02 avril 2006

Chaque jour les autorités publiques démasquent leur intention de mettre la presse au pas. Mourad Mhamed, journaliste au quotidien El Khabar vient d'être placé sous contrôle judiciaire, tandis que ses sources, deux policiers et un ami qui lui a transmis des documents sont mis sous mandats de dépôt pour "publication de documents portant atteinte à l'intérêt national".

Ils ont tous subi des pressions intolérables avant d'être présentés devant la justice. Leur crime a été de mettre en lumière les pratiques des groupes terroristes qui tentent de recruter les bénéficiaires des mesures de mise en œuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ils sont ainsi désignés comme coupables et rejoignent Mohamed Benchicou dans des geôles vidées des assassins et maintenant remplies par ceux qui ont dénoncé les crimes terroristes et ceux qui les ont combattus. A nouveau ce sont le droit à l'information des citoyens et la protection des sources des journalistes, éléments essentiels constituant la liberté de la presse, qui sont bafoués sans s'encombrer de la moindre apparence pour piétiner les libertés. Ceci pose plus que jamais la question de la réforme de la législation devant protéger la presse et des pratiques visant à instrumentaliser la justice et les magistrats, d'autant que les procès en diffamation se multiplient et que l'on traîne devant les tribunaux le correspondant d'El Watan à Béchar et celui d'El Bilad à Chlef. Le Comité Benchicou pour les libertés s'insurge contre de telles mesures. Il demande l'abandon des poursuites et exige la libération immédiate des personnes incarcérées dans cette nouvelle cabale contre la presse.
Alger, le 2 avril 2006


28 mars 2006

Pour la seconde fois en l’espace de quatre mois, Mohamed Benchicou est distingué par un prix international en hommage à son combat pour la liberté de la presse et la liberté d’expression. En attribuant à Mohamed Benchicou le prix de la liberté d’écrire pour l’année 2006, le centre américain Pen a choisi d’honorer un journaliste algérien injustement condamné et arbitrairement détenu depuis 22 mois, lui reconnaissant de facto le statut de détenu d’opinion. Par ce prix, le Pen Club a, par ailleurs, voulu, sans nul doute, réprouver la conduite d’un régime qui veut se parer de toutes les vertus démocratiques dans les tribunes officielles internationales, tout en n’hésitant pas à recourir au mensonge et à la machination abjecte pour avilir un journaliste avant de l’envoyer croupir dans une cellule de prison. Aussi, la prestigieuse distinction tombe-t-elle à point nommé comme pour témoigner de l’écho retentissant de l’affaire Benchicou auprès de l’opinion internationale, en dépit des tentatives obstinées du régime d’imprimer une flétrissure définitive à la réputation d’un journaliste résolument engagé dans le combat pour la liberté d’expression. A ces tentatives, vaines au demeurant, s’est joint de façon aussi inattendue que lamentable l’actuel président du Parlement européen. L’opinion algérienne n’a, quant à elle, jamais douté des motivations politiques qui ont conduit Benchicou en prison et son journal à la liquidation : Le Matin est un journal indépendant, critique et son directeur dérange, agace et « bouscule », par ses seuls écrits, les puissants du moment. C’est cette seule vérité qui a dû guider le choix du jury du Pen Club. Au-delà, la décision de distinguer Benchicou, que la puissante organisation mondiale des écrivains sait persécuté pour ses écrits, est un message de solidarité et de soutien aux écrivains, journaliste, artistes et autres créateurs algériens dont le premier devoir est de défendre la liberté d’expression pour en garantir l’irréversibilité en Algérie.

Alger, le 28 mars 2006


Paris, 28 mars 2006

Chers confrères et amis,

L'une des plus grandes organisations d'écrivains dans le monde , le centre américain Pen International présidé par Salman Rushdie, a décerné à Mohamed Benchicou, directeur du Matin, et auteur de « Bouteflika, une imposture algérienne », le prix Barbara Goldsmith freedom to write (liberté d'écrire) pour l'année 2006.

Chaque année, PEN International décerne le prix Barbara Goldsmith Freedom to Write à deux lauréats. Pour la vingtième année consécutive, l'organisation rend hommage aux écrivains internationaux persécutés ou emprisonnés pour avoir défendu le droit universel à la liberté d'expression. Cette année, le prix a été attribué à Mohamed Benchicou et à l'historien et correspondant pour Radio Free Europe, Rakhim Esenov, interdit de quitter son pays, le Turkménistan, et d'y publier ses oeuvres.

Dans un message de félicitations qui m'a été adressé au nom des 3 100 membres de l'organisation, Pen International me dit « avoir suivi avec beaucoup d'intérêt le cas de Mohamed Benchicou et avoir protesté contre son emprisonnement. » « En attribuant ce prix à Mohamed Benchicou, m'écrit Anna Kushner, responsable du programme Freedom to write au Pen american center, nous voulons démontrer au reste du monde notre soutien à sa cause, et exercer une pression internationale pour sa libération. ».

