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31 janvier 2006
En solidarité avec les journalistes emprisonnés,
un rassemblement a eu lieu hier à la Maison de la Presse Tahar-Djaout,
drainant des membres de la corporation, des militants du MDS, du mouvement citoyen,
du CCDR et plusieurs dizaines de simples citoyens et représentants de
la société civile et des sympathisants de la défense des
droits de l’homme.
Un rassemblement, à l’initiative du Comité Benchicou pour les libertés, ou l’expression voulue de la solidarité avec Mohamed Benchicou, incarcéré depuis 19 mois et 16 jours à la prison d’El Harrach. Mais aussi une volonté de communion agissante avec le correspondant du quotidien El Khabar, Bachir Larabi, emprisonné à Aïn Sefra depuis le 21 janvier dernier et en grève de la faim depuis, pour “avoir publié un article sur une malversation foncière”, selon le directeur de ce quotidien, Ali Djerri. Mohamed Benchicou, “affaibli physiquement mais au moral excellent”, selon un de ses proches, dont un message à son confrère Bachir Larabi a été lu aux présents et dans lequel il l’exhorte à “jurer de garder allumée la flamme de la plume tant que durera la nuit sur notre peuple, car notre plume lui appartient et que nous lui sommes redevables de mille lumières. Elle l’éclairera obstinément comme un phare insolent planté dans l’océan du malheur pour indiquer les rades de l’espoir”. Ali Djerri ainsi que le directeur de la publication d’ El Watan, Omar Belhouchet, n’ont pas manqué d’appeler vivement à la mobilisation vigilante et la plus large des journalistes et de la société civile à s’organiser et à multiplier les initiatives de ce genre. Ceci dans le but de contrer la volonté délibérée et de plus en plus frontale de “musellement de la presse par le pouvoir” et devant les appréhensions sur l’avenir du métier d’écrire. Des appréhensions exprimées aussi de manière émouvante par une ancienne détenue à la prison de Serkadji (ex-Barberousse), Annie Steiner, pensant à tous les journalistes assassinés, et qui s’est montrée désolée du sort auquel aboutit la liberté de la presse, “ce qui n’était pas dans les finalités de notre combat”, a-t-elle affirmé. Une pétition a été ouverte à la signature par le Comité Benchicou pour les libertés qui, redoutant “une véritable hécatombe dans les rangs de la presse”, a voulu dire “non à la mise à mort de la liberté de la presse”. Prônant “la dépénalisation du délit de presse”, les rassemblés et les pétitionnaires exigent “la cessation immédiate du harcèlement systématique sauvage qui a pris pour cible les journalistes, la libération de Mohamed Benchicou et Bachir Larabi et la relaxe des journalistes condamnés à des peines de prison ferme, l’abolition des articles prévoyant des peines de prison et des amendes exorbitantes pour diffamation et l’adoption d’une loi qui promeut la liberté de la presse et protège le journaliste dans l’exercice de son métier”.
