150 journalistes tués et 126 emprisonnés dans 23 pays dont l'Algérie Classement mondial de la liberté de la presse:«L'Algérie à la traîne» Reporters Sans Frontières invinte Mme Benchicou à une conférence Vague de répression touchant les journalistes algériens «Les journalistes ne doivent pas aller en prison»


27 mai 2005
L'Observatoire pour la liberté de
presse, d'édition et de création (OLPEC) exprime ses plus vives préoccupations quant aux nouvelles
inquiétantes qui nous proviennent de l'Algérie sur la répression
des journalistes.
Un moment réputée comme la plus libre du Maghreb, la presse algérienne est en train de subir une forme de bâillonnement, suivant en cela le modèle affligeant de la presse tunisienne.
Il est triste de constater que c'est l'institution judiciaire qui est instrumentalisée pour opérer cette tentative de musellement.
Le 24 mai courant, l'ancien directeur de la rédaction du quotidien Liberté, Farid Alilat, a été condamné à une peine d'un an de prison ferme par contumace et à une amende de 100 000 dinars algériens (environ 1100 euros). Le célèbre caricaturiste Ali Dilem a été quant à lui condamné à payer une amende de 50 000 DA pour la publication d'une série de caricatures et d'une chronique en 2003, considérées comme des "offenses au chef de l'Etat".
Le 17 mai, le directeur de publication du quotidien Le Soir d'Algérie, Fouad Boughanem et le chroniqueur Hakim Laâlam ont été condamnés à deux mois de prison ferme et à une amende de 250 000 DA pour diffamation.
Les journalistes du quotidien Le Matin, Abla Cherif et Hassane Zerrouky, avaient été condamnés, le 20 avril dernier à deux mois de prison ferme, tandis que Youssef Rezzoug et Yasmine Ferroukhi, écopaient de trois mois. Le même jour, Mohammed Benchicou, qui purge déjà une peine de deux ans de prison ferme depuis le 14 juin 2004, était condamné à une nouvelle peine de cinq mois de prison.
Cette saga des procès contre la presse avait démarré en juillet 2004, avec l'emprisonnement de deux journalistes, Hafnaoui Ghoul, et Mohamed Benchicou.
Cette vague de répression est accompagnée par une mesure instituant de fait le monopole de la publicité institutionnelle, désormais assuré par l'Entreprise Nationale de Communication, d'Edition et de Publicité (ANEP). Une telle mesure avait déjà montré son efficacité en Tunisie dans l'éradication de la presse indépendante par voie d'étouffement économique
L'OLPEC
Regrette qu'au moment où la peine corporelle pour les délits de presse est abrogée dans la plupart des législations du monde, l'Algérie qui était pionnière en matière de liberté de presse, y recoure aujourd'hui.
Appelle les autorités publiques à définir de façon claire le délit de diffamation et à ne pas faire d'amalgame avec l'impertinence de la presse qui est une manifestation de liberté et les invite à ne pas utiliser la justice pour soumettre la presse indépendante.
Exprime sa solidarité avec les journalistes en butte à la répression.
Demande la levée de toute tutelle sur la presse et la libération des journalistes emprisonnés ainsi que l'arrêt des poursuites pour délit de presse contre tous les journalistes.
Pour l'OLPEC
La secrétaire générale
Sihem Bensedrine