 « En attendant, ajoute t elle, il peut compter sur l'admiration et le soutien de tous les membres du centre Américain PEN International et des écrivains dans le monde. »

Il va de soi que cette nouvelle me remplit de bonheur, car elle vient couronner le combat algérien pour la liberté d'expression mené par les journalistes, les hommes de plume et par tous les citoyens et citoyennes conscients qu'elle n'est pas dissociable des autres libertés démocratiques chèrement acquises. Cette distinction de Mohamed Benchicou illustre clairement un bond en avant dans la reconnaissance de ce combat par l'opinion internationale.

C'est pourquoi je vous remercie d'avance de consacrer à cette information la place qu'elle mérite en ces temps de turbulences pour la presse libre dans notre pays.

 Pen International est une organisation mondiale d'écrivains présente dans 99 pays avec 141 centres. Son but est de promouvoir l'amitié et la coopération intellectuelle entre écrivains du monde entier et de lutter pour la liberté d'expression.

Salutations confraternelles.

 


04 mars 2006

COMMUNIQUÉ

 

L’auteur de la célèbre phrase-ritournelle, le chroniqueur du journal Le Soir d’Algérie, Hakim Lâalam, vient d’être condamné par la cour d’appel d’Alger à six mois de prison ferme. En première instance, Lâalam avait écopé de la même peine, mais avec sursis.
Le cauchemar continue, en effet, pour la petite communauté de journalistes algériens dont trois membres sont déjà sous les verrous. Le rouleau compresseur actionné par la justice, un certain 14 juin 2004, date à laquelle Mohamed Benchicou, directeur du Matin, avait été jeté en prison et son journal liquidé, continue à broyer inexorablement les professionnels des médias privés dans une indifférence quasi totale.
Une menace avérée pèse sur au moins 18 journalistes condamnés en 2005 à de lourdes peines de prison. Trois directeurs de journaux : Fouad Boughanem (Le Soir d’Algérie), Ali Djerri (El Khabar) et Omar Belhouchet (El Watan) cumulent à ce jour respectivement, 13, 11 et 10 condamnations pour délits de presse. Le caricaturiste du journal Liberté, Ali Dilem, lauréat de plusieurs prix internationaux, a été condamné 12 fois pour délit d’humour, alors que Benchicou, harcelé par la justice jusque dans sa cellule de prison, totalise pour l’instant, à lui seul, 32 procès pour délit de presse.
De là à considérer les journalistes et les dirigeants de journaux parmi les plus importants, faut-il le rappeler, comme “délinquants multirécidivistes”, il n’y a qu’un pas que l’appareil judiciaire, totalement inféodé au régime, n’a pas hésité à franchir, ravalant l’Algérie à un rang indigne des sacrifices de ses enfants.
Face à ce vrai putsch contre les libertés constitutionnelles, le Comité Benchicou pour les Libertés ne cessera pas d’alerter l’opinion interne et internationale sur ces atteintes multiples à la liberté de la presse et, à travers elles, à l’idéal démocratique dans ce pays.
Convaincu que la liberté de presse est un acquis citoyen et sa défense un devoir qui s’impose à tous, il appelle, de nouveau, les Algériennes et les Algériens à s’opposer, dans un sursaut pacifique et émancipé, aux actes liberticides du régime en place en disant non à la mise à mort de la liberté de la presse.

Alger, le 3 mars 2006


23 février 2006

DÉCLARATION

 

Le journaliste Bachir Laârabi, jeté en prison pour ses écrits le 21 janvier 2006, est libre après avoir purgé la totalité de la peine à laquelle il avait été condamné. Comme pour Mohamed Benchicou, enfermé à la prison d’El Harrach depuis près de 20 mois, son incarcération avait soulevé un tollé général auquel sont venues s’ajouter les vives inquiétudes exprimées suite à la condamnation de 18 journalistes algériens à la prison ferme, sans que le régime, otage de son arrogance, ne se détourne de sa détermination obsessionnelle à liquider la liberté de presse et aliéner l’ensemble de la société. L’acharnement avec lequel les syndicats libres sont réprimés par le régime en place agissant par l’entremise d’une justice totalement assujettie, la hargne avec laquelle sont poursuivis les journalistes, notamment les correspondants de presse, livrés aux potentats locaux, sont symptomatiques d’une dérive totalitaire qu’il serait suicidaire d’ignorer. Unir les citoyens et fédérer les forces saines de la nation autour de la défense des libertés, en premier lieu la liberté de presse et la liberté d’expression, est le minimum exigé dans cette conjoncture grosse de tous les dangers pour le devenir démocratique de l’Algérie. Aussi, le Comité Benchicou pour les libertés réitère-t-il son appel à une mobilisation citoyenne, pacifique et émancipée, pour dire non à la mise à mort de la liberté de la presse. Convaincu que la liberté d’écrire, la liberté de dire sont l’affaire de tous, le Comité Benchicou pour les libertés en appelle à la responsabilité de chaque citoyen pour exiger l’abrogation pure et simple des articles 144 et 144 bis du code pénal.

