Vous vous taisez…
Mais votre tour viendra quand même !
A
ceux qui se sont tus lors de l’arrestation de Benchicou,
qui n’ont rien dit quand le stand de son éditeur
a été fermé et qui s’en fichent
de la dernière descente de police dans une imprimerie
; à ceux qui n’ont pas réagi quand le
film de Jean-Pierre Lledo a été refusé
; à ceux qui n’ont pas dit un mot sur l’interdiction
du dernier forum de Béjaïa ; à ceux
qui détournent les yeux pour ne pas voir le lynchage
du député Aït-Hamouda, fils du Lion
du Djurdjura, le grand Amirouche ; à ceux qui
baissent la tête, pensant sauver leur peau, je
dédie cette citation trouvée dans un forum
algérien :
«Quand
ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien
dit, je n’étais pas communiste. Quand ils sont
venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus
chercher les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais
pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n’ai rien dit, j’étais protestant. Puis ils
sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour
protester…»
«Il n'y a pas le
pouvoir, il y a l'abus de pouvoir, rien d'autre.»
Henry
de Montherlant
dimanche
26 octobre 2008
Merci, Madame !
La première
fois que j’avais vu Mme Khalida Toumi, elle venait pour
la publication, dans le Soir tout nouveau, d’un texte
défendant les droits des femmes. La seconde fois,
c’était à la télé. Elle
parlait du terrorisme sur un plateau parisien. J’étais
à M’daourouch. Les terroristes venaient de planter
la tête décapitée de ce brave Mohammed
sur un piquet, à quelques dizaines de mètres
de l’endroit où nous nous trouvions. |
J’en pleurais
et, au fond de moi-même, je me disais que l’Algérie
vivra grâce aux sacrifices de tous les patriotes,
femmes et hommes. La troisième fois que sa belle
frimousse s’était imposée à nous
— et au monde entier —, ce fut dans une photographie
extraordinaire où elle bravait des flics en casques
!
Khalida
a changé de camp. Elle est avec les oppresseurs
des femmes et les réactionnaires de tout bord.
La militante que nous adorions censure à tout
bout de champ : des films, des livres, etc. Mais, à
quelque chose malheur est bon : au nom de notre ami
Benchicou, nous lui disons merci pour la pub inattendue
qu’elle fait pour son dernier bouquin !
«Qu’il
est dur de haïr ceux qu’on voudrait aimer...» Voltaire
samedi
25 octobre 2008
Futur antérieur…
A ceux qui comparent
la descente des flics dans une imprimerie de Blida aux
«pires moments de la dictature», je rappellerai
un fait qu’ils ont tendance à oublier : sous
les régimes totalitaires, l’imprimerie n’imprime
que ce qui est imprimable, c’est-à-dire uniquement
les livres qui ont reçu leur visa de censure.
La police n’intervient pas pour arrêter un bouquin
lu et relu par tous les censeurs !
Cette descente
est plutôt à classer dans un autre registre,
celui des régimes qui se la jouent démocratiques
mais qui ont peur de l’écrit et cela nous renvoie
aux âges obscurs de l’humanité. Là,
oui, vous pouvez comparer : cette Algérie qui
arrête les détenteurs de la Bible, met
en prison des Algériens qui ne jeûnent
pas durant le Ramadan et envoie la police pour saisir
un livre de Benchicou à l’imprimerie même,
n’est pas l’Algérie de la dictature ! C’est
l’Algérie du Moyen-Age. Ne vous fiez pas au téléphone
portable et aux bagnoles : ces objets du futur sont
téléportés d’un autre siècle.
La preuve : nous n’en fabriquons aucun pour le moment
!
«L'absurde,
c'est la raison lucide qui constate ses limites.» A.
Camus
dimanche
19 octobre 2008
farahmaamar@yahoo.fr |