Rachid Boudjedra     Uno de los intelectuales, narradores y poetas ...     Le Démantèlement     L'amour de la haine     Para no soñar más     Cinco fragmentos del desierto     Monologue avec Rachid Boudjedra     Mémoire revisitée, refertilisée     Le courage de Boudjedra     «Rester en vie pour ne pas donner raison aux égorgeurs»     La critique au-delà des «pretextes» linguistiques     Boudjedra, ce «titilleur» de phantasmes     L'ami de ceux qui titubent     Dans le roman, le texte est poétique     Écrire pour atténuer la douleur du monde     La fascination de la forme     Écrire algérien     Avril, mois du patrimoine national?

 

 

 

 

 20 juin 2003

En 1987, Rachid Boudjedra publie la version arabe de « L'insolation », sorti en France en 1972. Dès lors, il est condamné à mort par les islamistes algériens, dont il dénonce les crimes depuis « La répudiation » : « Je suis allé à Paris en 1969 pour publier mon premier roman. En 1974, je suis revenu à Alger, que je n'ai plus quitté malgré la fatwa, l'exil dans mon propre pays. Je changeais de maison chaque jour, comme Rac, mon héros dans "La vie à l'endroit". Je ne peux oublier cette nuit d'août 1997 où les islamistes nous ont attendus, ma femme et moi. Nous dormions alors chez des amis. Si nous étions rentrés... »

Rachid Boudjedra, né en 1941 à Ain Blida, ex-prof de philosophie, écrit depuis trente ans sur le « trio interdit », le sexe, la religion, la politique : « Je dénonce l'hypocrisie effrayante de la société arabo-musulmane, et surtout la violence faite aux femmes. Je salue leur courage dans la lutte antiterroriste. » L'héroïne de son nouveau roman, « Les funérailles », est une commissaire qui enquête sur le viol et l'assassinat d'une fillette par les islamistes. Ceux-ci ont pour « rite » d'assister aux funérailles de leurs victimes... Il y a du Faulkner, de la tragédie grecque dans ce polar passionnant où une Antigone « voyoute » aime un flic qui a lu Aristote et Spinoza. « C'est ma première histoire d'amour, j'en avais envie... Depuis 1999, je ne me sens plus menacé. Le FIS ne s'en prend plus aux intellectuels », déclare Boudjedra, qui vit au centre d'Alger. Il a même mis son nom sur la porte. Mais il avoue avoir toujours son pistolet...