Le Comité Benchicou pour les libertés

Alger, le 22 février 2006


15 février 2006

 

Sans surprise, le deuxième mois de l’année 2006 enregistre de nouveaux cas d’emprisonnement de journalistes : deux directeurs de journaux privés mis sous mandat de dépôt au motif d’atteinte aux symboles de l’Islam.
Sans préjuger des tenants de ces nouvelles affaires et des suites qui leur seront réservées, force est d’admettre que c’est la liberté de la presse même qui est à chaque fois visée. De même, les arguments « juridiques » pour jeter des journalistes en prison ne sont que des prétextes fallacieux pour désigner à la désapprobation générale des professionnels des médias, présentés, au gré des conjonctures, tantôt comme des délinquants, tantôt comme des blasphémateurs, en somme de dangereux criminels à mettre au ban de la société. La justice et les magistrats, censés être les garants de l’exercice des libertés constitutionnelles, s’en trouvent, de nouveau, instrumentalisés, pour frapper les journalistes, devenus la cible toute indiquée d’un régime affolé à l’idée de voir les vrais scandales étalés sur la place publique. Il s’agit, en l’occurrence, pour le pouvoir, de tenter une diversion supplémentaire et de créer de nouveaux amalgames. Fidèle à son intime conviction qu’aucun journaliste ne doit être emprisonné pour ses écrits, le Comité Benchicou pour les libertés réitère l’urgence de l’abrogation pure et simple des articles 144 et 144 bis du code pénal, dont la nécessité se fait plus que jamais ressentir. Il attend des autorités publiques qu’elles mettent un terme à la guerre déclarée contre la liberté de la presse et la liberté d’expression qui se traduit par ce harcèlement obsessionnel des journalistes algériens.

Le Comité Benchicou pour les libertés

Alger, le 14 février 2006

 


31 janvier 2006

Comme nous le craignions, l’année 2006 débute avec l’emprisonnement d’un autre journaliste. Bachir Larabi s’en est allé rejoindre derrière les barreaux Mohamed Benchicou, enfermé depuis 19 mois et seize jours dans une cellule d’El-Harrach. 18 journalistes au moins, condamnés à la prison ferme courant 2005, risquent, à leur tour, d’être embastillés à tout moment. D’autres journalistes sont désormais éligibles à la prison et au vu de la cascade de procès intentés aux journalistes, nous redoutons une véritable hécatombe dans les rangs de la presse dans les prochains jours. Ce triste palmarès, détenu par l’Algérie des années 2000, est le résultat d’un climat de tension sciemment entretenu par le régime pour tuer ce qui reste de liberté dans la presse, avant de liquider les autres libertés. Toutes les libertés. Parce que la liberté de la presse est mère de toutes les libertés. Parce qu’il ne saurait y avoir de débat public, démocratique et sain en l’absence de médias libres et de journalistes indépendants. Parce que sans liberté d’expression, l’Etat de droit, le pluralisme et la démocratie tant vantés par nos gouvernants sont tout simplement un leurre, nous disons non à la mise à mort de la liberté de la presse !
Nous, signataires de la présente déclaration : journalistes, organisations de défense des droits de l’homme, syndicats, partis politiques, organisations de la société civile..., citoyens exigeons :
1- la cessation immédiate du harcèlement systématique sauvage qui a pris pour cible les journalistes ;
2- la libération de Mohamed Benchicou et Bachir Larabi et la relaxe des journalistes condamnés à des peines de prison ferme ;
3- l’abolition des articles prévoyant des peines de prison et des amendes exorbitantes pour diffamation : l’article 144 bis s’étant révélé à l’application une arme absolue pour détruire massivement la presse ;
4- l’adoption d’une loi qui promeut la liberté de la presse et protège le journaliste dans l’exercice de son métier, tel qu’il en existe dans les régimes démocratiques, en remplacement de l’actuel code de l’information.
Pour appuyer le combat pour la liberté de la presse et la liberté d’expression en Algérie, nous appelons instamment :

Alger, le 30 janvier 2006


29 janvier 2006

Au moment où s’étend l’élan de solidarité avec le correspondant d’El Khabar, Bachir Larabi, à El Bayadh, emprisonné depuis le 21 janvier à Aïn Sefra (Naâma), le Comité Benchicou pour les libertés lance un appel à un rassemblement, demain, à la maison de la presse Tahar Djaout (Alger).

Ce rassemblement se tiendra dans le but de dénoncer l’emprisonnement de journalistes et de mobiliser la société civile afin que le harcèlement judiciaire contre la presse cesse. C’est aussi pour exiger la libération de Mohamed Benchicou, qui est en prison depuis plus de 19 mois et de Bachir Larabi, jugé et condamné par contumace à un mois de prison ferme. L’appel du Comité Benchicou est destiné à tout citoyen « préoccupé par la dangereuse escalade contre la presse libre ».

Le Comité Benchicou pour les libertés

Mokrane Aït-Ouarabi


 

28 janvier 2006

 

L’emprisonnement de Mohamed Benchicou, séquestré à El-Harrach depuis le 14 juin 2004, avait donné le signal à l’entreprise de mise au pas de la presse algérienne que vient de confirmer la récente incarcération de Bachir Larabi, correspondant d’ El Khabar à El Bayadh. 18 journalistes, au moins, condamnés à la prison ferme en 2005 risquent à tout moment de rejoindre derrière les barreaux Benchicou et Larabi. La liberté de la presse est sérieusement menacée.

