

PASSAGES
INCONSCIENTS
N’assiste
pas à tes funérailles
Meurs
en faisant semblant de vivre
Mourir
et vivre se ressemblent
Le plus important est ailleurs
Continue
à te rechercher encore
N’abdique
pas
Tes
défaites te rappelleront toujours
La
force de tes idées
Eternellement incomprises
Ne
sois pas dupe
Tu
as toujours su ce que tu voulais
Et
dès que les autres l’ont compris
Tu es déjà perdu
Perdu,
mort ou vivant
L’univers entier se souvient de
toi
Perdu,
mort ou vivant
Tu ne ressembles à personne
Perdu,
mort ou vivant
Tu flottes sur l’océan de
ta déroute
Passager
de l’inconnaissable
Hier,
aujourd’hui et demain
Se rejoignent en toi
Nul
ne t’attend
Nulle
part
Nul
ne te cherche
Tu
as échappé à tout…
OMBRES
ET TRAHISON
La
révolte est mâtée
Pas
de zones de repli
Nos
cerveaux fracassés
Abritent
l’horreur
Happé
par la solitude
Le
joueur de saxophone s’arrête
Son
instrument détruit
Il
laisse le chaos se propager
Dictatures
imposées
Par
le nouvel désordre mondial
Les
caravanes du mensonge
Suppriment
les carrefours du désir
Je
suis le coureur des routes interdites
Je
ne veux pas de cette séparation arrangée
J’oublie
les baisers volés à la nuit obscure
Inventifs
Les
services de l’ombre
Ont
embrigadé toute la société
En
furie, la mer accueille
Les
bourrelets de ton corps fatigué
Tu
ne souffriras plus
De
tant d’usurpation
De
tant d’ingratitude
Ecrasés
à jamais
Nos remords sont envoyés
en enfer
CHIMÈRES
Retours
impossibles
Comme
d’habitude
La
douleur de vivre
Encercle
les éclaircies fugitives
L’incendie
se propage
La
révolte prend forme
Mais
elle ne connaît pas encore son chemin
Il
n’y a aucune tendresse
A
l’approche de cette nuit décisive
Tu
est déjà ailleurs
Depuis
toutes ces longues années
Où
j’essayais de t’attendre
J’ai
trop cru à ces chimères
Que
ton regard fabriquait
J’ai
eu tellement de patience
Mais cela n’empêche pas la
débandade
STIGMATES
D'UN GUET-APENS
Spirale
du rapt
elle
déferle sur ma quiétude
sa
marche impose le silence
ses
rondeurs me triturent les méninges
notre
patience commune se mêle au vent
en
un fugitif clin d’œil
elle
me dit sa passion
une
étoile voit le jour
l’obscurité
se dissout
la
bruine printanière cesse
ses
lèvres mélodiques
emprisonnent
ma volonté
un
exil prend forme
ses
yeux d’éden m’engloutissent
ses
hanches allument un feu
nous
gardons un brin de notre sourire
et
nous attendons demain
UNE VERVE
INTERMITTENTE
L’aurore
est déjà lointaine
au
petit matin
l’éternité
est enlacée
comme
un esquif à la dérive
j’attends
son souhait mirifique
elle
ne se réveille pas
malgré
les glas répétés
je
m’habitue au drame ambiant
et
je me contente
de
son regard de naguère
SOLEIL
INDOMPTÉ
Furtivement
l’instant
harmonieux se rétracte
la
nuit assiège
mon
sourire d’autrefois
mon
âme se dissout
dans
des flots irrépressibles
du
malaise
même
réarrangés
mes
neurones sont éclatés
dans
un pays à feu et à sang
les
exécutions sommaires foisonnent
face
à cette aube infinie
de
l’errance tentaculaire
même
des tonneaux
de
cette bière à pression
ne
me font pas atteindre l’ivresse
GITANE
Elle
chante
ma
naissance minimisée
elle
maudit
le
brouillard de mes inconvenances
elle
admire
les
tourments éveillés
de
ma folie
elle
garde
un
silence éparpillé
sur
sa déroute programmée
et
elle veut me rejoindre
à
l’aube d’une autre vie
AUTREFOIS
LA MER NOUS APPARTENAIT
Les
jours mauvais se chevauchent et imposent leur loi
elle
se remet à raconter les refrains tendres
de notre échec
elle
veut s’opposer au mensonge et au destin sautillant
elle
a envie de fuir ces territoires éclatés
dispersé,
j’écoute ses lamentations caverneuses
nul
n’est insensible à ces tueries répétitives
elle
accroche nos sourires sur une prétendue accalmie
et
je ne comprends plus cette traversée du désert
qui
nous empoisonne l’habitude de la contestation
ne demeure alors que le bruit indomptable
des vagues...
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