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 TRIBUNE

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BÉJAÏA

«Il ne l’a jamais fait en tant que chef d’État»

Le candidat Abdelaziz Bouteflika est attendu aujourd’hui à Béjaïa dans le cadre de son périple électoral à travers le pays. Une ville où, en tant que président de «tous les Algériens», il ne s’était jamais rendu.

Une situation qui gêne aux entournures ses soutiens locaux. Ceux-ci se contentent de proclamer que «la wilaya a bénéficié de 110 milliards de dinars en 10 ans». Une phrase qui revient tel un leitmotiv dans le discours des officiels, à l’image de Belkhadem qui avait réuni ici ses troupes la veille même du démarrage de la campagne. Ceux-ci font mine d’ignorer que le montant en soi est des plus faibles, surtout si l’on sait qu’une entreprise privée, actuellement en faillite, avait bénéficié, selon Ouyahia qui s’exprimait depuis Larbaâ, de quelque chose comme… 70 milliards de dinars. Dans tous les cas de figure, cela n’explique pas les vraies raisons de l’effacement de cette grande ville des visites de travail et d’inspection du calendrier présidentiel. Le plus proche ministre du président Bouteflika, à savoir celui de l’Intérieur, a été à plusieurs reprises, interpellé à propos de la «longue sanction» infligée à la Kabylie , mais celui-ci est allé jusqu’à en prendre acte, en renvoyant la balle à Bouteflika lui-même. «Allez lui poser personnellement la question», répondra-t-il à des journalistes particulièrement insistants. Boudée par le président de la République, depuis les émeutes d’avril 2001, cette région n'a bénéficié d'aucune grande infrastructure, contrairement à d’autres wilayas. Ni hôpital, ni autoroutes, ni logements location-vente, rien n’est inscrit dans les programmes présidentiels de grande envergure. Dénoncée comme un «exemple type d’antidéveloppement », seul le chantier du pénitencier de Oued-Ghir (1500 places), construit sur une terre agricole fertile, y avance à grands pas… Que dira, aujourd’hui, devant ses milliers de fans, composés essentiellement de jeunes écoliers et étudiants venus de tous les coins du pays, alors que ces derniers sont abandonnés à leur triste sort, brisés par le chômage et la précarité ? Que promettra-t-il, à cette ville, laissée à l’abandon depuis des décennies, sans aucune infrastructure digne d’une ville côtière, dont le port est classé deuxième en matière de trafic maritime au niveau national ? «Il nous parlera du MOB et de la JSMB, comme il l’a fait à Sétif, en assurant le président de l’ESS qu’il n’y aura aucune magouille cette année pour la suite du championnat. Il savait bien que le tout Sétif respire le football et son Entente, il a été applaudi en prophète», nous dira un citoyen de la ville de Béjaïa, très en verve, à la veille de ce meeting présidentiel. Pour Hamid Ferhat, président de l’APW de Béjaïa, «Bouteflika vient enfin dans la région en sa qualité de candidat aux élections, pas plus. Il ne l’aurait jamais fait en tant que chef de l’Etat. Le mal est profond, quand on voit que l’administration prend en charge les activités d’un candidat. Aujourd’hui, on importe même la population qui applaudira le président-candidat. Le mensonge et la mystification s’érigent en principes et la nation est soumise à la tyrannie. Je n’aurais pas tenu de tels propos, si celui-ci était venu en tant que président de la République.» Le meeting du présidentcandidat se tiendra sous une très haute surveillance, à la salle Bleue. Cette salle, notons-le, n’accueille aucun autre candidat dans la course à la présidentielle.

Kamel GACI / A. KERSANI

© Le Soir d'Algérie du 25 mars 2009



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