Le Comité Benchicou pour les libertés

Alger, le 27 janvier 2006


Alger, 24 janvier 2006

 

Le correspondant du journal El Khabar à El Bayadh, Bachir Larabi, est en prison depuis dimanche. Son journal affirme que Larabi était sous le coup d'un mandat d'arrêt émis la veille de son incarcération par le tribunal de Naâma et suivi immédiatement d'effet par l'arrestation du journaliste à son domicile pour être conduit à la prison.
Cette incarcération qui inaugure l'année 2006 annonce une escalade programmée de la répression de la liberté de la presse et apporte un démenti cinglant aux propos des plus hauts dirigeants du pays selon lesquels «aucun journaliste n'est en prison pour ses écrits».
La promptitude de l’appareil judiciaire à sévir contre le journaliste est pour le moins frappante au vu des lenteurs légendaires de la machine dans le traitement des dossiers de justice. L'épisode Larabi renseigne, on ne peut mieux, sur les visées réelles d'un régime pressé d'en finir avec la liberté de la presse, voire avec le métier de journaliste, à un moment où la contestation sociale gronde et la corruption atteint des sommets jamais égalés.
Rappelant qu'il a récemment rendu publique une liste nominative de  journalistes condamnés au cours de la seule année 2005 à de lourdes peines de prison, le Comité Benchicou pour les libertés réitère sa vive inquiétude de voir ces journalistes, probablement d'autres aussi, connaître dans les prochains jours  le sort de Larabi et avant lui de Benchicou qui croupit en prison depuis près de 20 mois. 
Tout en alertant l’opinion interne et internationale sur les dérives liberticides avérées du régime algérien, le comité Benchicou exhorte les journalistes algériens à se ressaisir pour faire face ensemble au harcèlement sauvage dirigé contre eux.
Le Comité Benchicou pour les libertés appelle, par ailleurs, les organisations professionnelles ainsi que les ONG de défense des journalistes dans le monde à une solidarité concrète avec les journalistes algériens aux fins de les aider à obtenir la nécessaire abrogation des articles du code pénal relatifs à la presse, utilisés sans vergogne par le régime algérien pour tuer en toute «légalité»  le métier d'écrire.

Le Comité Benchicou pour les libertés

Alger, le 24 janvier 2006


Paris, 24 janvier 2006

Suite à l'emprisonnement du correspondant du quotidien El Khabar, le 22 janvier dernier, voici le communiqué du collectif pour la liberté de la presse en Algérie:

 

COMMUNIQUÉ

Le correspondant du quotidien El Khabar dans la ville d'El Bayadh, Bachir Laârabi, a été interpellé et incarcéré sans autre forme de procès le 22 janvier dernier. Cette arrestation de journaliste survient dans un climat de dure répression de la liberté de la presse. Alors que Mohamed Benchicou continue, à partir de sa cellule à être traîné devant les tribunaux et que 18 journalistes sont dans l'attente de l'appel qui peut être fatal à leur liberté et à, celle de la presse, cette nouvelle incarcération donne à lire avec plus de netteté le mépris affiché par le pouvoir algérien à l'endroit de la liberté de la presse, des libertés en général et des conventions internationales ratifiées par le pays. Le 25 janvier, des journalistes du Soir d'Algérie comparaissent en appel. Le 1er février, ce sera au tour de ceux du Matin. Les uns comme les autres risquent le mandat de dépôt.

Devant l'arrestation injustifiable de Bachir Laârabi, le collectif pour la liberté de la presse en Algérie constate avec amertume que les craintes sur les libertés, exprimées au début de cette nouvelle année, ne se sont pas faites attendre pour se réaliser. Le collectif se joint à toutes les voix, en Algérie et ailleurs, pour réclamer la libération immédiate et inconditionnelle de Bachir Laârabi et :

Le collectif pour la liberté de la presse en Algérie

Paris, le 24 janvier 2006


18 janvier 2006

 

Chers confrères et amis,

Je vous adresse ci-joint la déclaration du collectif pour la liberté de la presse en Algérie. L'adresse e-mail est inhabituelle, car j'ai un problème technique avec ma messagerie Yahoo.

Vous pouvez cependant confirmer l'authenticité de cet envoi en me contactant au 00 33 6 78 13 84 79.

Merci d'avance de faire paraître ce texte dans votre prochaine édition.

Amitiés.

Fatiha BENCHICOU


DÉCLARATION

 

Dix-huit journalistes algériens, exerçant tous dans la presse indépendante, condamnés en première instance à des peines allant de deux à douze mois de prison ferme, risquent d’aller en  prison en ce début d’année 2006. La menace de voir ces peines confirmées est malheureusement réelle. Dans la situation actuelle caractérisée par une privatisation du fonctionnement des pouvoirs, rien ne laisse espérer de la justice qu’elle agisse dans la sérénité et l’indépendance aux procès en appel fixés dans les prochaines semaines. Si la justice ne se ressaisissait pas en cessant de jouer le rôle d’instrument de revanche du pouvoir politique irrité par l’indocilité de la presse indépendante, cette cascade de procès impitoyables et sans précédent placerait l’Algérie en tête du sinistre hit-parade des pays attentant à la liberté de la presse et, à travers elle, à toutes les libertés démocratiques.

