Je
la revois déambulant dans les rues
Parlant
seule ou au passant
S’adressant
à son fils
Que
seule la folie rend vivant
Son
unique fils rappelé par la faucheuse
Ce
service militaire voué au mortuaire
Revenu
dans un cercueil
Enseveli
dans un linceul
Laissée
à jamais seule
Elle
n’en fera jamais son deuil
Mort
vivant la folie comme refuge
De
cette douleur qu’elle ne put
Endurer
veuve et sans fils
Élevé
avec tant d’affection
Parti en laissant tant d’affliction
Triste
sort de tant de mères
Fils
morts maudit destin
Défunts
pour qui il n’y aura plus de festin
Insoutenable
violence sans fin