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MES CONDOLÉANCES À FERHAT IMAZIGHEN IMULA*

Certes, avec le temps, la plaie se cicatrisera ; mais la marque, elle, sera là, indélébile. Pour nous rappeler à tous, au besoin, le crapuleux assassinat d'un jeune homme débordant de vie. D'aucuns**, toute honte bue, s'ingénient à nous reprocher la profonde amertume que nous ressentons en pareille situation. De même qu'ils s'en prennent à Kabyle.com qui nous sert de défouloir, voire de « gueuloir », parce que justement notre unique tribune d'expression libre. Où veulent-ils qu'on aille nous exprimer ? Sachant que partout les portes nous sont fermées au nez. À l'unique chaîne de télévision qui « nous enchaîne » (depuis 1962, alors qu'on est à l'ère de la mondovision !!), celle-là même qui avait enterré Tahar Djaout en 30 secondes ? Quant à la presse dite indépendante et privée, pourtant adulée, mais aussi comme apeurée, elle nous aura -en l'espace d'une semaine- renseigné sur sa vraie nature. Une coquille vide tout simplement. Une triste image que celle de ses entrefilets en faire-part d'un événement qui a pourtant bouleversé toute une région. Ce qui n'honore en rien la mémoire de ses artisans qui ont payé de leur vie, pour que la liberté d'expression ne soit pas un vain mot, une liberté-alibi au pouvoir. Au-delà de l'assassinat du jeune Améziane, si la thèse du crime politique venait à se confirmer, c'est le symbole incarné par son père Ferhat Imazighen Imula qui serait visé. Donc, disons-le, de la Kabylie. Sachant qu'il n'échappe à personne ce que représente Ferhat, le « maquisard de la chanson » comme aimait l'appeler Kateb Yacine, dans la région. Et puis, est-il besoin de le rappeler, ayant souffert coup sur coup la saignée en la perte tragique de nos meilleurs artistes, poètes, intellectuels... jeunes du Printemps Noir, l'on comprendra qu'il y a de quoi avoir la sensibilité à fleur de peau. D'où la passion qui l'emporte très souvent sur la raison, dans les propos des internautes qui inteviennent sur ce site. C'est comme qui nous dirait de nous taire, de nous résigner, pendant que nous assistons à une mort lente, mais programmée, de toute la société. Il faut aussi, pour en saisir les contours, remonter à l'époque ambiante qui a vu naître le MAK (Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie.  Les partis politiques, atrophiés par un pouvoir d'essence totalitaire, n'étaient déjà plus que l'ombre d'eux-mêmes. La déliquescence était telle qu'on tirait sur ordre, et à balles réelles, sur des jeunes à mains nues. De plus, pendant qu'on tuait en Kabylie, il régnait un silence de poulailler dans le reste du pays. Aux sieurs donc qui s'érigent en donneurs de leçons, du haut de leur tour, de « revoir leur copie ». Allez aux sources des problèmes, au lieu de nous seriner, à longueur de vos colonnes, des fadaises. Ne vous rendez-vous pas compte que l'Algérie est en feu ? Et que faites-vous pendant ce temps-là ? Rien. Sinon en rajouter de l'huile. Pour terminer, je m'associe à la douleur de la famille Mehenni. Tenez bon, Ferhat.

Mohamed ZIANE-KHODJA

* Texte paru sur le site www.kabyle.com , le 27 juin 2004

** À l'image de l'article tendancieux du Quotidien d'Oran: "L’ASSASSINAT DU FILS DE FERHAT M’HENNI LEUR SERT D’ALIBI : Autonomistes et séparatistes refont surface", 22 juin 2004.



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