Cette remise en cause de la liberté de la presse, pour partielle qu’elle soit, obtenue au prix fort du sacrifice de près de 120 journalistes, a commencé par l’arrestation de Mohamed Benchicou qui entame son vingtième mois de prison. Malade et privé des soins nécessaires, il a été extrait plus de 34 fois de sa cellule pour être présenté devant le tribunal et répondre de nouvelles plaintes pour délit de presse.

Depuis l’emprisonnement du Directeur du Matin, la situation de la liberté d’expression et de la presse en Algérie n’a fait que se dégrader. Outre les dix-huit condamnations à des peines de prison ferme recensées en 2005, un récent bilan dénombre des dizaines de journalistes sanctionnés par des peines de prison avec sursis. Il révèle aussi les cas des correspondants locaux livrés, dans le silence, à une justice expéditive ; les sociétés éditrices croulant sous des amendes astronomiques, acculées à la faillite en raison du chantage à l’impression, à la publicité ; les menaces de suspension planant sur des publications.

Quant à l’affaire Benchicou, par son exemplarité et la brutalité des méthodes utilisées, elle aura été pour l’opinion nationale et internationale le révélateur des velléités liberticides inscrites dans la réforme du code pénal de 2001. Aujourd’hui, en dépit de tous les brouillages opérés autour de son procès, des instances internationales reconnues (ONG, Parlement Européen, FIJ, etc) considèrent le journaliste Mohamed Benchicou comme un prisonnier d’opinion. Elles n’ont cessé de dénoncer avec nous son emprisonnement, ainsi que les dispositions de ce Code pénal qui entravent l'exercice de la profession de journaliste en Algérie.

        Dans les prochaines semaines, les verdicts des procès en appel vont être rendus. Le collectif pour la liberté de la presse en Algérie réitère son appel en direction des élus et responsables politiques entretenant des relations avec le pouvoir algérien à travers divers accords économiques au niveau national et européen, ainsi qu’à l’opinion nationale et internationale afin d’agir immédiatement :

Collectif pour la Liberté de la Presse en Algérie

Paris, le 16 janvier 2006


09 janvier 2006

Précisions de la famille Benchicou

 

La famille de Med Benchicou, journaliste détenu arbitrairement depuis 19 mois à la prison d’El Harrach, a été surprise d’apprendre la détérioration de sa santé par un communiqué de maître Mokrane Aït Larbi alors que son état de santé est régulièrement suivi par sa famille et les personnes habilitées à communiquer en son nom (sa famille, le comité Benchicou pour les libertés et le collectif des avocats chargés de sa défense). Maître Aït Larbi, qui ne fait pas partie du collectif constitué de dix avocats, dont beaucoup se sont constitués spontanément dès le procès en première instance le 14 juin 2004, a sans doute mal interprété l’impossibilité, ce jour-là, de Med Benchicou de se rendre au parloir, probablement en raison d’une méforme passagère. Cette précision étant faite, nous sommes très touchés par la visite, même tardive, de maître Aït Larbi à Mohamed Benchicou et nous l’en remercions.

Alger, le 8 janvier 2006


 

06 janvier 2006

Jacques Charby est mort !

 

En ce début d'année, notre ami Jacques Charby est décédé.Cette nouvelle frappe d'une peine de plein fouet ses amis; dont nous étions.

Durant la guerre d'Algérie, Jacques Charby, comédien professionnel, avait participé au "réseau Jeanson" de soutien à la lutte d'indépendance du peuple algérien, sous la direction du Front de Libération Nationale (FLN).

Il était resté très attaché à l'amitié avec le peuple algérien. Il avait contribué ( en 1997) à la création de l'Association SOLIDAM (Solidarité et Amitié entre les peuples algériens et français)  dont notre association AlgériEnsemble.

En 2004, il avait publié un ouvrage, "Les Porteurs d'Espoir" (*), de témoignages d'une soixantaine de militants engagés dans le soutien à la lutte d'indépendance de l'Algérie.

Salut Jacques!

Simon Blumental

 

*Jacques CHARBY, Les porteurs d'espoir, Les réseaux de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie: les acteurs parlent, La Découverte, 2004


 

Les obsèques se dérouleront lundi 9 janvier 2006 au cimetière de Pantin à 14h30

Cimetière de Pantin

164, avenue Jean Jaurès

La levée du corps se fera lundi à 13h45 au funérarium de l'Hôpital Saint-Antoine de Paris (entrée par la rue de Chaligny)

 


31 décembre 2005

 

18 journalistes algériens condamnés à la prison ferme en 2005 Ils sont au moins 18 journalistes à avoir été condamnés à la prison ferme par la justice algérienne au cours de la seule année 2005.
Il s'agit de :

