La
semaine de l’amazighité,
qui se déroule depuis
trois jours à la maison
de la culture Mouloud-Mammeri,
de Tizi-Ouzou, continue de drainer
beaucoup de monde à l’exposition
et aux autres manifestations
culturelles plus particulièrement
aux conférences.
Les
conférences sont animées
par des universitaires et chercheurs
tels que Madjid Benyaou, Abderrezak
Dourari, Ali Sayed, Abdenour
Abdeslam et Youcef Merahi qui,
lundi dernier, a traité
de l’édition amazigh
en Algérie devant une
nombreuse assistance intéressée.
Le secrétaire général
du HCA a, en guise d’introduction,
répondu à la question
récurrente visant le
manque d’encouragement des maisons
d’édition en rappelant,
pour ceux qui l’auraient oublié,
que ces dernières font
du commerce. Elles sont tenues
de rentabiliser leurs prestations
de service sans quoi elles n’existeraient
pas ajoutant que la plupart
d’entre elles ne disposent pas
de commission de lecture en
tamazight. Ceci dit, le conférencier
a jugé utile de faire
un petit plongeon dans l’histoire
récente où les
revues et bulletins étaient
imprimés clandestinement
et distribués en cachette
avec les risques d’arrestation.
Mis à part les cahiers
de Belaïd Aït Ali,
le premier roman aurait été
écrit par feu Rachid
Alliche indique le conférencier,
et ce, malgré le fait
que chaque village et presque
chaque famille kabyle comptaient
parmi les siens un poète
ou un conteur, c’était
encore de l’oralité indépendamment
de la qualité qui pouvait
être élevée.
Ce n’est plus le cas de nos
jours puisque beaucoup de librairies
ont un rayon de livres en tamazight,
malheureusement, dans la plupart
des cas, à compte d’auteurs.
Le HCA commence à prendre
sa part dans l’édition
à partir de 1999 avec
l’entrée en scène
d’une équipe qui s’est
mise à secouer le cocotier,
en éditant une revue
trimestrielle en plusieurs langues
qui est maintenant à
son 19e numéro touchant
à tous les domaines,
suivie quelque temps après
par une revue entièrement
en tamazight. L’ouverture des
portes sur l’édition
a surpris l’équipe du
HCA qui a installé une
commission de lecture chargée
de séparer le bon grain
de l’ivraie, laisse entendre
Merahi, qui énumère
une longue liste d’ouvrages
publiés ou traduits par
son institution à commencer
par Le Fils du pauvre de Mouloud
Feraoun et Le Fils du roide
Saint-Exupery, 9 pièces
de théâtre, 5 romans,
6 lexiques, 8 recueils de contes,
14 actes de colloques et conférences…
soit au total 75 selon une évaluation
faite la veille dans le même
cadre par A. Abdeslam. Le pouvoir
n’exerce aucune pression ou
injonction directe sur le HCA,
selon le SG de cet organisme,
qui développe son action
librement dans la limite des
faibles moyens qui lui sont
consentis, mais il est dépourvu
de prérogatives décisionnelles
par le fait qu’il gravite autour
des institutions étatiques
qui peuvent le freiner par l’indifférence
ou par l’hostilité. Pour
surmonter ces obstacles, le
conférencier recommande
de procéder à
un audit et une révision
du HCA qui n’a plus d’organe
délibérant.
B. T. |
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