
LES AMÉRICAINS DÉCOUVRENT
L'AUTEUR DES "VIGILES"
Nassima C.
Grâce à l’œuvre du talentueux écrivain Tahar Djaout, la littérature algérienne aux Etats-Unis reçoit actuellement un écho favorable et une considération sans limite de la part des lecteurs américains.
Depuis octobre 2001, la vie et l’œuvre de Tahar Djaout ont fait l’objet de plusieurs écrits, de rencontres et de débats aux Etats-Unis. C’est ce qu’a révélé Zouaïma M. Larbi, journaliste, dans une contribution au quotidien La Nouvelle République. Pour les lecteurs assidus de littérature, l’écrivain Djaout a apporté un nouvel éclairage à la littérature algérienne. L’intérêt était tel que, par exemple, dans l’Iowa, d'importantes rencontres ont été organisées afin d’apprécier le talent de l’écrivain algérien et découvrir son livre Le Dernier été de la raison. Mieux encore, les «Iowa Talks», parrainés par l’université, ont recommandé à tous les habitants de la région de lire le livre en question.
Pour rappel, le thème principal du travail de Djaout réside dans un personnage nommé Boualem, lequel est un vendeur de livres qui refuse l’ordre établi. «Djaout l’associe à une histoire dans laquelle il a tant parlé d’un pays mis sous séquestre islamiste.» A la longue, Boualem est devenu l’ennemi de cet Etat non pas parce qu’il écrivait des livres mais parce qu’il aime les livres, les arts et la culture. Ainsi Tahar Djaout, par le biais de son héros, Boualem le libraire, est au centre de plusieurs polémiques et études académiques.
Dans la plupart des universités américaines telles que l’université de North Florida (Jacksonville), celle d’Iowa City, la Colorado University (Denver) et la prestigieuse université de Cleveland, le fils d’Azzefoun fait «des entrées spectaculaires», écrit Zouaïma M. Larbi. Récemment, il était dans les librairies de Denver (Colorado) où plusieurs lectures publiques sur son œuvre ont été organisées à l’intention des étudiants de la Colorado University. Le grand journal Denver Post lui a même consacré plusieurs articles.
Tahar Djaout est le premier auteur algérien à avoir alimenté, avec beaucoup d’intérêt, les pages journalistiques américaines. Les grands critiques et commentateurs estiment que Le Dernier été de la raison est une œuvre magnifique et exceptionnelle. Elle a su donner à la littérature algérienne une dimension internationale.
Le quotidien New York Times et la revue électronique Education Digest (www.eddigest.com) ont, eux aussi, évoqué les écrits de Tahar Djaout. Vu l’importance et l’impact de l’œuvre de l’écrivain algérien, l’écrivain nigérien Wole Soyinka (prix Nobel en 1986) a confié à la directrice de la publicité au Ruminator Books qu’il a décidé de ne plus préfacer aucun livre mais qu’il le ferait pour Tahar Djaout, car c’est un honneur pour lui. Rappelons que Ruminator est la firme qui a édité le livre The Summer of reason avec la préface de Wole Soyinka. Une partie des entrées, apprend-on , va soutenir la liberté d'expression et la lutte contre la censure.
Du côté des études littéraires Back Light Review, l’Américaine Dana de Soryza a donné un titre provocateur : Vision de Dieu. Patricia Geesey de l’université de la Floride a fait la jonction entre Les Vigiles et Le Dernier été de la raison pour affirmer que Tahar Djaout avait cette capacité de nous montrer «les signes de détection précoce d’une maladie». Dans le Los Angles Times, Susan Salter Reynolds compare Djaout à l’écrivain polonais Czeslaw Milosz dans son livre L’Esprit captif.
Le président du Parlement international des écrivains qualifie Tahar Djaout de «prophétique» tandis que USA Today et Star Tribune commentent Le Dernier été de la raison en affirmant que le livre de Tahar Djaout est beau, opportun, triste, valeureux et courageux dans sa volonté de faire face aux faussetés, parle vrai, au point de risquer cet anéantissement dû à la revendication de vivre libre.
L’homme est certes mort un certain 26 mai 1993, assassiné par la horde intégriste, mais il a laissé derrière lui un legs inestimable. Le Dernier été de la raison est un ensemble de documents retrouvés par son épouse quelques mois après sa mort. Publié en France et aux Etats-Unis, ce roman de bonne facture et d’une haute portée intellectuelle dispute la meilleure place. Le Dernier été de la raison est actuellement apprécié par les lecteurs américains.