonel-président
n’avait pas hésité
à éliminer physiquement
ses adversaires : Mohamed
Khider, Krim Belkacem, Medeghri
( ?), pour ne citer que
les plus célèbres.
Par effet boomerang, la révolte
de 1980 a ouvert la voie à
la lutte pour les droits de
l’Homme qui a connu son apogée
en 1985-86. Elle a ensuite rendu
possible l’embrasement du pays
le 5 octobre 1988. La Kabylie,
contre toute attente, a extirpé
la peur par tous les pores du
corps social. En ce sens, la
Kabylie a oxygéné
l’Algérie entière
mais aussi le Maroc. La Kabylie
a mis en échec la volonté
politique du régime de
maintenir la société
en laisse. L’onde de choc a
même trouvé son
écho dans l’Atlas et
le Souss au grand dam du palais
royal, lui aussi inféodé
à l’idéologie
arabo-islamique totalitaire
du Proche-Orient, une idéologie
qui a conduit à la situation
actuelle de l’Irak et à
la fragilité historique
de la Syrie, de l’Egypte et
sans doute de l’Algérie.
Il faut rappeler que Ben Bella
était un véritable
agent de Nasser et de Fethi
Dib, chef des services secrets
égyptiens. C’est dans
cette logique que nous l’avons
vu voter à Baghdad pour
Saddam Hussein avec beaucoup
d’ostentation et…d’obéissance.Tout
cela est lié. Pour revenir
au point de départ, le
mouvement de Kabylie a semé
les graines de la révolte
dans l’esprit des Algériens,
les luttes sociales hors cadre
officielle le démontrent
chaque jour dans tous les recoins
du pays.
2001 :
le printemps noir un scénario
reproductible ?
Les
mêmes causes produisent
les mêmes effets. L’indicible
horreur commencée avec
l’assassinat de Guermah Massinissa
au cœur d’une gendarmerie, peut
tout à fait se reproduire.
Le chef de l’Etat lui-même
dit ignorer ce qui s’est passé.
Le rapport du professeur est
donc enseveli dans les tiroirs !
On peut alors lui rejouer la
scène à toutes
fins utiles ! La société
algérienne reste en effet
verrouillée et les droits
des Algériens berbérophones
sont toujours niés malgré
quelques acquis arrachés
de haute lutte. Nous avons vu
récemment au début
de l’année 2009 comment
la Constitution a été
modifiée pour perpétuer
le système et pour permettre
au chef de l’Etat d’incarner
une fois de plus et pour le
troisième mandat cette
situation bloquée, ce
système à la mécanique
brutale. C’est l’une des raisons
qui font qu’aujourd’hui, l’Algérie
est devenue une vaste salle
d’attente de laquelle jeunes
et moins jeunes veulent s’extraire,
y compris en prenant des risques
de naufrage en haute mer !
Le visa pour l’Occident ou pour
Dubaï reste le rêve
national tant le pays, mais
surtout la Kabylie, intériorise
la probabilité de revivre
la répression subie jusque-là
et tant la chape de plomb pèse
toujours sur la société
lui interdisant toute respiration.
Hélas ! le phénomène
répressif s’est vérifié
et reste latent. Le printemps
noir de 2001 a vu 126 jeunes
Kabyles tombés sous les
balles de ceux-là mêmes
qui sont censés les protéger.
C’est une tragédie pour
tous les peuples voisins dont
la plupart voyaient en l’Algérie
un espoir d’émancipation !
Et si d’autres régions
s’embrasaient à leur
tour, elles feraient face à
la répression aussi bête
et méchante.
Les
symptômes de la cruauté
institutionnelle traduisent
la présence permanente
du rouleau compresseur du système
algérien, un système
profondément boumédiénisé,
c’est-à-dire violent,
opaque et despotique et dirigé
par des hommes ego/ethnocentriques !
Les deux mouvements de Kabylie
(printemps berbère et
printemps noir et il y en d’autres)
portent la marque matérielle
indélébile du
drame algérien. Pourtant,
ce que veulent les Kabyles c’est
remodeler l’Algérie dans
l’intérêt des Algériens,
c’est faire du pays un lieu
où il fait bon de vivre,
de construire des projets et
les faire aboutir. Mais pour
cela, il faut leur donner de
larges parcelles de pouvoir
et les moyens y afférents :
la démocratie de proximité,
le partage équitable
de la rente pétrolière,
un enseignement débarrassé
de l’idéologie apologétique.
Sans un minimum démocratique,
l’érosion de la confiance
dans les tenants du pouvoir
restera la mèche toujours
prête à la combustion
tellement le pays bouillonne.
L’Algérie restera de
ce fait toujours non attractive,
les discours de circonstance,
même avec le renfort d’anciens
militants désormais cooptés
par le système, ne changeront
rien, l’ouverture n’est pas
au programme de demain !
