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16 juin 2005
C’est le 14 juin, date qui marque une année d’’incarcération
du journaliste et directeur du quotidien Le Matin, que le Syndicat national
des journalistes français, section CGT, a choisi pour écrire à
Jacques Chirac et solliciter son intervention pour l’élargissement de
notre confrère.
«Le bureau national du SNJ vous demande d’intervenir
au plus haut niveau des autorités algériennes pour que soit libéré
Mohamed Benchicou», relève-t-on dans la lettre adressée
avant-hier au président de la République française, auquel
il est précisé que le directeur du journal Le Matin a été
«condamné à deux ans de prison ferme, pour un motif fallacieux»
… «Il a surtout exercé le droit de critique et la liberté
d’investigation sans lesquels il n’est pas de presse libre et, donc, de démocratie»,
souligne le bureau national SNJ-CGT, qui n’a pas manqué d’attirer l’attention
du président français sur le harcèlement judiciaire que
subissent les journalistes algériens et dont certains ont été
condamnés à des peines de prison ferme, pour diffamation et outrage
au chef de l’Etat. Une menace que relève le syndicat français
qui, dans sa missive informe le chef de l’Etat français que «huit
journalistes algériens sont dans l’attente des procès en appel
après des condamnations pour «délits» visant expressément
la liberté de la presse». Pour rappel, l’incarcération de
Mohamed Benchicou a été à «l’ordre du jour»
des visites officielles que toutes les personnalités politiques françaises
ont eu à effectuer en Algérie. Les organisations internationales
leur avaient demandé de s’exprimer «formellement, ou informellement»
sur le cas de l’emprisonnement du directeur du journal Le Matin. Madame Benchicou
a même été reçue il y a quelques mois au Quai d’Orsay.
Elle avait abordé avec les collaborateurs du ministre français
des Affaires étrangères l’incarcération de son époux
et la situation de la presse en Algérie. Une situation qui fait, depuis
quelque temps déjà, l’objet d’une large mobilisation en France
et dans toute l’Europe à l’initiative de Reporters sans frontières
(RSF) et la Fédération internationale des journalistes, FIJ. A
cela s’ajoute le fait que le Parlement européen vient d’adopter une résolution
sur la liberté de la presse en Algérie, dont les autorités
ont été invitées à dépénaliser les
délits de presse. Comme il leur a été demandé de
libérer les journalistes et de mettre fin aux poursuites judiciaires
vis-à-vis des journalistes et éditeurs des journaux privés.
Un mois plus tôt, Josep Borell Fontelles, président du Parlement
européen, avait demandé aux autorités algériennes
par le canal de notre ambassadeur à Bruxelles des «éclaircissements»
sur les conditions de détention de Mohamed Benchicou et le harcèlement
judiciaire des journalistes de certains titres privés, et ce, avait-il
précisé, «en vue du dialogue politique dans le cadre d’association
entre l’Algérie et l’Union européenne».
