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14 juin 2006
9h 58, Benchicou apparaît sur le seuil de la porte. C'est le délire, la foule, les photographes foncent sur lui, chacun veut son exclusivité.
Benchicou, en costume gris, chemise blanche, rasé
de près et visiblement content, sourire aux lèvres, lève
la main et forme le «V» de la victoire. La foule se déchaîne.
Les slogans s’ensuivent. Les photographes se bousculent, bloquant la sortie.
C’est la panique, une fillette à failli s’étouffer. «Dégagez
le passage et prenez-le», lance furieux un gardien de prison, devant la
foule. «Laissez-le sortir, vous n’allez tout de même pas le renvoyer
en prison ?», crie une dame.
Tout autour, des centaines de visages guettent, esquivent, suivent le mouvement
des photographes, pour voir Benchicou. Ce dernier, toujours souriant, n’a pas
quitté sa place dix minutes après sa sortie. Il ne pouvait pas
bouger, il ne pouvait pas avancer devant les photographes et les gardiens de
prison. Les membres du comité Benchicou, mais surtout les très
volontaires membres des archs interviennent de force, jouant des coudes, pour
extraire le plus célèbre des prisonniers algériens des
mains des curieux.
Avec beaucoup de peine et la même détermination, les gardiens de
prison, les agents de l’ordre, les bénévoles ont lutté
corps à corps contre la foule pour «permettre à la voiture
de Benchicou de sortir», affirme un gardien. Enfin, la Mercedes, sort
quelques minutes plus tard, avec à bord Benchicou et son épouse.
Il a fallu plus de dix minutes pour que la voiture franchisse les quelques mètres
qui la séparent de la route et démarrer enfin en direction de
la place de la Liberté de la presse où Benchicou devrait se recueillir
avant de partir directement à la Maison de la presse où il remettra
les prix du comité Benchicou décerné cette année
au journaliste marocain Ali Elmrabet, et à Bachir Larabi. Etaient présents
les représentants de la société civile notamment les membres
des archs, le commandant Azzeddine, Berrarhi, Fouad Boughanem, des membres du
Cnes. Aucun parti n’était présent.
