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30 juin 2004
La mascarade électorale du 8 avril 2004 a été
une véritable illustration du Pouvoir de sa stratégie de domination
de la société par la fraude, la corruption, la manipulation et
la répression sous le couvert d'un discours officiel « démocratisant
» destiné à tromper l'opinion nationale et internationale
aux fins de perpétuer le système politico-maffieux au pouvoir
depuis le coup de force contre-révolutionnaire de l'été
1962.
L'incarcération inique de Mohamed Benchicou, journaliste et directeur
de publication du Matin, et Hafnaoui Ben Ameur Ghoul, et les gravissimes évènements
de T'kout, Oued Rechach, Labiodh Sid Cheikh, Ouargla et récemment la
tragique mort d'un jeune de 19 ans à Asfour, dans la wilaya d'El Tarf,
font partie désormais des nouvelles « consécrations »
du Pouvoir maffieux et assassin au palmarès criminel digne des dictatures
soufflées par le vent de changement et victimes de leur inconséquence.
Le mouvement citoyen des aârouch, qui avait appelé au rejet pacifique
de cette énième tromperie nationale en étayant son choix
par des arguments non démentis jusqu'à présent, n'avait
pas manqué d'alerter à temps les électeurs que la concurrence
fictive entre candidats factices à une présidentielle-alibi ne
fera que reconduire le personnel politique pourri, leurs boulimiques relais
et notamment les comploteurs de l'ombre qui réorientent à chaque
crise politique majeure, en riposte à toute contestation populaire, le
sort des Algériennes et des Algériens dans le giron de la violence
modulable et instrumentalisée selon l'importance des velléités
hégémoniques à concrétiser. Dans notre pays, il
se passe le même scénario avec des variations superficielles depuis
des décennies : à défaut d'imposer sa loi antipopulaire
à travers les ramifications bureaucratiques et maffieuses de son Administration
et sa justice continuellement dénoncées dans la rue, le Pouvoir,
face à la colère grandissante et aux tentatives d'organisation
de la société civile en groupes autonomes de défense de
ses intérêts les plus justes et les plus élémentaires,
joue de la matraque, harcèle, emprisonne, humilie quand ce n'est pas
carrément l'assassinat ciblé ou le massacre sans discernement
de jeunes manifestants innocents, comme lors des évènements tragiques
d'Octobre 1988 et ceux encore en cours du Printemps noir de Kabylie. Y a-t-il
preuve plus édifiante sur la nature dictatoriale du régime ? Combien
de victimes innocentes faudra-t-il encore pour voir enfin ce Pouvoir illégitime
se résoudre à partir ? A combien de Benchicou et Ghoul ce système
vomi résistera-t-il encore ? Le recours systématique à
la torture comme à T'kout sauvera-t-il les tortionnaires de leurs graves
méfaits ?
Une autre phase dans le plan du maintien de la population sous oppression, la
misère sociale, la mise au pas de la société et le projet
machiavélique d'extinction des libertés, a été entamée
après l'échec retentissant du vote-loterie dernier marqué
par un désaveu populaire jamais égalé à ce niveau
de compétition électorale.
Il s'agit de mettre sous l'unique coupe de Bouteflika toutes les organisations,
associations, syndicats et autres personnalités pour faire croire à
l'existence d'un contre-pouvoir et d'une classe politique soucieuse des «
intérêts suprêmes de la nation », selon l'expression
consacrée. Eux parlent de la professionnalisation de la politique ! Où
est l'exercice libre de la politique quand toutes les tentatives de s'organiser
en dehors des lobbies politico-financiers sont étouffées dès
le premier jet ? Quel est l'ordre démocratique qui jette en prison comme
de vulgaires malfrats des journalistes pour la simple raison d'exercer leur
métier ? Pour le simple citoyen, la rapacité de l'actuelle «
alliance » FLN-MSP-RND, qui n'est qu'une association éclectique
de sigles aux référents clientélistes du système
rentier, n'a d'égale que le mépris et l'arrogance que ses sponsors
de l'ombre vouent pour le peuple algérien. Les premières «
uvres » de cette organisation à caractère maffieux sont
la condamnation de jeunes révoltés de Béchar, d'Oued Rechach,
dans la wilaya de Khenchela, de Labiodh Sid Cheikh, d'Ouargla et bientôt
de ceux d'Asfour, à El Tarf, à de lourdes peines d'emprisonnement
sur la base de dossiers d'instruction vides et préfabriqués, et
la répression indescriptible de manifestations à Chlef et d'autres
localités du pays déjà anéanties par la hogra, le
chômage endémique et la pauvreté. Mais le summum de ces
exactions terribles a été atteint à T'kout, wilaya de Batna,
où des violations des droits de l'Homme d'un autre âge ont été
commises contre une population qui s'est soulevée après l'assassinat
d'un jeune dans des circonstances douteuses et non encore élucidées.
Durant ces évènements, les institutions sécuritaires ont
été rendues coupables d'intimidation, de harcèlement, de
torture et d'atrocité physique sur des jeunes en état d'arrestation
dans les casernements de la gendarmerie, un corps de sécurité
qui s'est déjà illustré de manière meurtrière
en Kabylie durant ces trois dernières années.
A ce sujet, un dossier intitulé « La torture, l'humiliation et
le mauvais traitement » sera rendu public et adressé aux instances
internationales, ONG et autres organisations de défense des droits de
l'Homme. La communauté internationale qu'on tiendra informée de
l'évolution de la grave situation est aussi particulièrement interpellée
sur l'emprisonnement de Mohamed
Benchicou et Ghoul Hafnaoui. L'incarcération
des deux journalistes signifie pas moins l'exécution accélérée
du plan de soustraire la société à toute expression libre
et démocratique, la liberté de la presse et d'expression est plus
que jamais menacée.
Cela dit, seule l'union des forces démocratiques, authentiques, libres,
autonomes et progressistes autour d'un projet d'édification d'un Etat
de droit peut sortir l'Algérie de l'ornière régressive
à travers l'application de la plate-forme d'El Kseur scellée et
non-négociable telle qu'arrêtée dans le document consensuel
de sa mise en oeuvre.
