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06 août 2005
27 procès en diffamation en l’espace d’une année, plusieurs condamnations à la prison ferme, 9 procès en appel pour délit de presse, programmés pour la seule journée du 7 septembre 2005, et pour couronner le tout, un dossier de pourvoi en cassation “égaré à la Cour suprême” : voilà qui traduit bien la volonté d’un régime déterminé à en finir avec un homme, Mohamed Benchicou, devenu “ennemi public n°1” parce que journaliste.
Aveuglés, en effet, par une basse
revanche d’appareils, les maîtres du moment viennent de commettre ce qui
s’apparente à une forfaiture, celle de faire disparaître le dossier
de justice d’un détenu au mépris de la loi qui garantit un traitement
égal aux citoyens devant la justice, confirmant par là-même
que Mohamed Benchicou, enfermé à El-Harrach pour une sombre affaire
de “bons de caisse”, est bel et bien un détenu politique poursuivi et
condamné pour délit d’opinion. Ce déni de justice commis
à l’endroit de Mohamed Benchicou est doublement scandaleux, en ce qu’il
prive un citoyen de ses droits fondamentaux et compromet gravement la justice,
à l’heure où les pouvoirs publics se disent engagés dans
la voie des réformes, en particulier celle de l’institution judiciaire.
Le Comité Benchicou pour les libertés réaffirme haut et
fort sa détermination à continuer à agir pacifiquement,
en usant de tous les moyens qu’offre le droit et dans le respect des lois de
la République, pour empêcher le règne de l’arbitraire et
du non-droit. Le Comité Benchicou pour les libertés continue,
sans faiblir, à réclamer : 1/ Qu’il soit mis fin à cette
situation de non droit qui n’a que trop duré et que Mohamed Benchicou
soit libéré, mettant en garde contre tout préjudice pouvant
affecter l’intégrité physique ou morale du journaliste Mohamed
Benchicou et prenant à témoin l’opinion nationale et internationale.
2/ Qu’il soit mis un terme définitif à la répression de
la presse et au harcèlement juridicopolicier des journalistes. Il appelle
: 1/ Les pouvoirs publics à s’engager solennellement et par les actes
à respecter et promouvoir la liberté de la presse, en abolissant
les articles liberticides (144 bis) contenus dans le code pénal et en
adoptant une loi qui protège la liberté de la presse, en remplacement
de l’actuel code de l’information. 2/ Les instances onusiennes concernées
ainsi que les ONG de défense des droits humains à exiger de l’Etat
algérien qu’il se conforme aux conventions et pactes internationaux ratifiés,
relatifs à la liberté d’expression et la liberté de la
presse. 3/ Les partenaires politiques et économiques de l’Etat algérien,
en particulier l’Union européenne, à user de toute leur influence
pour le respect, par les pouvoirs publics, de la liberté d’expression
et la liberté de la presse en Algérie, tel que l’imposent les
accords qui fondent leurs relations en matière de politique étrangère
et les principes officiellement proclamés par leurs plus hauts dirigeants
politiques.
Alger, le 6 août 2005
Le Comité Benchicou
pour les libertés