Une
certaine Algérie re-kabylisée ?
Il
faut noter que le printemps
berbère a déteint
significativement sur les mentalités
en Algérie et c’est là
la note d’optimisme. Sur le
registre de l’idéal démocratique,
de la revendication et de la
révolte spontanée
contre les abus flagrants des
agents de l’Etat et de ses institutions,
nous pouvons affirmer que la
société algérienne
s’est « re-kabylisée »
même si c’est encore de
façon fragile car le
panurgisme entretenu par les
médias et l’école
est toujours latent. Mais la
peur du gendarme, la peur des
services occultes n’est plus
ce qu’elle était, l’abstention
pour les élections, symbole
d’une confiance toujours mise
à mal, s’est généralisée
et amplifiée. La parole
s’est libérée
un peu partout et la société
manifeste ses mécontentements
comme on le voit dans plusieurs
villes même si cela prend
des allures de jacqueries :
soulèvements contre l’inégalité
dans la distribution des logements,
routes nationales barrées
pour non-acheminement d’eau
potable, saccage des symboles
de l’Etat pour des revendications
sociales, lettres ouvertes et
pétitions fréquentes
dans la presse, etc.
C’est
vrai que la société
manifeste parfois des lassitudes
et que la culture consumériste
se répand à grand
coefficient d’accélération
mais les ressorts de la révolte
sont toujours vivants. Il faut
dire que les facteurs qui les
régénèrent
sont permanents. En même
temps, ce qui risque d’anesthésier
la société, ce
sont moins les forces de répression
que le modèle ostentatoire
de consommation. Un modèle
qui menace de nous conduire
vers l’apathie politique et
vers un repli croissant sur
la sphère privée !
La société-véto
n’a pas que des avantages, les
risques de voir l’émergence
d’un citoyen passif est à
prendre au sérieux. Il
est donc utile de réfléchir
à élargir le répertoire
d’expression politique tant
celui des suffrages est pour
le moment inopérant quand
il s’agit du sommet de l’Etat.
En ce sens, des mécanismes
d’appartenance collective peuvent
se mettre en place comme des
syndicats indépendants,
une autonomisation des régions
ou, à minima, une décentralisation
conséquente incluant
la coopération avec les
collectivités locales
ou régionales étrangères,
notamment européennes.
Statut
de la langue berbère
et son enseignement
C’est
un statut de seconde zone qui
est accordé à
Tamazight. Ce qui lui est octroyé
est fait avec un calcul politicien,
sans volonté réelle
de changement. Le pouvoir algérien
passe son temps à s’opposer
à sa société,
à créer des mécanismes
de contre-démocratie.
Il prend un malin plaisir à
bafouer la souveraineté
du peuple. Et quand des promesses
de changement sont faites, les
rouages politiques en place
ne peuvent pas contraindre les
dirigeants à tenir leurs
engagements. C’est pourquoi
la Kabylie (et de plus en plus
la société algérienne
dans sa majorité) porte
en permanence un regard sourcilleux
sur les actes des gouvernants.
Elle détecte avec facilité
les farces du pouvoir et refuse
de s’y engouffrer comme elle
n’accepte pas de se rendre disponible
pour les grandes cérémonies
(présidentielles, commémoratives,
cultuelles…) toutes travesties
et dans lesquelles elle se sait
d’avance desservie, trompée.
Alors dans un tel contexte,
il existe un enseignement officiel
mais sans garantie de résultat.
Il sert à amadouer une
frange de militants pour tenter
de domestiquer la région.
Bien sûr, cette tentative
n’empêche pas que beaucoup
d’enseignants / formateurs font
correctement leur travail. Ils
le font malgré l’attitude
schizophrénique du pouvoir
algérien face au fait
berbère qui est d’autoriser
en verrouillant, de promouvoir
en dévalorisant, d’avancer
à reculons !
Y
a-t-il des perspectives possibles ?
De
la part du pouvoir, il n’y a
rien à attendre, il est
toujours tenté par la
culture brejnévienne
teintée de jacobinisme
français. Pour le reste
et pour le moment, les acteurs
de la revendication amazighe
sont pour beaucoup orientés
vers les conflits, surtout les
conflits internes. Les souffrances
répétées
et multiformes qu’a vécues
la région expliquent
pour beaucoup cette situation.
Nous confondons les problèmes
posés avec les personnes
qui, à nos yeux, semblent
en être à l’origine.