Parallèlement aux condamnations à la prison ferme, des dizaines d'autres journalistes ont été condamnés à des peines de prison avec sursis. Au cours de la seule journée du 13 novembre 2005, le tribunal de Mostaganem (ouest) a jugé cinq correspondants de presse, condamnant quatre d'entre eux à des peines allant de 6 à 3 mois. 2005 a été, également, l'année des amendes exorbitantes infligées par la justice algérienne aux éditeurs de presse et aux publications elles-mêmes. A lui seul, le cas Benchicou est la parfaite illustration de l'effrayante régression de la liberté de la presse en Algérie. Condamné à 2 ans de prison ferme, suite à une cabale policière, le directeur du Matin, qui accomplit actuellement son 19e mois détention à la prison d'El Harrach, est poursuivi à ce jour dans une trentaine de procès en diffamation, alors même que le journal qu'il dirige est suspendu depuis juillet 2004. Cette évolution funeste pour la liberté d'expression et la liberté de la presse était prévisible dès lors que le régime en place s'est employé, par l'entremise d'un appareil complètement assujetti, à étouffer toute voix discordante, ne laissant place qu'au discours lénifiant et “normalisateur”. Pendant que l'appareil judiciaire sévissait, tout au long de l'année, contre les médias privés, les premiers responsables de l'Etat et du gouvernement, défiant la réalité, n'hésitaient pas à affirmer qu’”il n'y a pas de journalistes en prison” ou que “les institutions nationales ne sont pas contre la liberté de la presse. Autre défi au bon sens : alors que l'Algérie, certainement sous la pression internationale, s'apprête à réformer le code pénal pour l'adapter à la nécessaire lutte contre la corruption, des journalistes parmi ceux qui avaient justement alerté l'opinion publique à propos des affaires de corruption se retrouvent en prison ou menacés d'y être envoyés. Tout en alertant l'opinion interne et internationale au sujet de ces atteintes répétées et gravissimes à la liberté d'expression et à la liberté de la presse et qui constituent une violation flagrante des normes internationales, le Comité Benchicou pour les libertés réclame avec insistance :

  1. la libération de Mohamed Benchicou.
     
  2. la relaxe des 18 journalistes condamnés à la prison ferme ;
     
  3. l'arrêt du harcèlement judiciaire des journalistes et la reconsidération des amendes infligées aux journalistes et aux médias. Il appelle instamment les pouvoirs publics à hâter la dépénalisation des délits de presse et à promulguer une loi protégeant l'exercice libre du métier de journaliste seul à même d'aider à l'émergence d'une société démocratique et à la construction d'un Etat de droit.

 


20 décembre 2005

 

Mohamed Benchicou a reçu la semaine dernière la visite d’un médecin du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dépêché expressément par l’organisation humanitaire pour s’enquérir de l’état de santé et des conditions d’incarcération du directeur du Matin, enfermé à la maison d’arrêt d’El Harrach depuis le 14 juin 2004.
Avant de rencontrer le journaliste, le délégué du CICR a demandé à consulter son dossier médical, détenu par la direction de la prison. Mohamed Benchicou, souffrant, ne bénéficie à ce jour d’aucun soin spécifique. En dix-huit mois de détention et malgré les innombrables demandes de l’administration et des médecins de la prison, il n’a eu droit qu’à deux examens radiologiques pratiqués dans un hôpital algérois : un EGM et une IRM, intervenus respectivement après une année et une année et demie d’emprisonnement alors que, poursuivi pour diffamation, le directeur du Matin a été extrait de sa cellule pas moins de 33 fois pour être jugé par le tribunal d’Alger. Constatant de visu l’évolution de sa maladie dont une “baisse nette de la motricité du bras droit”, le médecin du CICR a confié à Benchicou que son organisation “ne lâchera pas la pression tant qu’il (Benchicou) ne bénéficiera pas d’une prise en charge médicale totale, précisément prescrite par un médecin spécialiste en neurologie, et ce, sur la base des dernières explorations” radiologiques effectuées. Le délégué du CICR s’est dit “convaincu” que la hiérarchie judiciaire n’a consenti au journaliste son droit de sortie pour les deux examens subis en milieu hospitalier que “sous la pression nationale et internationale”. En qualité de journaliste, Mohamed Benchicou a tenu, par ailleurs, à témoigner des conditions carcérales de tous les détenus d’El Harrach sans exception aucune. Au délégué de la Croix-Rouge, il a fait part, en tant que témoin privilégié, des conditions scandaleuses et quasi inhumaines de certains détenus, notamment ceux consignés dans les geôles. Considérant sa propre condition de détention relativement supportable, Mohamed Benchicou a attiré l’attention de son interlocuteur sur celle d’une partie importante des détenus vivant dans des cellules vétustes, insalubres, manquant d’air et de lumière. Dans ces lieux, a affirmé le journaliste, la santé de la personne se dégrade rapidement. La gale, les maladies respiratoires, la tuberculose pour ne citer que ces pathologies, se propagent de façon inquiétante parmi les détenus d’El- Harrach, sous l’effet conjugué de la surpopulation, du manque d’hygiène et de la sous-alimentation. Le temps d’un entretien en tête à tête avec le délégué du CICR, le directeur du Matin s’est fait le porte-parole de ses codétenus pour une réelle réforme de la justice à l’effet de bannir les arrestations arbitraires et le recours abusif à la détention préventive. Il a aussi fait part à son interlocuteur du souhait des prisonniers de voir l’application rapide de la loi de février 2005 qui prévoit le régime de semi-liberté, et de liberté conditionnelle, des permissions de sortie et de suspensions de peine pour raison de santé ou familiale, ainsi que l’émergence d’associations autonomes d’aide et de soutien aux détenus. Le Comité Benchicou pour les Libertés, qui a, à maintes reprises, alerté l’opinion interne et internationale sur l’état de santé préoccupant de Mohamed Benchicou, se félicite de l’intérêt porté par le CICR au directeur du Matin en tant que détenu d’opinion.

