150 journalistes tués et 126 emprisonnés dans 23 pays dont l'Algérie Classement mondial de la liberté de la presse:«L'Algérie à la traîne» Reporters Sans Frontières invinte Mme Benchicou à une conférence Vague de répression touchant les journalistes algériens «Les journalistes ne doivent pas aller en prison»


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22 mai 2005
La délégation d’Amnesty International (AI) a rencontré hier à Alger Me Farouk Ksentini, le président de la Commission consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme (CCPPDH)
Plusieurs sujets ont été abordés
par la délégation de cette organisation non gouvernementale (ONG)
de défense des droits de l’Homme, présente au grand complet (Philip
Hensmans, le chef de la délégation, Javier Zunija, l’expert mexicain
en matière d’amnistie, et les deux délégués d’AI,
Uta Simon et Philip Luther) à la rencontre. Il s’agit, notamment de la
question de violences contre les femmes, de la torture, du problème de
l’impunité et des menaces qui pèsent sur la liberté d’expression
et de la presse en Algérie. Sur ce dernier point, les membres de la délégation
se sont dit sérieusement préoccupés par la situation de
la liberté de la presse en Algérie. “Nous sommes inquiets du harcèlement
permanent contre la presse écrite et des récentes condamnations
contre les journalistes ainsi que les fortes amendes qui leur sont exigées”,
s’est élevé Philip Hensmans, le chef de la délégation.
Selon lui, le harcèlement de la presse est de nature “à provoquer
une autocensure restrictive de la liberté de la presse chez les journalistes,
ajouté aux difficultés d’accès aux sources d’information”.
Préoccupé par l’emprisonnement depuis près d’une année
de Mohamed Benchicou, le directeur du quotidien Le Matin, le chef de la délégation
d’AI a demandé des explications à Me Farouk Ksentini. Ce dernier
a, en effet, indiqué qu’il s’agit là “d’un abus en matière
de détention préventive”. Expliquant que “quand on est une autorité
publique, on est forcément exposé à la critique”, Philip
Hensmans a néanmoins dénoncé l’emprisonnement des journalistes.
“Les journalistes ne doivent pas aller en prison”, a-t-il estimé tout
en martelant qu’“il est anormal qu’un journaliste soit jeté en prison
!” La question de la femme en Algérie a également suscité
l’attention de l’ONG internationale.
Relevant l’importance des violences “domestiques et des viols” contre les femmes,
le chef de la délégation a néanmoins regretté l’absence
de statistiques sur ces violences intolérables.
En abordant les derniers amendements introduits au code de la famille, Philip
Hensmans n’a pas manqué de mettre en avant “l’absence d’égalité
entre l’homme et la femme en matière de divorce”. Le projet présidentiel
portant réconciliation a fait également l’objet de critiques de
la part des hôtes de Ksentini en ce sens que tout processus similaire
devrait être précédé “de la recherche de la vérité
et de l’institution de la justice”, a déclaré Hensmans. Aux yeux
du chef de la délégation, “la justice doit jouer un rôle
prépondérant dans ce genre de processus avant de procéder
à une réparation des victimes”.
Aussi et tout en exprimant des réserves au sujet du concept de réconciliation
nationale, Philip Hensmans a souhaité rencontrer Ahmed Ben Bella, le
président d’honneur de la Commission pour l’amnistie générale
(Cnag) pour en savoir plus. Abordant la question de la torture, Me Farouk Ksentini,
qui n’a pas exclu l’existence de dérapages lors des arrestations par
les services de sécurité et à l’occasion de détentions,
a néanmoins condamné ces pratiques. Le chef de la délégation
d’AI n’a pas manqué, quant à lui, de souligner l’impératif
de bannir ce genre de pratiques.
