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11décembre 2005
La libération de Mohamed Benchicou, injustement incarcéré à la prison d’El Harrach, demeure au centre des préoccupations du Comité Benchicou pour les libertés. L’exigence de liberté pour notre confrère, inlassablement exprimée depuis le soir même de l’emprisonnement, le 14 juin 2004, a été réitérée avec force hier, à l’occasion d’un rassemblement dans l’enceinte de la Maison de la Presse Tahar-Djaout, à Alger.
Le ciel chargé, menaçant averses, n’a
pas été pour décourager journalistes, militants politiques
et citoyens épris de liberté et de justice qui, nombreux, ont
été du rassemblement. Et qui mieux que l’infatigable militant
des droits de l’homme, Me Ali Yahia Abdenour, pour nous rappeler, ce jour où
le monde célèbre le 57ème anniversaire de la Déclaration
universelle des droits de l’homme, que “le procès intenté à
Benchicou et son emprisonnement ont été une vengeance, à
cause de son livre”. L’ex-président de la Ligue algérienne pour
la défense des droits de l’homme (LADDH), dont la voix porte mieux qu’un
mégaphone, ce jour défaillant, n’a pas raté, à l’occasion,
de brocarder le pouvoir qu’il a qualifié de dictatorial. Hier, c’était
un jour de prison de trop pour Benchicou qui subit les affres de la geôle
depuis 545 jours. En ce jour de trop, Lazhari Labter, journaliste, écrivain
et poète, a rendu hommage à Mohamed Benchicou pour “le combat
qu’il a mené et qu’il poursuit de mener, même depuis la prison”.
Avant de céder la parole à Khaled Guermah, père du premier
martyr “du Printemps noir”, qui a renouvelé la solidarité du mouvement
citoyen avec Benchicou, Labter a lâché : “nous sommes tous des
Benchicou en sursis.” L’affirmation ne souffre aucune exagération, au
regard de ce que la corporation subit comme harcèlements. Des harcèlements
que le Comité Benchicou pour les libertés a dénoncé
dans sa déclaration liminaire à la manifestation publique qu’il
a organisée. “14 journalistes menacés de prison, suite à
des condamnations fermes prononcées à leur encontre par les seuls
tribunal et cour d’Alger. La liste des journalistes condamnés à
la prison ferme, inaugurée en avril dernier, risque de s’allonger au
vu du durcissement de l’attitude du régime à l’égard de
la presse privée”, note la déclaration, poursuivant : “Des dizaines
de procédures judiciaires sont actuellement en cours pour délits
de presse à l’encontre des journaux privés. Mohamed Benchicou,
condamné à 2 ans de prison et enfermé à El Harrach
depuis le 14 juin 2004, totalise à lui seul une trentaine de procès
pour diffamation connus à ce jour, alors même que le journal Le
Matin qu’il dirige est fermé par décision administrative depuis
juillet 2004. A ces mesures détournées et destinées à
installer la peur et la censure en induisant les réflexes d’autocensure
chez les journalistes, s’ajoute le harcèlement multiforme dirigé
par les potentats locaux contre les correspondants de presse dans les régions
d’Algérie.” Le Comité Benchicou pour les libertés, fort
de ce constat, a réclamé, outre la libération de Mohamed
Benchicou, l’arrêt du harcèlement judiciaire et policier des journalistes.
Le comité a par ailleurs fait appel “aux instances onusiennes, en particulier
au Comité des droits de l’homme chargé de surveiller la mise en
œuvre des dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques
pour exiger des pouvoirs publics algériens le respect de l’article 19.2
dudit pacte ratifié, auquel l’Algérie est partie depuis 1989”.
