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08 août 2005
L’égarement (?!) au niveau de la Cour suprême du dossier de pourvoi en cassation introduit par la défense du journaliste Mohamed Benchicou n’est pas resté sans soulever des réactions au niveau international. Le mardi 2 juillet, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) a dénoncé «le silence coupable» des autorités algériennes, après la révélation de la disparition faite par les avocats du journaliste.
La
fédération, qui a fait sienne le combat pour la libération
de Mohamed Benchicou et pour la liberté de la presse et d’expression
en Algérie, en général, a, par l’intermédiaire de
son secrétaire général, Aidan White, estimé «qu’un
dossier ne disparaît pas de la Cour suprême». Aussi a-t-elle
pris acte de ce que «cette affaire confirme on ne peut mieux l’état
de déliquescence avancé de l’appareil judiciaire en Algérie».
Ce qui lui fait dire par ailleurs qu’«au-delà du burlesque de cette
tragi-comédie, nous avons affaire ici à une attaque délibérée
et insidieuse visant à briser les droits fondamentaux d’un journaliste».
Pour la Fédération internationale des journalistes, la disparition
du dossier de pourvoi en cassation de Mohamed Benchicou réduit les chances
de voir le procès révisé. «Après une année
d’attente, la disparition du dossier, qui est en soi un fait inédit dans
les annales de la justice algérienne, vient réduire toutes les
chances de voir le procès du journaliste révisé»,
a-t-elle noté, ajoutant qu’«à l’heure où les Etats
du monde libre réclament une mise à niveau des lois algériennes,
les autorités du pays continuent impunément à bafouer les
lois garantissant au peuple algérien son droit fondamental à une
presse libre et à la liberté d’expression». La FIJ appelle
la communauté internationale à réagir face à ce
«déni de justice et face à la multiplication des attaques
contre les derniers défenseurs de la liberté de la presse».
Rappelons que Mohamed Benchicou est détenu à la prison d’El-Harrach
depuis le 14 juin 2004. Il a été condamné à une
peine de deux années d’emprisonnement ferme. Depuis, il n’a cessé
de faire des va-et-vient entre la prison et le tribunal pour être jugé
dans plusieurs autres affaires relevant du délit de presse. Ses avocats
ont dénoncé le samedi 30 juillet la disparition du dossier du
pourvoi en cassation qu’ils avaient introduit auprès de la Cour suprême.
Ils ont affirmé que le ministère de la Justice qu’ils ont saisi
est resté de plomb.
