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 10 août 2005 

“Au-delà de la philosophie des libertés et de la politique, il y a quelque chose qui ne va pas”, dira la défense du directeur du Matin qui souligne que le pourvoi de Benchicou date depuis une année.

 “C’est une bonne chose que la procédure reprenne son cours normal” ; c’est ainsi que Me Benarbia, membre du collectif de la défense du directeur du journal Le Matin Mohamed Benchicou, qui purge à la prison d’El-Harrach son 14e mois d’une peine de deux ans qui lui a été infligée, a commenté hier la déclaration du président de la Cour suprême qui annonçait la veille la réception du dossier de pourvoi.
Ce que nous demandons, dira l’avocat, “c’est que les droits les plus élémentaires du détenu soient respectés”. Cela n’a pas été le cas, laisse-t-il entendre cependant en soulignant que “le pourvoi en question date d’une année alors que M. Benchicou est détenu dans des conditions difficiles et attend depuis que son pourvoi soit évacué. Il y a péril en la demeure”, déclare-t-il.
“Limitons-nous à la logique purement judiciaire, et laissons la philosophie des libertés et la politique de côté, il y a quelque chose qui ne va pas”, indique Me Benarbia pour qui le problème ne se pose pas uniquement au directeur du journal Le Matin. “C’est un problème de droit”, dira-t-il encore en mettant l’accent sur la nécessité d’évacuer toutes les voies de recours pour les détenus. Il faut introduire de nouvelles dispositions législatives pour régler cette question estime, par ailleurs, l’avocat qui garde l’espoir de voir une issue heureuse pour le dossier. “La loi nous offre cette possibilité de voir le pourvoi aboutir, l’état du dossier et la loi plaident pour cela”. Il y a deux semaines, Me Benarbia et les autres membres du collectif de défense de Mohamed Benchicou dénonçaient la mystérieuse disparition du dossier  de pourvoi. Lors d’une conférence de presse qu’ils ont animée, le 30 juillet dernier, ils avaient souligné que “cette situation inédite serait constitutive, si elle se perpétuait, d’un déni de justice caractérisé et sans précédent dans notre pays”.
Le collectif de défense s’en remettait alors au président de la République, garant du respect des lois, “pour mettre un terme à ce grave dysfonctionnement dont elle (la Cour suprême) veut croire qu’il est involontaire, mais qui heurte violemment les principes les plus élémentaires qui gouvernent notre droit”.
Tous les responsables concernés, le ministre de la Justice, le président et le procureur général de la Cour suprême ont été, en effet, saisis, mais sans que cela ne donne aucun résultat. Ce n’est qu’avant-hier qu’un communiqué signé par le président de la Cour suprême, Mohamed Boutarène, annonce que le dossier de Benchicou a été réceptionné par le service du greffe. Il subira, selon lui, “le même traitement que les autres pourvois conformément à toutes les dispositions légales”.