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 08 septembre 2005 

Tous ceux qui, hier matin, se sont déplacés au tribunal d’Alger par solidarité, pour suivre ou couvrir les neufs procès en appel de Mohamed Benchicou, l’auront fait en vain. Toute une journée d’attente pour rien. Les amis et confrères du journaliste incarcéré à la prison d’El Harrach depuis plus d’une année venus dans l’espoir d’entrevoir un instant le directeur du journal Le Matin sont repartis déçus après que le juge de la cour d’appel eut prononcé le renvoi des quatre dernières affaires en rôle pour le 7 septembre.

 

Tous ceux qui, hier matin, se sont déplacés au tribunal d’Alger par solidarité, pour suivre ou couvrir les neufs procès en appel de Mohamed Benchicou, l’auront fait en vain. Toute une journée d’attente pour rien. Les amis et confrères du journaliste incarcéré à la prison d’El Harrach depuis plus d’une année venus dans l’espoir d’entrevoir un instant le directeur du journal Le Matinsont repartis déçus après que le juge de la cour d’appel eut prononcé le renvoi des quatre dernières affaires en rôle pour le 7 septembre.

Le report est annoncé pour le 19 octobre sans pour autant en justifier la raison. Il en a été ainsi toute la journée, puisque l’auteur de Bouteflika une imposture algérienne devait comparaître devant le juge pour neuf affaires. Aucune n’a été traitée. Après cela, difficile de croire que l’on ait oublié de prendre les dispositions nécessaires pour l‘extraire de sa cellule pour la «28ème fois», comme le souligne le communiqué du Collectif pour la liberté de la presse qui dénonce l’acharnement judiciaire contre l’irrévérencieux journaliste. Un acharnement qui a fait l’essentiel des discussions des citoyens qui hier se trouvaient pour une raison ou une autre à la salle des pas perdus de la cour d’Alger. C’est que bon nombre d’entre eux venus consulter les listes des affaires enrôlées à la recherche du nom d’un parent, d’un ami ou d’un proche, incarcéré ou en liberté, ont été surpris de trouver huit fois sur une même liste, dans l’ordre et dans le désordre le nom de «l’accusé, Mohamed Benchicou». Parfois seul parfois avec «ses co-accusées». «Mohamed Benchicou : 4765, 4770, 4771, 4775, 4909, 4908, 49010 et 4911… Tant que ça», s’est exclamé un jeune qui, visiblement, ignorait que la presse algérienne est trop souvent confrontée à la justice pour des écrits jugés insolents. L’occasion pour lui de disserter sur la question et déclarer en conclusion ne pas comprendre que dans leur geste «de mansuétude» en cette période de réconciliation et de paix nos gouverneurs oublient de faire un geste à l’endroit des journalistes. « Et dire que le président de la République avait déclaré en 1999 qu’il ne mettrait jamais un journaliste en prison, et ne suspendrait aucun journal». En 2005, Mohamed Benchicou est bel et bien privé de liberté et Le Matin suspendu. C’est aussi pour répondre des articles et des enquêtes publiés dans son journal que Benchicou devait comparaître hier. Il avait fait appel pour les peines d’emprisonnement ferme prononcées contre lui et contre six de ses collaborateurs dans les affaires intentées contre lui par l’homme d’affaires émirati Al Shorafa, et par le ministre de l’Energie et des Mines. Il doit également répondre, tout comme leurs auteurs, de caricatures et de chroniques jugées diffamatoires par le ministère de la Défense nationale. L’une d’entre elles qui concerne le caricaturiste le Hic, dont le procès devait se dérouler hier, a été programmée pour mardi prochain.

CONTRAIREMENT A CE QUI A ETE DIT
Le journal “Le Matin” n’est pas en liquidation

Contrairement à ce que nous avions écrit, en reprenant un confrère, le journal Le Matin n’est pas en liquidation. La question n’est même pas à l’ordre du jour, a tenu à nous préciser l’un des actionnaires rencontré hier au tribunal d’Alger. Il se trouve que trois sur les sept actionnaires de l’entreprise Le Matin ont saisi la justice pour non-tenue de leur assemblée générale depuis 1999. Cette dernière a nommé un mandataire pour ce faire en l’absence du gérant. Le mandataire «doit veiller à la tenue de l’AG, c’est en aucun cas un liquidateur judiciaire», précise notre interlocutrice. Une action en justice a été entamée selon une des actionnaires qui précise que le mandataire avait «omis» de convoquer tous les actionnaires, notamment ceux qui avec Mohamed Benchicou détiennent 61% des actions.