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Tafsut n-imazighen / 2009

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Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

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Commémoration du double anniversaire du 20 avril en Kabylie

Cultiver la mémoire pour que personne n’oublie

La Kabylie célébrera demain deux évènements historiques qui, malgré les vicissitudes du temps qui passe, resteront un repère pour les générations futures. Il s’agit respectivement des 29e et 8e anniversaires du Printemps berbère et du Printemps noir qui ont été marqués par une terrible violence de la part du pouvoir à l’encontre d’une région qui se bat pour la sauvegarde de son identité, pour la démocratie et la justice sociale.

L’élection présidentielle du 9 avril dernier n’a pas fait oublier à la Kabylie l’atrocité de la répression commise par le pouvoir contre sa population. Cette région ne veut pas en fait oublier. Elle se bat contre l’amnésie que le régime souhaite imposer afin d’assurer sa survie. Les nombreuses activités qui sont programmées, durant la semaine s’étalant du 17 au 23 avril, sont la preuve que cette région ne veut pas céder sur ses revendications qui n’ont rien de régionalistes. Des conférences-débats, des expositions et une marche auront lieu pendant cette période pour rappeler à tout un chacun que des jeunes sont tombés sous les balles assassines des services de sécurité parce qu’ils voulaient faire entendre leurs voix, exprimer leur colère contre le déni identitaire et contre l’injustice sociale. L’université Mouloud- Mammeri de Tizi-Ouzou, d’où tout avait commencé le 20 avril 1980, sera au rendez- vous cette année. Les étudiants marcheront ce 20 avril, en plus des activités qui ont lieu à l’intérieur de leur université. Pour le moment, le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie de Ferhat Mehenni est le seul à avoir appelé ouvertement à une marche populaire pour demain lundi. Le Front des forces socialistes de Hocine Aït Ahmed et le Rassemblement pour la culture et la démocratie de Saïd Sadi, deux partis politiques implantés dans cette contrée du pays, n’ont rien prévu. Joint par téléphone, le chargé à la communication du RCD, M. Mohsen Belabès, a affirmé que les militants de son parti sont instruits de s’impliquer activement dans toutes les actions et les activités qui se dérouleront en Kabylie pour commémorer le double anniversaire du 20 avril. En dehors des festivités organisées par l’administration, à l’exemple de «la semaine de l’amazighité» qui se tient à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou, les militants du RCD sont en fait autorisés par leur parti à joindre la marche des étudiants et celle du MAK, à participer aux tables rondes programmées par ce qui reste du mouvement des Arouch et à s’impliquer avec les militants du FFS, si ce parti prévoit des activités. Le RCD estime que le double anniversaire du 20 avril appartient à toute la population de Kabylie. A noter que les autorités publiques ont commencé à s’intéresser à la célébration du 20 avril depuis l’entame des négociations du représentant du gouvernement Ahmed Ouyahia avec les représentants des Arouch autour de la plate-forme d’El Kseur, qui n’est pas totalement satisfaite. Ainsi, dix jours après la réélection de Abdelaziz Bouteflika pour un troisième mandat, les Kabyles sortent de leur silence pour exprimer leur attachement aux valeurs démocratiques qui sont celles de tout le peuple algérien. Des valeurs pour lesquelles plus de 120 jeunes sont tombés en martyrs durant les tragiques évènements du Printemps noir de 2001, suite à l’assassinat de Guermah Massinissa dans une brigade de la Gendarmerie nationale à Beni-Douala. Un fait mérite toutefois d’être mis en évidence : depuis quelques années, la commémoration des évènements d’avril 1980 a tendance à se transformer en une activité folklorique et l’administration essaye de la récupérer pour la vider de sa substance. Mais l’on ne devrait pas perdre de vue cet effort fourni par de nombreuses personnes et différentes organisations culturelles qui visent à entretenir la mémoire populaire. Car, la situation de stand-by dans laquelle se trouve aujourd’hui la Kabylie à cause de l’embargo économique et politique qui lui a été imposé, commémorer ces deux tragiques évènements, c’est rappeler que les plaies ne sont pas pansées et que la lutte continue. Et ce n’est pas un troisième mandat de Abdelaziz Bouteflika, qui a déclaré tout ignorer des évènements du Printemps noir de 2001, qui pourrait détourner toute une région du chemin qu’elle avait depuis fort longtemps choisi.

Lyès MENACER

 

© Le Soir d'Algérie du 19 avril 2009


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