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14 juin 2006
Fatiha Benchicou, journaliste et épouse de
notre confrère qui recouvre sa liberté ce 14 juin, après
avoir purgé totalement sa peine, a bien voulu nous accorder ce petit
entretien. Elle y évoque pour les lecteurs de notre journal ces deux
années passées à mener un combat pour la libération
de son mari incarcéré à la prison d’El-Harrach le 14 juin
2004.
Le Soir d’Algérie : Comment
avez-vous vécu ces deux années ?
Fatiha Benchicou : Deux
ans, c’est long, c’est très long? C’est dur à gérer surtout
pour nos enfants
L. S. : Privés de leur père, comment vos trois enfants ont vécu
ces deux années?
F. B. : Le monde des
enfants est petit, ils ne peuvent pas comprendre tout ce qui a tourné
autour de l’incarcération de leur papa. Mohamed est un papa-gâteau,
c’était donc très dur pour eux. Leur situation n’était
pas des plus enviables, mais tout comme moi, ils ont tenu le coup
L. S. : Vous est-il arrivé d’avoir des moments de découragement,
de renoncement ?
F. B. : Au risque de
surprendre ceux qui ne nous connaissent pas, jamais je n’ai été
découragée. Je croyais au combat que j’ai mené pour la
libération de mon mari, un journaliste injustement emprisonné.
Mon combat pour la libération de Mohamed est celui du combat pour la
liberté d’expression et je ne l’ai pas mené seule.
L. S. : Justement, comment
évaluez-vous la solidarité de ses confrères à l’échelle
nationale et internationale ?
F. B. : Globalement,
je suis franchement satisfaite. J’en fais un bilan positif. Il ne faut pas oublier
que le coup porté au journal Le Matin,victime d’une fermeture arbitraire,
toute la grossière mise en scène qui a amené Mohamed en
prison, auraient découragé plus d’un. Je suis contente parce que,
pas un seul jour, je n’ai senti que je manquais de solidarité de la part
des confrères que je remercie.
L. S. : Que fera, selon vous, Mohamed Benchicou après sa sortie de prison
?
F. B. : Si je suis rassurée
sur le plan psychique, je le suis moins sur le plan physique. Après deux
années d’enfermement, car c’est de cela qu’il s’agit, il aura besoin
de soins. Dans l’immédiat, nous devrons nous occuper de sa santé
; pour le reste, on prendra le temps de voir. Aussi quand je suis allée
le voir en prison, Mohamed m’a promis qu’ à sa sortie on fera un grand
voyage. Alors je me prépare pour ce voyage.
