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12 juin 2006
Le prix Benchicou de la Plume Libre pour l’année 2006 a été décerné conjointement à Ali Lemrabet et Bachir Laârabi. Le journaliste marocain Ali Lemrabet, actuellement correspondant du journal espagnol El Mundo, est sous le coup d’une interdiction d’écrire pour une période de 10 ans dans son pays. En 2003, il avait été condamné à 3 ans de prison ferme pour offense à la monarchie (marocaine) et atteinte à l’intégrité territoriale.
Après 7 mois de détention ponctuée de deux grèves de la faim pour dénoncer ses conditions de détention et arracher le statut de prisonnier d’opinion, Ali Lemrabet est grâcié par le roi Mohammed VI et libéré suite à une campagne internationale. Devant l’impossibilité de relancer les hebdomadaires satiriques Demain Magazine et Doumane, interdits de paraître depuis 2003, qu’il avait fondés en 2000-2001, Lemrabet se lance en 2005 dans de projets éditoriaux. Ceux-ci sont arrêtés net par une nouvelle accusation d’atteinte à l’intégrité territoriale qui lui interdit, pour 10 ans, d’exercer au Maroc. Bachir Laârabi, correspondant du quotidien El Khabarà El Bayadh, a été arrêté et mis en prison pendant un mois en janvier-février 2006, suite à un procès en diffamation intenté par les autorités de la wilaya de Naâma, entre autres. Le journaliste est en outre poursuivi dans huit autres procès liés aux délits de presse. Alors qu’il accomplissait son travail de journaliste, Laârabi a été agressé par un agent de l’ordre en mai dernier. Le prix Benchicou de la Plume libre a été institué en 2005 par le Comité Benchicou pour les libertés, pour honorer, chaque 14 juin, un journaliste qui sera distingué par son courage et la défense de la liberté d’écrire. Il marque la date de la mise en détention arbitraire de Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le Matin, condamné en juin 2004 à 2 ans de prison ferme suite à une machination judiciaire. Le Matin a disparu des kiosques, quelques semaines seulement après l’emprisonnement de Benchicou. Le prix Benchicou de la Plume libre est revenu en 2005 au chroniqueur Hakim Laâlam du Soir d’Algérie, lui-même sous le coup d’une lourde condamnation à la prison ferme pour ses écrits, à l’instar d’une vingtaine de journalistes algériens.
Alger, le 11 juin 2006
Le Comité
Benchicou pour les Libertés
