
Monsieur le président,
je suis un jeune Algérien, fier, aimant sa patrie
et je n'irai pas voter le 9 avril
Monsieur le Chef
d'Etat,
Je suis un jeune
algérien épris de sa patrie et fier de
son histoire. En tant que citoyen soucieux de voir son
pays se hisser un jour au rang des pays développés
et s'imposer sur le concert des nations, je dénonce
à cor à cri les agissements de votre administration,
constituée d'une caste de requins et d'hypocrites,
dont leur seul et unique souci et celui de s'assurer
une richesse facile et de se procurer avantages et privilèges
au détriment du peuple, longtemps meurtri par
le mépris et la misère à répétition.
Je n'irai pas voter le 9 avril, à l'instar de
la majorité des jeunes algériens du fait
de la corruption et l'impunité qui ont caractérisé
vos deux mandats. Vous nous avez promis une Algérie
meilleure, une branche d'olivier, la paix et la prospérité;
vous nous avez embelli l'avenir et vous nous avez tant
bercé dans des rêves dans vos discours
dithyrambiques qui se sont révélés
par la suite aux antipodes de l'amère réalité
à laquelle nous devons faire face quotidiennement.
L'un de vos ministres a poussé l'opportunisme
jusqu'à considérer le fait de voter pour
vous comme acte de piété et de foi en
Dieu! Et heureusement, le peuple n'est pas aussi dupe
pour y croire. Ce ministre n'a fait qu'attiser la haine
contre tout ce qui s'apparente au pouvoir et à
l'establishment!
Durant vos dix ans de règne, la presse a été
mise à rude épreuve : les journalistes
emprisonnés, menacés, tabassés,
soumis au chantage, pour ne citer que ces aléas.
Sous vos dix ans de règne, une loi criminalisant
les délits de presse a été adoptée,
ce qui ne vous honore pas. Cette même presse que
vous essayez de ligoter, n'a-t-elle pas répondu
présente durant la décennie du feu et
du sang ? N'a-t-elle pas payé un lourd tribut
pour que l'Algérie soit toujours debout ? La
jeunesse est très mal lotie durant votre décennie
de règne. Même durant la décennie
rouge, quand la peur fut à chaque coin et recoin
du pays, quand l'odeur nauséabonde du sang sa
mêlait à des corps carbonisés, le
phénomène de « harraga » n'a
pas vu le jour. Mais sous votre règne, les jeunes
rêvent de quitter le pays dans des barques de
fortunes. Des centaines de jeunes prennent le large
en se jetant dans l'incertain! Il semble que leur sort
n'intéresse personne, sauf leurs mères
qui les ont élevés et éduqués.
La mission première de l'Etat n'est-elle pas
d'assurer sécurité, santé, stabilité
et travail à ses citoyens ? Malheureusement encore,
ces choses ne sont accessibles qu'à une petite
minorité : les tenants du système, les
ministres et leurs « tribus », et les mieux
épaulés. Depuis 1999, le nombre de sans
abris, de malades mentaux, de familles jetées
dans la rue, d'enfants qui travaillent, etc. est en
constante augmentation. Ne sont-ils pas des algériens
? Ne méritent-ils pas de vivre dans la dignité
? N'ont-ils pas le droit d'exister ?
Sous votre règne, l'Algérie, plus que
jamais, est scindée en deux: une Algérie
riche et prospère d'une petite minorité
d'opportunistes, d'importateurs, d'aigrefins; et une
Algérie pauvre, de la majorité souvent
en butte à la misère sociale, au déni
et au mépris sous toutes les formes! L'injustice
finit toujours par révolter les peuples. Vu le
déni et le mépris dans lequel vit le peuple,
le pire est vraiment à craindre. Le désespoir
des jeunes et du peuple se traduit par des petites actions
qu'il ne faut nullement dédramatiser, car elles
peuvent un jour prendre de l'ampleur_ ce sont les petits
ruisseaux qui font les fleuves_ et la révolte
d'octobre 88 est toujours présente dans les mémoires.
Les nuages de la révolte populaire s'amassent
et risqueront de balayer toute la racaille qui vous
entoure.
Le vrai changement viendra d'en bas, et jamais d'en
haut, du moins chez nous, en Algérie. Merci.
Le 28 mars 2009
Ursus
ZAHIRUS
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