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30 janvier 2006
Mme Fatiha Benchicou, jointe hier par téléphone, a tenu à rassurer, à partir de Paris, que le moral de son mari incarcéré à la prison d’El Harrach, à Alger, depuis le 14 juillet 2004, est excellent. Elle évoque, par contre, la dégradation de la santé de son mari. Elle estime que museler la presse est un des objectifs des pouvoirs publics. Elle appelle la corporation et la société civile à rejoindre les rangs de soutien à la presse.
Quel est l’état de santé de Mohamed Benchicou ?
Il y a deux volets sur le plan de la santé. Le premier, sur le plan moral, cela ne surprendra pas les gens qui le connaissent quand je vous dis que son moral est bon, excellent. Et ce, grâce à sa personnalité, au soutien aussi bien à Alger qu’à l’étranger qui ne s’est pas essoufflé et à celui de ses codétenus auprès desquels il a trouvé une deuxième famille. Dès son arrivée à la prison d’El Harrach, ses codétenus ont vite compris qu’il était là pour ses opinions et pour ses écrits. Ils se sont constitués comme une barrière entre lui et ceux qui continuent à le harceler de l’extérieur. Ils l’ont protégé pour adoucir son séjour en prison. Son état physique s’est par contre dégradé depuis deux années parce qu’il a perdu un grande capacité de mobilité de son bras droit. Je pense qu’il a une arthrose.
Comment expliquez-vous le silence des pouvoirs publics en dépit d’une forte mobilisation pour sa libération ?
Les autorités n’ont jamais renoncé à faire disparaître la presse libre. Plus que jamais, museler la presse reste l’un de leurs objectifs. Pour preuve, le récent emprisonnement de Bachir Larabi, correspondant du quotidien El Khabar à Naâma, et la condamnation à des peines fermes de 18 journalistes en 2005. C’est un projet auquel elles (les autorités, ndlr) tiennent et nous sommes nombreux à l’avoir compris. Au-delà de la libération de Mohamed et de Bachir Larabi, nous avons compris que nous avons encore du pain sur la planche. Nous devons lutter pour défendre notre acquis comme l’existence de la liberté de presse et d’expression comme piliers d’un Etat démocratique.
Est-ce que vous envisagez de passer à une étape supérieure pour exiger la libération de Mohamed Benchicou ?
Nous avons fait le maximum avec les comités. Nous ne comptons pas baisser les bras. Nous allons continuer dans cette voie pour empêcher et dénoncer le harcèlement et l’emprisonnement des journalistes. Quant à passer à une étape supérieure, plus que jamais les comités de défense de la liberté de la presse ont besoin de renforts. J’appelle toutes les personnes éprises et qui veulent défendre cet acquis démocratique au sein de la société civile et surtout dans la corporation de rejoindre les rangs de soutien à la presse.