Le Comité Benchicou pour les libertés

Alger, le 19/12/2005


15 décembre 2005

 

La machine juridico-policière mise en branle voilà deux ans pour mettre à genoux les journalistes de la presse privée et annihiler toute velléité d’indépendance des médias algériens a franchi le seuil de l’intolérable concernant Mohamed Benchicou.
Enfermé à El-Harrach depuis le 14 juin 2004, abandonné sans soins médicaux appropriés pour stopper la progression de sa maladie, le directeur du Matin ne compte plus les coups tordus d’un régime vouant une haine tenace à la liberté et aux hommes libres : c’est ainsi que le journaliste subit jusqu’au fond de sa cellule et loin des regards un acharnement inqualifiable, exécuté sous “couverture légale”. De retour dans sa cellule d’où il a été extrait, en 18 mois d’enfermement, pas moins de 33 fois afin d’être jugé pour diffamation par le tribunal d’Alger, Mohamed Benchicou s’est vu conduire devant une commissaire de police, venue lui signifier deux nouvelles plaintes introduites en 2003 et 2004. Avec un total s’élevant à ce jour à 34 affaires pour délits de presse émanant pour la plupart de dignitaires du régime, le journaliste Mohamed Benchicou passe pour le plus dangereux des “criminels” que l’Algérie connaisse. En tout état de cause, la commissaire de police qui s’est présentée à El-Harrach, munie d’une machine à écrire, pour interroger et dresser des procès-verbaux à Benchicou s’est vu opposer le refus du concerné de se soumettre à l’interrogatoire : le directeur du Matin, s’en tenant à la décision, dans les affaires de presse, de ne répondre qu’au juge en dehors de toute autre autorité quelle qu’elle soit. Décision prise solidairement par les éditeurs de presse en août 2003. Indigné par de telles procédés, le Comité Benchicou pour les libertés s’élève avec vigueur contre l’acharnement caractérisé ciblant le directeur du Matin et exécuté honteusement par des institutions de la République, sous une couverture “légale”. Une nouvelle fois, il prend à témoin l’opinion nationale et internationale des dérives liberticides du régime algérien. Par la même occasion, le Comité Benchicou pour les libertés exprime son extrême inquiétude suite aux derniers verdicts prononcés par la cour d’Alger à l’encontre de plusieurs journalistes (jusqu’à une année de prison ferme et même dans des cas de retrait de plaintes par leurs auteurs). Ce durcissement annonce un avenir des plus sombres pour la liberté de la presse et la liberté d’expression, d’autant que les pouvoirs publics ne manifestent aucune intention de dépénaliser les délits de presse, malgré son prétendu respect des libertés fondamentales.

Alger, le 14 décembre 2005


06 décembre 2005

 

Le Comité Benchicou pour les libertés organise, à l’occasion de la célébration du 57e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, un rassemblement auquel il invite militants de droits de l’homme, journalistes, membres et représentants de différents syndicats autonomes (enseignants, universitaires, fonctionnaires, médecins...), militants de partis politiques, démocrates, membres et militants des associations engagés dans la défense des droits humains et des libertés citoyennes. Le rassemblement aura lieu le samedi 10 décembre 2005 à 11h à la maison de la presse Tahar Djaout (place du 1er Mai, Alger).


03 décembre 2005

 

Après le prix de la liberté d’expression décerné par le journal espagnol Voz Del Occidente à Mohamed Benchicou, nous apprenons l’attribution prochaine d’autres prix internationaux au journaliste incarcéré.
Le comité Benchicou pour les libertés se félicite de cette consécration internationale qu’il estime être une juste reconnaissance, alors même que Mohamed Benchicou est emprisonné depuis 17 mois par la volonté d’un régime prétendument démocratique qui s’obstine, jusqu’à l’autisme, à punir un journaliste pour ses seuls écrits. Cette vérité, portée dès l’incarcération du directeur du Matin, par quelques poches de résistance en Algérie avant d’avoir le retentissement que l’on sait à l’extérieur grâce à l’action soutenue des ONG, a fini par s’imposer devant le mensonge triomphant et l’occultation par lesquels l’on a tenté vainement d’avilir et d’isoler un journaliste, résolument engagé dans le combat pour la liberté de la presse. Le comité Benchicou pour les libertés, qui n’a jamais douté de la justesse de ce combat, est convaincu que la mobilisation citoyenne en Algérie, maintenue, malgré l’adversité ainsi que les vives protestations exprimées de par le monde suite à l’incarcération de Mohamed Benchicou, et qui n’ont cessé de gonfler au fil des mois, ont contribué à attirer l’attention sur les pratiques liberticides du régime algérien, empêchant du même coup l’embastillement d’autres journalistes fatalement inscrits dans le sillage de l’emprisonnement du directeur du Matin. Pour le comité Benchicou, cette reconnaissance internationale est également à saisir dans sa portée réelle, en ce qu’elle signifie qu’un journaliste algérien, maghrébin ou de tout autre “pays du Sud” a le droit, à l’instar de son confrère “du Nord”, d’exercer son métier librement et qu’il mérite égards et soutien dans cette quête.


