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Tafsut n-imazighen / 2009

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Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

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Tizi Ouzou

L'édition amazigh en Algérie

La semaine de l’amazighité, qui se déroule depuis trois jours à la maison de la culture Mouloud-Mammeri, de Tizi-Ouzou, continue de drainer beaucoup de monde à l’exposition et aux autres manifestations culturelles plus particulièrement aux conférences.

Les conférences sont animées par des universitaires et chercheurs tels que Madjid Benyaou, Abderrezak Dourari, Ali Sayed, Abdenour Abdeslam et Youcef Merahi qui, lundi dernier, a traité de l’édition amazigh en Algérie devant une nombreuse assistance intéressée. Le secrétaire général du HCA a, en guise d’introduction, répondu à la question récurrente visant le manque d’encouragement des maisons d’édition en rappelant, pour ceux qui l’auraient oublié, que ces dernières font du commerce. Elles sont tenues de rentabiliser leurs prestations de service sans quoi elles n’existeraient pas ajoutant que la plupart d’entre elles ne disposent pas de commission de lecture en tamazight. Ceci dit, le conférencier a jugé utile de faire un petit plongeon dans l’histoire récente où les revues et bulletins étaient imprimés clandestinement et distribués en cachette avec les risques d’arrestation. Mis à part les cahiers de Belaïd Aït Ali, le premier roman aurait été écrit par feu Rachid Alliche indique le conférencier, et ce, malgré le fait que chaque village et presque chaque famille kabyle comptaient parmi les siens un poète ou un conteur, c’était encore de l’oralité indépendamment de la qualité qui pouvait être élevée. Ce n’est plus le cas de nos jours puisque beaucoup de librairies ont un rayon de livres en tamazight, malheureusement, dans la plupart des cas, à compte d’auteurs. Le HCA commence à prendre sa part dans l’édition à partir de 1999 avec l’entrée en scène d’une équipe qui s’est mise à secouer le cocotier, en éditant une revue trimestrielle en plusieurs langues qui est maintenant à son 19e numéro touchant à tous les domaines, suivie quelque temps après par une revue entièrement en tamazight. L’ouverture des portes sur l’édition a surpris l’équipe du HCA qui a installé une commission de lecture chargée de séparer le bon grain de l’ivraie, laisse entendre Merahi, qui énumère une longue liste d’ouvrages publiés ou traduits par son institution à commencer par Le Fils du pauvre de Mouloud Feraoun et Le Fils du roide Saint-Exupery, 9 pièces de théâtre, 5 romans, 6 lexiques, 8 recueils de contes, 14 actes de colloques et conférences… soit au total 75 selon une évaluation faite la veille dans le même cadre par A. Abdeslam. Le pouvoir n’exerce aucune pression ou injonction directe sur le HCA, selon le SG de cet organisme, qui développe son action librement dans la limite des faibles moyens qui lui sont consentis, mais il est dépourvu de prérogatives décisionnelles par le fait qu’il gravite autour des institutions étatiques qui peuvent le freiner par l’indifférence ou par l’hostilité. Pour surmonter ces obstacles, le conférencier recommande de procéder à un audit et une révision du HCA qui n’a plus d’organe délibérant.

B. T.

 

© Le Soir d'Algérie du 22 avril 2009



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