La
création d’un département
de langue amazigh à l’université
M’hamed-Bouguerra de Boumerdès
est l’une des revendications
de la Coordination estudiantine
de cette université qui
a organisé, hier, une
marche pacifique pour célébrer
le double anniversaire du Printemps
berbère et du Printemps
noir.
Les
marcheurs scandaient les slogans
habituels contre le pouvoir
: «Pouvoir assassin !»
«Ulac smah ulac !»,
«Nous sommes toujours
imazighen !» A partir
de leur campus, ils ont sillonné
les principales avenues de l’ex-Rocher-Noir
avant d’aboutir devant l’entrée
du siège de la wilaya.
Sur les banderoles portées
par les manifestants, on pouvait
lire «non à la
falsification de l’Histoire
!» «non à
la provocation !» «démocratie
d’abord !» «liberté
d’expression». Arrivés
devant l’entrée officielle
de la wilaya de Boumerdès,
les marcheurs ont observé
symboliquement un sit-in de
protestation. Par la suite,
bras levés en signe de
victoire, ils se sont recueillis
en silence à la mémoire
des victimes qui se sont sacrifiées
pour l’avènement de la
démocratie. Une délégation
s’apprêtait à entrer
dans la wilaya pour remettre
aux autorités une déclaration.
Dans ce document, les manifestants
dénoncent «le marasme
social et l’incertitude politique,
la confiscation des libertés
individuelles et collectives
par un régime oligarchique
qui ne se soucie que de sa survie».
Ils fustigent ce pouvoir pour
avoir confisqué le droit
des Algériens à
l’autodétermination.
«Nous condamnons vivement
l’instrumentalisation de tamazight,
la paupérisation et la
ghettoïsation de l’université
algérienne, le délaissement
du secteur public et le bradage
des ressources naturelles du
pays, l’atteinte aux libertés
syndicales et à la liberté
d’expression, l’impunité
accordée aux assassins
de la nation algérienne
au nom de la réconciliation
nationale», ajoutent-ils.
Dans le même document,
les marcheurs revendiquent l’officialisation
de tamazight et sa prise en
charge réelle, le respect
des libertés individuelles
et collectives, la sauvegarde
des richesses nationales, garantes
de la souveraineté du
pays. Pour eux, la société
algérienne est consciente
des enjeux et des perspectives
qui l’attendent pour parvenir
à l’éradication
du régime despotique
en place et la construction
d’une république basée
sur la liberté, le respect
et la justice sociale. A noter
le comportement pour le moins
déplacé, durant
cette marche, de certains organisateurs.
Ces derniers manifestent pour
exiger la liberté d’expression,
mais se méfient d’une
manière ostentatoire
d’une éventuelle récupération
de «leur marche».
Nous n’avons constaté
aucune tentative de qui que
ce soit. Ces étranges
organisateurs doivent comprendre
que la lutte pour la démocratie
dans notre pays et la reconnaissance
de tamazight appartiennent à
toute Algérienne et tout
Algérien qui s’en revendiquent.
L. ABACHI |
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