La
semaine de l’amazighité,
inaugurée le samedi 18
pour commémorer les évènements
du printemps 1980, mettant entre
parenthèses, omission
délibérée,
ceux du printemps noir, s’est
enflammée avec l’intervention,
dimanche après midi,
de Abdennour Abdesselam, chercheur
et spécialiste de tamazighit.
Comme
à son habitude, Abdennour
Abdesselam a le don de susciter
de nombreuses questions, des
commentaires et mêmes
des controverses comme en témoigne
ce militant FFS selon lequel
le conférencier est domestiqué
par le pouvoir ou cette femme
d’un certain âge qui n’a
pas gobé les propos tenus
par le conférencier sur
certains grands moudjahidine
qui avaient peur de rencontrer
les militants du MCB ou encore
cet ex-délégué
des arouch, par ailleurs fils
de chahid, selon lequel la prise
en charge de la question amazighe
est mieux assumée au
Maroc qu’en Algérie,
contrairement aux affirmations
de Abdennour Abdesselam soulignant
que tamazigh dispose certes
d’un institut royal IRCAM, mais
elle ne figure pas dans la Constitution
et n’est pas enseignée
à l’école. Par
ailleurs, si l’on utilise transitoirement
l’alphabet tifinagh, à
terme, le pouvoir cherche à
imposer les caractères
arabes, rappelle Abdennour Abdesselam
soulignant les acquis enregistrés
chez nous, dans ce domaine,
grâce aux luttes multiples
et incessantes de plusieurs
générations …
Cet intervenant fort bien connu
dans les rangs du MCB et des
partis politiques influents
dans la région, qu’il
a accompagnés sans jamais
s’y installer durablement, des
militants culturels et identitaires
amazighs, a fait sortir la semaine
de l’amazighité des sentiers
académiques pour l’engager
sur ceux du pragmatisme politique,
du moins, si l’on juge uniquement
par les débats auxquels
nous avons assistés.
Se définissant comme
un militant satellite, un électron,
il s’assume vis- à-vis
du pouvoir, qu’il ne confond
pas avec l’Etat, et de l’opposition
démocratique, toutes
formations confondues, reconnaissant
sa part de responsabilité
dans les échecs enregistrés
dans les combats livrés
autour de l’amazighité.
Plus particulièrement
dans implosion du MCB en 1989,
du boycott scolaire en 1995
et du printemps noir de 2001.
La lutte est faite de réussites
et d’échecs, elle est
une affaire de longue expérience,
semblait-il dire pour relativiser
les déceptions. Faisant
un rappel historique sur l’organisation
et la sociologie de la société
kabyle, le conférencier
affirme que les arouch constituent
une forme de réaction
collective face au danger extérieur
mais lorsque les Kabyles n’ont
plus d’ennemi, ils se battent
entre eux , a-t-il déploré.
Se montrant réaliste,
il préconise d’autres
formes de luttes citoyennes
pacifiques pour faire aboutir
les revendications en suspens,
préservant et les forces
et le patrimoine de la région.
Un mort de plus est un mort
de trop, a-t-il dit… Tamazighit,
pour lui, c’est surtout le Kabyle
et la Kabylie toujours à
la pointe des luttes politiques
sociales et identitaires, ne
voulant surtout rien imposer
aux Chaouis, aux Mozabites,
aux Chenouis et Targuis qui
n’assumeraient pas leur berbérité.
Il en veut pour preuve la scolarisation
des enfants en tamazighit où
l’on compte, d’après
lui, seulement 15 élèves
chaouis, 2 Mozabites, 1 Chenoui
pour 550 000 Kabyles qui suivent
un enseignement en tamazighit.
Il n’a pas omis de souligner
les manœuvres et menaces qui
ont toujours ciblé la
Kabylie, indiquant, entre parenthèses,
la proposition faite, dit-il,
par Belkhadem en Conseil des
ministres de bombarder la Kabylie
durant le printemps noir.
B. T. |
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