Comme
à son accoutumée
à l’occasion du double
anniversaire du Printemps amazigh
1980 et du Printemps noir 2001,
la ville de Bouira, malgré
le froid et la pluie inhabituels
de ce lundi 20 avril, a vécu
au rythme des marches organisées
par différents acteurs
se proclamant tous du combat
des aînés, morts
ou vivants, qui se sont battus
pour l’émancipation des
libertés démocratiques,
dont la promotion de tamazight
comme langue nationale et officielle
constitue l’un des piliers.
Hier
donc, l’on a pu assister à
trois marches initiées
par le MCB version RCD, puis
celle des arouch initiée
par certains délégués
de la CCCWB et, enfin, celle
des étudiants du centre
universitaire de Bouira. Ces
trois marches qui se sont déroulées
successivement sans se croiser,
et à partir de points
de départ différents,
ont toutes convergé vers
le siège de la wilaya.
Ainsi, la première marche
a été l’œuvre
du MCB. Celleci s’est ébranlée
depuis le stade Bourouba-Saïd
pour emprunter l’itinéraire
habituel du grand boulevard
avant d’aboutir à la
cour du siège de la wilaya.
Tout au long de ce parcours,
les marcheurs, qui étaient
pour la majorité d’entre
eux des militants du RCD avec
une présence remarquée
du député et animateur
du MCB, Ali Brahimi du président
du bureau régional et
vice-président de l’APW,
Ahmed Boutata, et des P/APC
d’El-Esnam et de M’chedallah,
et Chorfa, Hellal Ahmed et Zekri
Hamid, et Akkache Yahia mais
également plusieurs autres
cadres du RCD, et des dizaines
de jeunes venus principalement
d’El- Esnam, scandaient des
mots d’ordre hostiles au pouvoir,
ainsi que l’éternel «assa
azekka, tamazight tella tella,
assa azekka, le RCD yella, yella»
(aujourd’hui, comme demain,
tamazight existera, le RCD existera).
Arrivés devant le siège
de la wilaya, Meziane Chabane,
élu APW du RCD, prit
la parole, sous une pluie battante,
pour fustiger le pouvoir et
rappeler à la foule l’essence
du combat du MCB qui tire ses
racines de la déclaration
du 1er Novembre 1954 et du congrès
de la Soummam. Pour sa part,
Ali Brahimi poursuivra sur cette
lancée pour rappeler
que le combat du MCB est le
prolongement du combat libérateur
et du mouvement nationaliste
algérien. Cela avant
de faire part aux présents
de l’esprit du combat du MCB
qui lutte pour l’union et le
rassemblement de toutes les
forces vives de la nation afin
d’aller de l’avant. A ce sujet
d’ailleurs, et comme pour appliquer
à la lettre cet esprit,
Ali Brahimi, et pour la première
fois en tant que cadre du RCD,
évoquera le président
du MAK, Ferhat Mhenna, en exprimant
sa solidarité envers
ce grand militant de la cause
amazigh` qui fait l’objet d’un
mandat d’arrêt. Pour leur
part, les étudiants réunis
autour de la Coordination des
étudiants autonome, justement
pour échapper à
toute récupération
politique, ont, pour exprimer
leur autonomie de décision
ainsi que leur attachement à
l’unité nationale, refusé
la présence de drapeaux
noirs et opté pour un
grand drapeau national porté
par quatre étudiantes
qui étaient aux premières
lignes des marcheurs, alors
que les autres étudiants
ont eu droit à des dizaines
de fanions aux couleurs nationales.
Les étudiants et les
étudiantes qui ont marché
du centre universitaire jusqu’à
la wilaya ont scandé
des mots d’ordre relatifs à
la revendication amazigh tels
que «tamazight, langue
nationale et officielle».
Enfin, la troisième marche
a eu lieu depuis la place des
Martyrs jusqu’au siège
de la wilaya, à l’appel
de la CCCWB. Là aussi,
des centaines de marcheurs,
en présence des délégués
Mahmoud Toumi, Mahmoud Bouchelkaï,
Mourad Bouguerrouche et Djamel
Yahiaoui, ainsi qu’une délégation
de Tizi-Ouzou, conduite par
Belaïd Abrika et Khaled
Guermah, ont scandé tout
au long de la marche, des mots
d’ordre hostiles au pouvoir,
tels que «pouvoir assassin»,
«à bas la répression,
liberté d’expression»,
«jugez les assassins».
Sur place, et après une
minute de silence observée
à la mémoire des
martyrs du Printemps noir et
de la démocratie, des
prises de parole ont eu lieu
par les délégués
pour rendre hommage à
tous les militants de la cause
amazigh et de la démocratie,
rappeler la nécessité
de poursuivre le combat dans
l’union sans oublier la revendication
principale des arouch qui est
celle du jugement des assassins
des 126 martyrs du Printemps
noir et de Matoub Lounès.
En outre, là également,
le délégué
Mahmoud Toumi a tenu à
dénoncer le mandat d’arrêt
lancé contre Ferhat Mhenna
en exprimant la solidarité
du mouvement citoyen envers
ce grand militant de la cause.
Toutes les marches se sont déroulées
dans le calme et tous les marcheurs
ont appelé à l’unité
des rangs afin de faire avancer
le combat pour la démocratie
en Algérie. Attendons
l’année prochaine pour
voir. Signalons qu’en marge
de ces activités, plusieurs
autres festivités ont
été organisées
par des associations culturelles
au niveau des différentes
APC berbérophones, alors
qu’au niveau des établissements
scolaires des trois paliers,
ce sont les enseignants et leurs
élèves qui ont
organisé des manifestations
culturelles relatives à
l’événement.
Y. Y. |
|