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28 avril 2005
La détention du journaliste Mohamed Benchicou,
directeur du journal Le Matinincarcéré à la prison d’El-Harrach
depuis le 14 juin, sa récente condamnation et celles de quatre journalistes
de son quotidien à la prison ferme pour diffamation, et le rejet par
la cour d’appel d’Alger de sa demande de liberté provisoire pour raison
de santé n’ont pas laissé indifférents les Algériens
résidant à l’étranger, et plus particulièrement
en France.
Hier, à l’appel du Rassemblement pour une Algérie progressiste (RAP) devait se tenir un rassemblement devant le consulat d’Algérie à Marseille pour dire «halte à la répression contre les journalistes, les syndicalistes et les militants pour les droits démocratiques». Mais aussi et surtout pour dénoncer le harcèlement contre la presse depuis que des journalistes sont, pour leurs écrits jugés diffamatoires, menacés d’emprisonnement. La pénitence prononcée le 19 avril dernier par le tribunal d’Alger-Centre — deux et trois mois de prison ferme — à l’encontre de cinq journalistes du Matin dont Mohamed Benchicou, directeur du titre, a suscité une vague d’indignation. Contrairement à ce que claironnent les autorités publiques et certains politiques en Algérie, les journalistes sont bel et bien condamnés à la prison ferme pour leurs écrits. Le RAP «exige la reparution du journal Le Matin», pour rappel, suspendu depuis le 24 juillet dernier, et la libération de son directeur condamné le 14 juin dernier à deux ans de prison ferme et incarcéré le même jour. Détenu dont l’état de santé se détériore jour après jour et dont la demande de mise en liberté pour raison médicale lui a été refusée le 20 du mois en cours. Cinq jours plus tôt, la secrétaire nationale aux Droits de l’homme et aux Libertés du Parti socialiste français saisissait le président de la République à propos de Mohamed Benchicou. Adeline Hazan demandait à Abdelaziz Bouteflika «d’accéder » à la demande du directeur du Matin«En raison de son état de santé et des conditions carcérales difficiles dans lesquelles il se trouve.» Parce qu’ayant l’intime conviction que «tant les motifs ayant conduit à l’incarcération de Mohamed Benchicou et à sa condamnation, que les diverses convocations auxquelles il doit répondre depuis sa cellule, semblent relever de la volonté de le briser personnellement pour ses écrits et d’en faire un exemple pour museler une presse qui se révélerait trop critique, trop indépendante», la secrétaire nationale aux Droits de l’homme et aux Libertés du PS demande au premier magistrat du pays d’offrir «les garanties d’un procès juste et équitable…». A travers le cas Benchicou «j’attire l’attention » du chef de l’Etat sur la situation de «la liberté de la presse en Algérie» en évoquant les journalistes récemment condamnés à la prison ferme et «en pensant» à ce que risquent le caricaturiste Ali Dilem et l’humoriste Hakim Laâlam. Rappelons que le maire socialiste de Paris en visite à Alger et reçu hier par le chef de l’Etat a été sollicité par la Fédération internationale des journalistes, FIJ, et bien d’autres associations et personnalités pour s’exprimer à partir d’Alger «formellement ou informellement» sur le cas Benchicou et le harcèlement des journalistes.
Bertrand Delanoë en parle à Abdelaziz
Bouteflika
Le maire socialiste de
Paris, dont la visite officielle à Alger a pris fin hier, a déclaré
à l’Agence France Presse avoir «défendu le principe de la
liberté de la presse» avec tous ceux qu’il a eu à rencontrer
dans la capitale algérienne, et principalement avec le chef de l’Etat.
L’AFP indique que Bertrand Delanoë a évoqué avec Abdelaziz
Bouteflika «le cas des journalistes algériens condamnés
dont le directeur du Matin». Le maire de Paris, qui se refuse «aux
déclarations tonitruantes», n’a pas manqué de rappeler à
l’AFP que ses convictions ne changent pas d’une rive à l’autre de la
Méditerranée et qu’il a préféré par souci
«d’utilité» parler «clairement et sereinement»
avec les autorités algériennes de la question de la liberté
de la presse.
