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Tafsut n-imazighen / 2009

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Double commémoration du Printemps Amazigh / 20 avril 1980 - Avril 2001 - 20 avril 2009

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Célébration du 20 avril à Bouira

Plusieurs marches pour un seul combat

Comme à son accoutumée à l’occasion du double anniversaire du Printemps amazigh 1980 et du Printemps noir 2001, la ville de Bouira, malgré le froid et la pluie inhabituels de ce lundi 20 avril, a vécu au rythme des marches organisées par différents acteurs se proclamant tous du combat des aînés, morts ou vivants, qui se sont battus pour l’émancipation des libertés démocratiques, dont la promotion de tamazight comme langue nationale et officielle constitue l’un des piliers.

Hier donc, l’on a pu assister à trois marches initiées par le MCB version RCD, puis celle des arouch initiée par certains délégués de la CCCWB et, enfin, celle des étudiants du centre universitaire de Bouira. Ces trois marches qui se sont déroulées successivement sans se croiser, et à partir de points de départ différents, ont toutes convergé vers le siège de la wilaya. Ainsi, la première marche a été l’œuvre du MCB. Celleci s’est ébranlée depuis le stade Bourouba-Saïd pour emprunter l’itinéraire habituel du grand boulevard avant d’aboutir à la cour du siège de la wilaya. Tout au long de ce parcours, les marcheurs, qui étaient pour la majorité d’entre eux des militants du RCD avec une présence remarquée du député et animateur du MCB, Ali Brahimi du président du bureau régional et vice-président de l’APW, Ahmed Boutata, et des P/APC d’El-Esnam et de M’chedallah, et Chorfa, Hellal Ahmed et Zekri Hamid, et Akkache Yahia mais également plusieurs autres cadres du RCD, et des dizaines de jeunes venus principalement d’El- Esnam, scandaient des mots d’ordre hostiles au pouvoir, ainsi que l’éternel «assa azekka, tamazight tella tella, assa azekka, le RCD yella, yella» (aujourd’hui, comme demain, tamazight existera, le RCD existera). Arrivés devant le siège de la wilaya, Meziane Chabane, élu APW du RCD, prit la parole, sous une pluie battante, pour fustiger le pouvoir et rappeler à la foule l’essence du combat du MCB qui tire ses racines de la déclaration du 1er Novembre 1954 et du congrès de la Soummam. Pour sa part, Ali Brahimi poursuivra sur cette lancée pour rappeler que le combat du MCB est le prolongement du combat libérateur et du mouvement nationaliste algérien. Cela avant de faire part aux présents de l’esprit du combat du MCB qui lutte pour l’union et le rassemblement de toutes les forces vives de la nation afin d’aller de l’avant. A ce sujet d’ailleurs, et comme pour appliquer à la lettre cet esprit, Ali Brahimi, et pour la première fois en tant que cadre du RCD, évoquera le président du MAK, Ferhat Mhenna, en exprimant sa solidarité envers ce grand militant de la cause amazigh` qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Pour leur part, les étudiants réunis autour de la Coordination des étudiants autonome, justement pour échapper à toute récupération politique, ont, pour exprimer leur autonomie de décision ainsi que leur attachement à l’unité nationale, refusé la présence de drapeaux noirs et opté pour un grand drapeau national porté par quatre étudiantes qui étaient aux premières lignes des marcheurs, alors que les autres étudiants ont eu droit à des dizaines de fanions aux couleurs nationales. Les étudiants et les étudiantes qui ont marché du centre universitaire jusqu’à la wilaya ont scandé des mots d’ordre relatifs à la revendication amazigh tels que «tamazight, langue nationale et officielle». Enfin, la troisième marche a eu lieu depuis la place des Martyrs jusqu’au siège de la wilaya, à l’appel de la CCCWB. Là aussi, des centaines de marcheurs, en présence des délégués Mahmoud Toumi, Mahmoud Bouchelkaï, Mourad Bouguerrouche et Djamel Yahiaoui, ainsi qu’une délégation de Tizi-Ouzou, conduite par Belaïd Abrika et Khaled Guermah, ont scandé tout au long de la marche, des mots d’ordre hostiles au pouvoir, tels que «pouvoir assassin», «à bas la répression, liberté d’expression», «jugez les assassins». Sur place, et après une minute de silence observée à la mémoire des martyrs du Printemps noir et de la démocratie, des prises de parole ont eu lieu par les délégués pour rendre hommage à tous les militants de la cause amazigh et de la démocratie, rappeler la nécessité de poursuivre le combat dans l’union sans oublier la revendication principale des arouch qui est celle du jugement des assassins des 126 martyrs du Printemps noir et de Matoub Lounès. En outre, là également, le délégué Mahmoud Toumi a tenu à dénoncer le mandat d’arrêt lancé contre Ferhat Mhenna en exprimant la solidarité du mouvement citoyen envers ce grand militant de la cause. Toutes les marches se sont déroulées dans le calme et tous les marcheurs ont appelé à l’unité des rangs afin de faire avancer le combat pour la démocratie en Algérie. Attendons l’année prochaine pour voir. Signalons qu’en marge de ces activités, plusieurs autres festivités ont été organisées par des associations culturelles au niveau des différentes APC berbérophones, alors qu’au niveau des établissements scolaires des trois paliers, ce sont les enseignants et leurs élèves qui ont organisé des manifestations culturelles relatives à l’événement.

Y. Y.

 

© Le Soir d'Algérie du 21 avril 2009



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