Or, en définissant les
problèmes que nous vivons
en termes de personnes, nous
invitons les Kabyles (les Berbères)
à se fractionner. Ils
activent en fonction des liens
relationnels tissés avec
tel ou tel leader ou pour certains
en fonction de leur intérêt
immédiat. Cette démarche
renforce les coteries, actionne
le registre de l’affectif et
pousse à un raisonnement
en termes de loyauté
ou de trahison. C’est pourquoi,
d’année en année
nous rajoutons des problèmes
aux problèmes. Quand
nous n’avons pas de liens de
loyauté précis
à défendre, nous
identifions le système,
l’histoire, la conjoncture comme
seuls fondements de tous nos
maux. Dans les deux cas de figure,
nous restons dans une cause
inaccessible qui génère
une vision de la situation dépourvue
de solution.
Cette
attitude nous amène à
faire circuler des accusations
réciproques, à
montrer du doigt les montagnes
d’imperfections chez l’autre,
à désigner des
boucs émissaires et à
crédibiliser les rumeurs
fabriquées par nos adversaires !
Nous sommes pratiquement tous
des autodidactes de la politique.
Alors comment travailler avec
ces handicaps ? De mon
point de vue, nous ne regardons
pas assez les solutions qui
dépendent de nous-mêmes.
Nous attendons toujours que
d’autres fassent, que d’autres
reconnaissent, que d’autres
se repentissent… Et les mêmes
comportements produisent naturellement
les mêmes résultats.Pour
reprendre l’image du baron de
Münchausen, comment se
soulever soi-même en se
tirant par les cheveux ?
Autrement dit, comment arriver
à penser autrement que
comme nous le faisons, à
trouver d’autres solutions qui
ne sont pas les nôtres,
à agir différemment
en prenant la dé-mesure
de notre narcissisme ?
La tâche n’est pas aisée.
Nos réactions sont conditionnées
par notre façon rigide
de percevoir lasituation. Elles
sont influencées par
nos expériences subjectives,
bases de nos jugements, déterminées
par nos propres attentes fondement
de nos critères, etc.
Pour arrêter de persévérer
dans l’erreur, est-il possible
pour chacun des acteurs clés
de notre cause de travailler
sur soi et de revenir à
la bonne vieille méthode
de trouver des médiateurs
et d’accepter des solutions
qui risquent d’égratigner
notre égo, de remettre
en question nos comportements
névrotiques ?
Ce
travail est difficile car il
nous confronte à notre
propre ombre au sens junguien,
mais il reste tout de même
dans le champ des possibles !
« Il y a une sorte
de psychanalyse de l’esprit
humain qui est la condition
d’une lutte organisée.
Disons qu’une lutte politique
organisée commence par
soi-même »
nous dit Pierre Bourdieu ou
pour reprendre Lounis Aït
Menguellet, « wi
ibghan ad tseggem, iseggem iman-is ».
Peut-être faut-il constituer
un groupe étoffé
de personnalités neutres
et capables de dialoguer en
vue d’une interaction entre
le FFS, le RCD, le MAK, le CMA,
les achs, les leaders hors cadre
structuré, les artistes
et qui sais-je encore ?
Abdenour Ali Yahia a déjà
fait un pas dans ce sens. Il
s’agirait de jouer dans un premier
temps un rôle de catalyseur,
de médiateur et de veiller
à ce que tout ce monde
soit respecté et écouté.
L’idée n’est pas de reprendre
le fantasme de l’union comme
le claironnent certains mais
de réfléchir à
la manière d’atteindre
une performance collective dans
le respect de la spécificité
de chacun avec une recherched’objectifs
communs. Comme diraient les
systémiciens, comment
passer de l’espace problème
à l’espace solution ?
Nos
adversaires réussissent
bien leur coalition, est-ce
une utopie pour nous autres
Kabyles que de passer des accords
sur des points consensuels ?La
mise en scène présidentielle
im-pitoyable qui vient de désigner
le chef de l’Etat a montré
le paradoxe pathétique
kabyle. Toutes les forces politiques
qui comptent dans la région
ont appelé au boycott,
mais une stratégie du
chacun pour soi a prévalu
à l’ère d’une
logique… planétaire !
Le résultat est connu.
Il faut, en conséquence,
rechercher les facteurs possibles
de résilience face au
burn-out qui frappe la société
et touche beaucoup de militants.
Je reste convaincu qu’une période
post-traumatique est possible
dès lors qu’on prendra
conscience que la ruine de solidarité
qu’on observe est le résultat
de notre rapport subjectif à
la chose politique. Nous avons
trop négligé les
enjeux psychiques du militantisme,
ils peuvent nous aider à
retrouver un fil conducteur
pour un nouveau souffle. Alors,
et seulement alors, nous pourrons
faire de la Kabylie une région
attractive pour elle-même
et d’espoir pour tout le pays !e à
cette occasion, dont la projection
de films et de dessins animés
en tamazight en plus de conférences
animées par des professeurs
universitaires.
Hacène
HIRÈCHE, universitaire
(Paris). Formateur et coach. |
|