12e SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D'ALGER
LE LIVRE DE BENCHICOU PROVOQUE L'IRE DES ORGANISATEURS
Sam H.
© Le Soir d'Algérie du 3 novembre 2007
A peine sorti, le livre de Mohamed Benchicou, directeur de la publication du journal Le Matin, provoque un scandale dans l’organisation de la 12e édition du Salon international du livre d’Alger (Sila).
Ambiance tendue, mercredi soir à
la Safex. Les geôles d’Alger, de Mohamed Benchicou, sorti en simultané
aux éditions Riveneuve (France ) et Inas, est interdit d’exposition,
sous prétexte qu’il ne figure pas sur la liste des ouvrages devant être
remis par son éditeur. Salah Cherikou, maître d’œuvre de l’organisation
du Sila, a ordonné la fermeture radicale du stand. Prise à partie
par des responsables de la Safex, la directrice commerciale des éditions
Inas, Mina Talbi, a été accusée d’avoir contrarié
l’ouverture de l’événement. Elle a vu son stand fouillé
de fond en comble puis fermé et interdit d’accès sans la moindre
explication. «C’est en force et éventrant les cartons à
la recherche du livre de Mohamed Benchicou, tel un commando, que les agents
de la Safex ont déboulé dans le stand. Avant de repartir, ils
m’ont ordonné de retirer les affiches annonçant la sortie de l’ouvrage»,
nous a confié Mina Talbi. «C’est une décision arbitraire,
aucun exemplaire n’est sorti avant l’inauguration, seule la vue de l’affiche
les a rendus fous», a déclaré Bousaad Ouadi, responsable
des éditions Inas. B. Ouadi est choqué par de tels agissements.
Participant au Salon du livre depuis sa 1re édition en 1980 et membre
fondateur de l’association des éditeurs algériens, B. Ouadi a
assisté impuissant face au mépris et à la décision
hostile des organisateurs. Il s’est insurgé énergiquement. Cette
décision dénote une fois de plus l’abus d’autorité sachant
que l’ouvrage en question a été enregistré au dépôt
légal (INSB)et que demain, il sera dans toutes les librairies d’Alger.
Réagissant à cette décision, Bousaad Ouadi a obtenu du
comité d’organisation et à sa tête, Ahmed Boucenna, directeur
général des éditions Anep, la réouverture de son
stand, la condition sine qua none de retirer le livre de Benchicou. Un chantage
à peine voilé. Bousaad Ouadi a préféré retirer
sa participation. Le genèse de cette affaire pourrait faire date dans
l’histoire du Salon international du livre d’Alger. Un salon qui est censé
réunir intellectuels et personnalités culturelles de tous bords
a été témoin d’une grave atteinte à la liberté.
Résultat : aucun des éditeurs n’a réagi. Aucune forme de
solidarité n’a fait résonance dans les couloirs de la Safex. Nul
n’a souhaité s’exprimer ou même commenter cette atteinte à
la libre expression. On rappellera uniquement que mercredi dernier, le ministère
des Affaires religieuses a interdit près de 1200 titres religieux portant
sur l’apologie de la violence et du terrorisme. Mais qu’à cela ne tienne,
aucun des stands des éditeurs concernés n’a été
fermé !
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