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Tafsut n-imazighen / 2009

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Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

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Manifestation des étudiants à Boumerdès

Pour la création d'un département de langue amazigh

La création d’un département de langue amazigh à l’université M’hamed-Bouguerra de Boumerdès est l’une des revendications de la Coordination estudiantine de cette université qui a organisé, hier, une marche pacifique pour célébrer le double anniversaire du Printemps berbère et du Printemps noir.

Les marcheurs scandaient les slogans habituels contre le pouvoir : «Pouvoir assassin !» «Ulac smah ulac !», «Nous sommes toujours imazighen !» A partir de leur campus, ils ont sillonné les principales avenues de l’ex-Rocher-Noir avant d’aboutir devant l’entrée du siège de la wilaya. Sur les banderoles portées par les manifestants, on pouvait lire «non à la falsification de l’Histoire !» «non à la provocation !» «démocratie d’abord !» «liberté d’expression». Arrivés devant l’entrée officielle de la wilaya de Boumerdès, les marcheurs ont observé symboliquement un sit-in de protestation. Par la suite, bras levés en signe de victoire, ils se sont recueillis en silence à la mémoire des victimes qui se sont sacrifiées pour l’avènement de la démocratie. Une délégation s’apprêtait à entrer dans la wilaya pour remettre aux autorités une déclaration. Dans ce document, les manifestants dénoncent «le marasme social et l’incertitude politique, la confiscation des libertés individuelles et collectives par un régime oligarchique qui ne se soucie que de sa survie». Ils fustigent ce pouvoir pour avoir confisqué le droit des Algériens à l’autodétermination. «Nous condamnons vivement l’instrumentalisation de tamazight, la paupérisation et la ghettoïsation de l’université algérienne, le délaissement du secteur public et le bradage des ressources naturelles du pays, l’atteinte aux libertés syndicales et à la liberté d’expression, l’impunité accordée aux assassins de la nation algérienne au nom de la réconciliation nationale», ajoutent-ils. Dans le même document, les marcheurs revendiquent l’officialisation de tamazight et sa prise en charge réelle, le respect des libertés individuelles et collectives, la sauvegarde des richesses nationales, garantes de la souveraineté du pays. Pour eux, la société algérienne est consciente des enjeux et des perspectives qui l’attendent pour parvenir à l’éradication du régime despotique en place et la construction d’une république basée sur la liberté, le respect et la justice sociale. A noter le comportement pour le moins déplacé, durant cette marche, de certains organisateurs. Ces derniers manifestent pour exiger la liberté d’expression, mais se méfient d’une manière ostentatoire d’une éventuelle récupération de «leur marche». Nous n’avons constaté aucune tentative de qui que ce soit. Ces étranges organisateurs doivent comprendre que la lutte pour la démocratie dans notre pays et la reconnaissance de tamazight appartiennent à toute Algérienne et tout Algérien qui s’en revendiquent.

L. ABACHI

 

© Le Soir d'Algérie du 21 avril 2009



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