|

Alger,
le 31 octobre 2006 |


|
Le
Guide Libyen satisfait par la justice algérienne
en condamnant deux
journalistes et la suspension de leur journal à
deux mois. La Fédération
internationale des journalistes a dénoncé
aujourd’hui avec la plus grande énergie la double
décision du tribunal d’Alger de condamner en
première instance la journaliste et le directeur
de la publication arabophone Echourrouk El Youmi à
six mois de prison ferme et de suspendre la parution
du journal à deux mois.
Cette
sanction, inique et inédite dans les annales
judiciaires du pays, a été infligée
suite à une plainte portée par le guide
Libyen Mouamar El Kaddafi. Ce dernier se plaint des
révélations rapportées par le journal
Echourouk El Youmi au lendemain de la réunion
qu’il a personnellement initiée dans la ville
de Tambouktou dans le but de créer
« le grand Etat du Sahara ».
Dans
les éditions du 3 et 12 août 2006, la journaliste du quotidien
Echourrouk El Youmi a fait
état, sur la base des témoignages des
notables des Touaregs, d’une opération à
multiples directions du guide Libyen afin de corrompre
et soudoyer les différentes tribus de cette région.
«L’enquête
et le reportage sont des droits et des devoirs sacrés
pour les journalistes. C’est à la partie concernée
par les écrits d’apporter la contradiction sur
le même support médiatique et non pas profiter
de législations répressives pour empêcher
les journalistes de relater la réalité
des faits », a déclaré Aiden
White, secrétaire général de la
Fédération internationale des journalistes.
La nouvelle sonne comme la fin d’une période
de grâce. Le 5 juillet 2006, le président
Bouteflika a décrété
une amnistie spéciale pour les journalistes poursuivis
pour des délits de diffamation. Le maintien des
articles du code pénal, prévoyant de lourdes
peines pour les journalistes, ne fait aucun doute sur
les visées du Pouvoir politique à réduire
au maximum le champ des libertés. Les observateurs
de la scène médiatique redoutent
une recrudescence des attaques contre la liberté
de la presse.
« C’est une première
invitation faite aux dictateurs du monde afin de s’initier à l’art d’étouffer
la liberté de la presse ainsi que toute manifestation
démocratique en Algérie »,
a déclaré Nadir Benseba, coordinateur
du Centre régional de la Fédération
internationale des journalistes. Pour M. Anis Rahmani,
directeur de la rédaction du journal Echourrouk
El Youmi, « le
message livré par tribunal d’Alger
à travers ce verdict est clair : même
si nous osons demain parler du Front Polisario et la
sécurité des frontières dans la
région du Maghreb, nous risquerons certainement
de subir les foudres des Etats voisins ».
Deux
autres journalistes, Arezki Aït Larbi, correspondant
du journal français
Le Figaro, et Mourad Hamed , journaliste à
El Khabar, sont poursuivis pour des délits de
diffamation.
La
Fédération internationale des journalistes,
qui s’élève contre cet acharnement judiciaire
sur les journalistes et le journal Echourrouk El Youmi,
appelle la communauté des Etats du monde libre
à agir avec force contre ces menaces inacceptables
contre la liberté d’expression en Algérie.
Pour
plus d’informations, merci de contacter le + 213 21
67 36 61
La FIJ
représente plus de 500 000 journalistes dans
plus de 117 pays |