AccueilBenchicouKabylieArticlesPoèmesLittératureAlbumLiens

Le livre d'orE-mailChatForum

 

 


Tafsut n-imazighen / 2009

                      version imprimable

                    version imprimable

 

Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

    ARCHIVES

      2008

      2007

    2006


 

Tizi Ouzou

Débat sur tamazight avec Abdennour Abdeslam

La semaine de l’amazighité, inaugurée le samedi 18 pour commémorer les évènements du printemps 1980, mettant entre parenthèses, omission délibérée, ceux du printemps noir, s’est enflammée avec l’intervention, dimanche après midi, de Abdennour Abdesselam, chercheur et spécialiste de tamazighit.

Comme à son habitude, Abdennour Abdesselam a le don de susciter de nombreuses questions, des commentaires et mêmes des controverses comme en témoigne ce militant FFS selon lequel le conférencier est domestiqué par le pouvoir ou cette femme d’un certain âge qui n’a pas gobé les propos tenus par le conférencier sur certains grands moudjahidine qui avaient peur de rencontrer les militants du MCB ou encore cet ex-délégué des arouch, par ailleurs fils de chahid, selon lequel la prise en charge de la question amazighe est mieux assumée au Maroc qu’en Algérie, contrairement aux affirmations de Abdennour Abdesselam soulignant que tamazigh dispose certes d’un institut royal IRCAM, mais elle ne figure pas dans la Constitution et n’est pas enseignée à l’école. Par ailleurs, si l’on utilise transitoirement l’alphabet tifinagh, à terme, le pouvoir cherche à imposer les caractères arabes, rappelle Abdennour Abdesselam soulignant les acquis enregistrés chez nous, dans ce domaine, grâce aux luttes multiples et incessantes de plusieurs générations … Cet intervenant fort bien connu dans les rangs du MCB et des partis politiques influents dans la région, qu’il a accompagnés sans jamais s’y installer durablement, des militants culturels et identitaires amazighs, a fait sortir la semaine de l’amazighité des sentiers académiques pour l’engager sur ceux du pragmatisme politique, du moins, si l’on juge uniquement par les débats auxquels nous avons assistés. Se définissant comme un militant satellite, un électron, il s’assume vis- à-vis du pouvoir, qu’il ne confond pas avec l’Etat, et de l’opposition démocratique, toutes formations confondues, reconnaissant sa part de responsabilité dans les échecs enregistrés dans les combats livrés autour de l’amazighité. Plus particulièrement dans implosion du MCB en 1989, du boycott scolaire en 1995 et du printemps noir de 2001. La lutte est faite de réussites et d’échecs, elle est une affaire de longue expérience, semblait-il dire pour relativiser les déceptions. Faisant un rappel historique sur l’organisation et la sociologie de la société kabyle, le conférencier affirme que les arouch constituent une forme de réaction collective face au danger extérieur mais lorsque les Kabyles n’ont plus d’ennemi, ils se battent entre eux , a-t-il déploré. Se montrant réaliste, il préconise d’autres formes de luttes citoyennes pacifiques pour faire aboutir les revendications en suspens, préservant et les forces et le patrimoine de la région. Un mort de plus est un mort de trop, a-t-il dit… Tamazighit, pour lui, c’est surtout le Kabyle et la Kabylie toujours à la pointe des luttes politiques sociales et identitaires, ne voulant surtout rien imposer aux Chaouis, aux Mozabites, aux Chenouis et Targuis qui n’assumeraient pas leur berbérité. Il en veut pour preuve la scolarisation des enfants en tamazighit où l’on compte, d’après lui, seulement 15 élèves chaouis, 2 Mozabites, 1 Chenoui pour 550 000 Kabyles qui suivent un enseignement en tamazighit. Il n’a pas omis de souligner les manœuvres et menaces qui ont toujours ciblé la Kabylie, indiquant, entre parenthèses, la proposition faite, dit-il, par Belkhadem en Conseil des ministres de bombarder la Kabylie durant le printemps noir.

B. T.

 

© Le Soir d'Algérie du 22 avril 2009



Copyright © 2004 - www.ziane-online.com

By Namo Interactive Inc.
All Rights Reserved.