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03 juini 2006
Bachir Larabi, correspondant du quotidien arabophone El-Khabar à El-Bayadh (au sud-ouest du pays), ne voit toujours pas le bout de ses peines. Ayant déjà été arrêté pendant un mois, pour délit de presse, en janvier dernier, huit autres affaires, toutes kafkaïennes les unes les autres, le feront comparaître de nouveau devant le tribunal pour répondre de ses articles. Sa dernière apparition en public remonte au 3 mai, Journée mondiale de la presse, où il réitéra à qui voulait l’entendre son soutien inconditionnel à Mohamed Benchicou.
C’était comme tirer le diable par la queue. Harcelé et malmené, Larabi n’en finit pas de faire les frais. Le 28 mai dernier, alors qu’il était dépêché par son journal à l’hôpital d’El-Bayadh, pour des raisons professionnelles, il a été abordé, « insulté grossièrement », puis passé à tabac, par des policiers déchaînés. Il s’en est sorti in extremis, avec un certificat d’incapacité de travail de douze jours.
Par ailleurs, il y a lieu de signaler que le Comité Benchicou pour les libertés a rendu public un communiqué où il dénonce vigoureusement l’agression. « C’est pendant qu’il s’acquittait de sa mission de journaliste qu’il a été violemment empêché de faire son travail, sauvagement tabassé et grossièrement insulté en public, par des membres des services de sécurité », écrit-il.
De même que la victime ne cache pas son angoisse au quotidien Le Soir d’Algérie (l’édition du 30 mai 2006) : « Hier, j’ai été tabassé et insulté par un officier et un policier devant des passants et ce, en plein jour. Hier, j’ai déposé une plainte auprès du procureur de la République. Ce dernier qui m’a bien reçu a enregistré ma plainte et m’a invité d’aller à la police pour m’auditionner. Chose que j’ai refusée. Dans l’après-midi, j’ai reçu un télégramme de la part du procureur m’invitant officiellement à aller à la police, mais je n’ai plus confiance. Je me sens seul contre tous à El-Bayadh. »
Dès lors, rien ne va plus. Mais vraiment à ce point ! Avoir été agressé et avoir peur d’aller porter plainte ?! (Ici, pour les besoins d'un procès-verbal que la police établit s'entend.) Alors on ne peut que comprendre et partager les inquiétudes du Comité Benchicou quand il nous remet en mémoire le sombre épisode Beliardouh, correspondant d’El Watan à Tebessa (à l’est du pays), d’il y a trois ans. L’épilogue fut autre, disons plus tragique, puisque le protagoniste, n’en pouvant plus avec les pressions et les intimidations, mit fin à ses jours. Triste histoire dirons-nous. Épargnons d’autres vies humaines, et d’autres drames familiers qui en découlent. Mais là encore, faudra-t-il parler au préalable d’un État de droit. Sans quoi on ne ferait que tourner en rond. Chose à laquelle on semblerait même y avoir « pris goût » il y a longtemps déjà.
