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14 avril 2005
Le 25 janvier 2005 Robert BRET interpelle Monsieur Michel BARNIER, Ministre des Affaires Etrangères, pour qu’il rappelle aux autorités algériennes que la liberté de la presse est un droit et lui précise que la France s’honorerait en apportant un soutien officiel aux journalistes algériens.
Monsieur le Ministre,
Je souhaite par la présente vous signifier ma consternation face à la dégradation alarmante et récurrente des Libertés fondamentales en Algérie. Pas une semaine ne s’écoule sans qu’un journaliste n’ait à répondre devant la justice algérienne. J’en veux pour exemple le procès des journalistes du quotidien Le Matin, notamment de Mohamed BENCHICOU, directeur de la publication. Mais combien d’autres connaissent le même sort dans l’anonymat ?
En s’attaquant à la presse quotidienne indépendante, l’Etat policier algérien fait fi des droits les plus élémentaires.
Répression, arrestations arbitraires, menaces, amendes, peines de prison, suspension des éditions, tout est bon pour le Gouvernement algérien pour s’attaquer aux professionnels de l’information accusés de « lése-majesté » et d’atteinte à l’intégrité nationale - quand ils ne font qu’informer, analyser, témoigner de la situation en Algérie - pour réduire la presse au silence.
Aussi, je vous saurai gré, Monsieur le Ministre, de bien vouloir intervenir auprès des autorités algériennes pour leur rappeler que la liberté d’expression, la liberté d’opinion et la liberté de la presse sont des droits, de surcroît stipulés dans l’accord d’association passé entre l’Algérie et l’UE.
Par ailleurs, j’estime que la France s’honorerait en apportant, dans ce contexte hautement répressif, un soutien officiel aux directeurs de quotidiens indépendants, journalistes, photographes et dessinateurs de presse algériens qui n’ont de cesse de vouloir exprimer pacifiquement et courageusement leurs opinions dans un pays où le simple fait de penser devient condamnable.
Par avance, je vous remercie de l’attention et des suites que vous voudrez bien donner à la présente requête,
et je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de mes respectueuses salutations.
(NB : un courrier similaire est adressé à Monsieur l’Ambassadeur d’Algérie)
Réponse de Monsieur BARNIER - Paris, le 14 AVRIL 2005
Monsieur le Sénateur,
Le courrier que vous m’avez adressé au sujet des procédures judiciaires visant un certain nombre de journalistes algériens, dont M. Mohamed Benchicou, m’est bien parvenu. Je souhaite vous apporter les éléments d’éclairage suivants.
La liberté de la presse est un élément essentiel de la démocratie et de l’Etat de droit. Le lourd tribut payé au terrorisme par les journalistes algériens pendant les années noires traversées par ce pays-proche,et ami en a fourni la tragique illustration. La presse algérienne n’en a pas moins conservé une liberté de ton reconnue et appréciée. C’est là un acquis fondamental qui doit être préservé et conforté alors que l’Algérie retrouve la stabilité et s’engage sur la voie des réformes politiques, économiques et sociales. J’ai eu l’occasion de le dire à mes interlocuteurs lors de ma visite officielle à Alger les 12 et 13 juillet dernier.
Croyez bien que nous continuerons de suivre avec attention la situation de M. Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le Matin, personnalité respectée de ses pairs en Algérie comme à l’étranger, et détenu depuis le 14 juin 2004.
En tout état de cause, nous continuerons à plaider, dans un esprit de respect mutuel et de partenariat, pour qu’une presse libre et pluraliste puisse continuer à se développer en Algérie dans une atmosphère apaisée et pour que les libertés fondamentales soient respectées. Dans le cadre du partenariat d’exception que nous construisons avec ce pays, nous continuerons à développer notre coopération déjà riche dans le domaine essentiel des médias.
Je vous prie de croire, Monsieur le Sénateur, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
