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  11 juin 2005

Une résolution demandant "la libération sans délai des journalistes emprisonnés" a été adoptée, jeudi dernier, par le Parlement. Tandis que l’accord d’association signé en avril 2002 entre les deux parties entame bientôt sa phase d’exécution, le Parlement européen (PE) vient, encore une fois, de rappeler Alger à ses obligations de respect de “la liberté de la presse”. Initiée par le député communiste français, Francis Wurtz, un ami de l’Algérie, qu’il a déjà visitée en 1998 à la tête d’une délégation du PCF pour marquer sa solidarité avec les Algériens dans leur lutte contre l’islamisme, également président du groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique du PE et membre de la commission des Affaires étrangères, une résolution sur la liberté de la presse en Algérie a été acceptée et adoptée par le Parlement européen, jeudi dernier.

Dans cette résolution, les eurodéputés ont demandé aux autorités algériennes la libération “sans délai” des journalistes condamnés à des peines de prison pour diffamation et d’œuvrer pour le plein respect de la liberté de la presse. Tout comme ils ont demandé de “mettre fin à l'acharnement judiciaire vis-à-vis des médias privés algériens pour délit d'opinion”. Dans le même texte, les eurodéputés ont notamment évoqué le cas des journalistes du quotidien Le Matin condamnés récemment à des peines de prison allant de deux à trois mois de prison ferme, dont le directeur Mohamed Benchicou — qui va boucler dans trois jours une année en prison —, et les procédures judiciaires engagées à l’encontre de certains journalistes des quotidiens El Watan, Liberté et Le Soir d’Algérie. Mais au-delà de cette demande de libération des journalistes, “sans délai”, faut-il sans doute le préciser, la résolution vaut aussi pour ce qu’elle charrie comme exigence à Alger pour l’élaboration d’un nouveau cadre juridique approprié pour la garantie des droits fondamentaux, particulièrement le respect de la liberté de la presse. Dans ce contexte, les eurodéputés ont invité les autorités à “mettre en œuvre sans délai des mesures législatives permettant le plus grand respect des droits fondamentaux, et notamment le plein respect de la liberté de la presse, et ce conformément aux accords et pactes internationaux auxquels l'Algérie est partie prenante”, non sans rappeler la nécessité de la dépénalisation du délit de presse. Et la référence aux accords et pactes internationaux n’est pas fortuite : le PE a clairement rappelé à Alger que l’accord d’association stipule dans son article 2 que le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue un élément essentiel de l’accord. C’est dire que par certains aspects, la résolution s’apparente à “des pressions”. D’ailleurs le PE n’a pas manqué d’inviter le conseil et la commission “à mettre en œuvre des mécanismes clairs pour une évaluation régulière du respect de l’article 2 de l’accord d’association par toutes les parties à cet accord, ainsi que par le Parlement européen, par l’APN et par la société civile algérienne”. Sur un autre plan, il a invité la présidence du Royaume-Uni à réunir le conseil d’association UE-Algérie pour relancer le débat politique entre les deux parties et à inscrire la question de la liberté de la presse à l’ordre du jour. Un point également qui devra figurer au centre de la réunion interparlementaire pour les relations avec les pays du Maghreb. Tout comme il invite également la commission à promouvoir les programmes pour le renforcement des médias indépendants. Enfin, le PE a chargé son président de transmettre la résolution au gouvernement algérien et à l’APN. Par ailleurs, il considère que la levée de l’état d’urgence contribuerait au développement de l’état de droit et au respect des dispositions de l’article 2 de l’accord d’association. Reste maintenant à savoir qu’elle serait la réponse d’Alger.