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28 janvier 2006
Le Comité Benchicou tiendra, lundi, un rassemblement à la maison de la presse Tahar Djaout (Alger) afin de dénoncer le harcèlement judiciaire qui persiste contre les journalistes et, par ricochet, la menace qui pèse sérieusement sur la liberté de la presse en Algérie. L’appel est lancé aux journalistes, aux syndicats, aux organisations de défense des droits de l’homme, aux partis politiques, aux associations civiles... Bref, à tout citoyen « préoccupé par la dangereuse escalade contre la presse libre et les journalistes ».
Le Comité Benchicou compte, à cette occasion, mobiliser
la société civile, pour que les journalistes emprisonnés
soient libérés et ceux condamnés à la prison ferme
soient relaxés. Deux journalistes sont actuellement en prison. Mohamed
Benchicou, directeur du journal Le Matin (suspendu), est à la prison
d’El Harrach depuis le 14 juin 2004. Il purgera sa peine de deux années
de prison ferme le 14 juin prochain. Mais il risque d’y rester encore pour quelques
mois, car, incarcéré, il a été condamné à
des peines de deux et de trois mois ferme dans deux affaires distinctes. Les
procès en appel n’ont encore pas eu lieu. Bachir Larabi, correspondant
d’El Khabar à El Bayadh, est à la prison de Aïn Sefra (wilaya
de Naâma) depuis le 21 janvier courant. Les deux ont été
jetés en prison pour leurs écrits. D’autres risquent de les suivre
en prison, pour leurs écrits également. Dans un communiqué
rendu public fin 2005, le Comité Benchicou a fait état des 18
journalistes qui ont été condamnés en première instance,
à des peines de prison ferme allant de 2 mois à une année.
Peines de prison souvent assorties de lourdes amendes. Ces journalistes risquent
de se retrouver en prison si la deuxième instance confirme leurs peines.
Plusieurs autres journalistes et directeurs de journaux ont été
condamnés, dans nombre d’affaires liées au délit de presse,
à des peines de prison avec sursis. Cela sans parler des nombreux procès
qui sont encore en justice. Il faut dire que les pouvoirs publics ont mis en
place, depuis 2001, un véritable rouleau compresseur pour laminer la
liberté de la presse.
