Le communiqué du Groupe de Presse «Erraï El Aam» Benaoum relaxé D'autres procès pour Benaoum Le communiqué du Comité Benchicou Pour les Libertés Rsf salue la libération d'Ahmed Benaoum


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17 juin 2005
Le
procès, entamé vers 15h30, est caractérisé par la
présence d’un bon nombre de membres de sa famille, de ses anciens collaborateurs
au journal, mais aussi de Ali Yahia Abdenour, président de la Ligue algérienne
pour la défense des droits de l’homme, ainsi que de représentants
de la délégation de l’ONG Human Rights Watch, dont Olivier Bercault.
Appelé à la barre, M. Benaoum, 11 mois de détention
préventive, accusé d’évasion fiscale et de faux et usage
de faux, a tout d’abord expliqué les conditions de son arrestation pour
mettre en avant l’idée d’une machination montée contre lui.
« Le 25 juillet 2004, je venais
juste de sortir de prison et le 27 on m’a interpellé et on m’a présenté
devant le juge d’instruction où on m’a ressorti une affaire qui remonte
à 12 ans », a-t-il déclaré. Il s’agit des statuts
d’une SARL nommée Express, une entreprise de diffusion qui, a-t-il ajouté,
n’a jamais activé et dont le document falsifié ne correspond pas
à ce que lui-même avait établi. Pour cette première
accusation, il a relevé l’inexistence d’une existence fiscale du fait
qu’il n’y a pas eu de registre du commerce et s’est demandé ensuite pourquoi
l’administration fiscale a non seulement excepté un document non légalisé
et des statuts sur lesquels le nom du gérant se trouve raturé.
Quant à la deuxième accusation, il s’agit d’une autre entreprise
(EDIOR), mais d’édition cette fois. Il a reconnu que les déclarations
mensuelles n’ont pas été établies au profit de l’administration
fiscale, mais un bilan annuel mentionnant un chiffre d’affaires de près
de 9 millions de dinars a été présenté. Cette anomalie
a été mise sur le compte de l’inexpérience, des difficultés
liées au recouvrement (le cas du domaine de la distribution) et d’une
période très dure caractérisée par l’insécurité
due au terrorisme. La partie civile, représentée par un cadre
de l’administration des impôts Oran-Est, s’est interrogée sur les
changements d’adresse de l’entreprise. Pour le prévenu, « la
loi oblige de toutes les façons les entreprises de presse à mentionner
les adresses sur les publications ». Et c’était pour dire
q’il n’y a pas eu volonté de fuir les responsabilités, mais les
déménagements étaient dus à des difficultés
matérielles. Le premier témoin, un agent de l’administration fiscale
appelé à la barre, a dit ne pas avoir vérifié si
la première entreprise a activé ou pas. Le dossier a été
sorti des archives sous l’insistance, avoue le deuxième témoin,
également agent de la même administration, de son sous-directeur.
La partie civile n’a pas également expliqué comment le dossier
de la SARL Express, à ne pas confondre avec l’entreprise Express-diffusion
datant de 2000 et où le groupe de M. Benaoum est seulement actionnaire
majoritaire, ait pu resurgir subitement 12 ans plus tard. Le représentant
du ministère public s’est basé sur le fait que « personne
ne peut pénétrer dans les locaux de l’administration pour déposer
un faux document ». Lorsqu’il a requis 5 ans de prison, une femme,
membre de la famille du prévenu, et une ancienne collaboratrice ont laissé
couler des larmes. L’aspect politique (ou complot ) de l’affaire a été
évoqué par le premier avocat qui a dit de son mandant qu’il était
malgré tout confiant en la justice. Il a parlé du journal Er raï,
créé après l’hebdomadaire Détective (incriminé
par les impôts), et son style particulier. « Tout d’un coup,
plusieurs administrations se sont empressées de déposer des plaintes
contre le patron de ce journal, plusieurs fois accusé de diffamation »,
avait-il déclaré pour ensuite penser qu’« il fallait
à tout prix lui trouver quelque chose de plus grave, car il a été
interpellé à maintes reprises autant chez lui que dans la rue
et même au tribunal d’Es Sénia ». Le deuxième
avocat s’est intéressé au document falsifié pour démontrer
la non-responsabilité de son client en se basant sur le rapport du notaire
qui en a rédigé le contenu. On y reviendra dans notre prochaine
édition.
