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14 juin 2006

Mohamed Benchicou, directeur du journal Le Matin, sort aujourd’hui de la prison d’El Harrach. Si la corporation des journalistes pousse un ouf de soulagement, l’homme aura été marqué à vie.

Deux ans passés dans une prison est une épreuve difficile pour un homme qui ne s’était jamais attendu à cela. Lui qui, précisément avant son incarcération en juin 2004, avait lâché crûment : « Nous avons conscience de nos erreurs et de nos faiblesses, l’essentiel est d’y remédier pour l’avenir. » Les 730 jours passés dans une cellule auront cependant auréolé le journaliste de plusieurs marques de soutien au plan national et international. Il aura également droit à plusieurs distinctions qui, évidemment, ne le compenseront pas d’une privation. La liberté n’a pas de prix et Benchicou l’a payée cher. Le prix Goldsmith lui a été décerné le 18 avril dernier à New York. Une distinction qui récompense les écrivains persécutés ou emprisonnés dans leur pays. Il a reçu, en décembre de l’année dernière, le prix international de la liberté d’expression 2005 décerné par la revue espagnole Voz d’El occidente. Dans ce drôle de paradoxe, le journaliste, qu’il est, sent une fierté de faire l’objet de tant d’attention à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Une fierté qui sera consolidée par la création d’un prix portant désormais son nom. Deux journalistes, un Algérien et un Marocain, recevront de sa main le prix Benchicou de la plume libre. Mais tout le monde attend avec quelle manière Mohamed Benchicou reprendra sa plume. Son journal étant fermé, de quels atouts disposera-t-il pour relancer le journal Le Matin et reprendre sa place dans le champ médiatique. Un champ qui aura connu, toutefois, des changements notables durant ces deux dernières années. Une autre épreuve attend donc Benchicou dans sa reconquête d’un espace d’expression qui lui sied après une longue absence. Bon retour au confrère.