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12 août 2004
Reporters sans frontières est indignée par le verdict du procès en appel de Mohammed Benchicou, directeur du Matin, qui a confirmé, le 11 août, la peine de deux ans de prison prononcée par le tribunal de première instance d'Alger. " Le pouvoir fait payer à Mohammed Benchicou le prix fort de sa liberté de parole", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.
Reporters sans frontières est indignée par le verdict du procès en appel de Mohammed Benchicou, directeur du Matin (suspendu), qui a confirmé, le 11 août 2004, la peine de deux ans de prison prononcée par le tribunal de première instance d'Alger.
" Le pouvoir fait payer à Mohammed Benchicou le prix fort de sa liberté de parole. Avec ce verdict inique, le président Bouteflika montre qu'il ne tolère pas qu'on s'attaque à lui, lançant la machine judiciaire aux trousses des journalistes qui osent encore le critiquer. Durant ces dernières semaines, les atteintes à la liberté de la presse ont augmenté de façon vertigineuse en Algérie et les peines de prison pour les journalistes ont été confirmées en appel, voire aggravées, comme dans le cas d'Hafnaoui Ghoul", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.
Mohammed Benchicou a été condamné, le 14 juin dernier, pour " infraction à la législation sur les mouvements des capitaux " et a été incarcéré sur le champ. Il avait été interpellé à l'aéroport d'Alger, le 23 août 2003, en possession d'un reçu bancaire (bon de caisse), portant sur une forte somme d'argent et libellé en dinars.
Les avocats de Mohammed Benchicou ont insisté sur le fait que ce reçu ne signifiait en aucun cas le transport et le mouvement de capitaux, puisqu'il ne s'agissait ni de devises, ni de liquidité, mais bien d'un document sans valeur fiduciaire, et uniquement encaissable, en dinars, auprès de sa banque. Pour eux, cette condamnation n'a aucun fondement juridique. A l'annonce du verdict du procès, les avocats ont décidé de se pourvoir en cassation.
Depuis un an, le directeur du Matin et nombre de journalistes de la presse privée algérienne sont la cible d'un harcèlement judiciaire sans relâche, recevant convocations sur convocations, suite à des plaintes pour diffamation émanant du pouvoir. En février 2004, Mohammed Benchicou avait publié un pamphlet intitulé " Bouteflika, une imposture algérienne ", à l'heure où la campagne présidentielle battait son plein.
Le 26 juin dernier, le siège du Matin a été vendu aux enchères suite à un redressement fiscal. Le quotidien a ensuite été contraint d'arrêter sa parution, le 24 juillet, sous la pression d'une imprimerie d'Etat qui réclamait le règlement de ses dettes. Depuis plusieurs jours, le site Internet du quotidien n'affiche plus qu'une page blanche.
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