 

 

COLLECTIF POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE EN ALGÉRIE

02 décembre 2005

FATIHA BENCHICOU

 

Chers amis et confrères,

Je tiens à vous remercier pour l'intérêt que vous avez porté à mon article sur la remise du Prix international de la liberté d'expression décerné à Mohamed en le publiant dans vos éditions. Cette information m'a valu une avalanche d'e-mails de félicitations et d'appels téléphoniques, notamment d'Algérie.
On me dit également que Mohamed a  été félicité par des visiteurs de détenus à la prison d'El Harrach lors des séances au parloir.
En Espagne, l'événement a été couvert par des radios et des télévisions des Asturies , ainsi que par des quotidiens. Le directeur de la revue mensuelle de la «Voz del Occidente» m'a fait parvenir deux de ces quotidiens «La Nueva Espana» et «El Commercio» qui consacre respectivement un tiers et une demi-page avec photos des lauréats. Je recevrai bientôt l'édition de décembre de la «Voz del Occidente».
Au-delà de Mohamed, ce Prix  est une reconnaissance  de tous ceux qui mènent le combat pour l'exercice libre de la profession de journaliste.
Merci encore à vous tous.

Fatiha BENCHICOU

 


17 novembre 2005

MONDE

LE JOURNALISTE, GIBIER TRAQUÉ

 

Les chiffres sont là, implacables : plus de 684 journalistes ont été tués à travers le monde depuis 1992. Depuis le 1er janvier 2005, 53 de nos consoeurs et confrères sont tombés. 73 journalistes sont morts en Irak depuis le début du conflit en mars 2003, faisant de ce pays la zone la plus meurtrière pour les professionnels de l'information depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de 1 450 reporters ont été interpellés, frappés, menacés de mort, kidnappés ou harcelés, et plus de 320 médias ont été censurés en 2004. 112 journalistes et 3 collaborateurs de médias sont actuellement emprisonnés dans le monde. 71 cyberdissidents sont derrière les barreaux, dont 62 en Chine. Pour la 16e année consécutive, l'association Reporters sans frontières (RSF) organise une journée de soutien aux journalistes emprisonnés. À travers eux, c'est toute une profession qu'il s'agit de défendre, exposée comme jamais, parce que jamais l'information n'a été un enjeu aussi fort dans les affrontements politiques et économiques de notre temps.

La place d'un journaliste est dans sa rédaction

Comme beaucoup d'autres médias, l'Humanité parraine un confrère prisonnier. Pour nous, il s'agit du Birman Win Tin (lire ci-dessous). La place d'un journaliste est dans sa rédaction et non pas dans une geôle. Cela nous le disons depuis longtemps, sans distinction de pays, faut-il le souligner, car rien ne justifiera jamais à nos yeux qu'on empêche un journaliste de faire son métier. C'est pourquoi on ne peut que regretter l'absence, dans la liste fournie par RSF, de Mumia Abu Jamal, ce journaliste militant des Black Panthers, qui croupit dans le couloir des condamnés à mort, non pas à Cuba mais aux États-Unis.

S'intéresser au sort des journalistes, c'est évidemment ce que nous faisons lorsque nous lançons une campagne pour la libération de Mohamed Benchicou, le directeur du quotidien algérien le Matin (lire ci-dessous) et la relaxe de tous les journalistes algériens. Il nous faudrait aussi citer la mobilisation internationale visant à faire libérer le journaliste iranien Akbar Ganji, condamné en 2001 à six ans de prison après une série d'articles mettant en cause plusieurs dignitaires du régime de Téhéran dans des meurtres d'intellectuels et d'écrivains.

Aujourd'hui, c'est vers la Tunisie que tout le monde se tourne. Un pays choisi pour accueillir le sommet de l'ONU consacré aux sociétés de l'information, alors que Lotfi Hajji, président du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), poursuit une grève de la faim commencée le 18 octobre avec six autres personnalités de la société civile. Le bilan que dresse ce syndicat sur l'état des médias en Tunisie est hallucinant. On peut le consulter sur le site du Syndicat national des journalistes CGT : www.snj.cgt.fr . Il n'y est pas seulement question de l'arbitraire policier, mais également des conditions de travail, de la réalité sociale et des pressions politiques quotidiennes. Si rien n'y fait, si rien ne change, si le soutien apporté à ces journalistes n'est pas plus marqué, il y a fort à parier que nombre d'entre eux se trouveront embastillés dans les mois ou les années qui viennent.

En regardant cette trop longue liste de journalistes en prison, une remarque vient à l'esprit : ils ont utilisé leur profession comme des citoyens et c?est ce qui a dérangé et dérange les pouvoirs en place. N'en trouve-t-on pas une certaine réminiscence en Europe lorsqu'on marginalise des médias coupables de ne pas s'aligner sur la pensée dominante ? N'est-ce pas une nouvelle forme de coercition du journaliste de ne considérer l'information que comme une marchandise ? La précarisation de notre profession n'aggrave-t-elle pas l'autocensure, quand ce n'est pas une abdication pure et simple de la liberté de ton pour être sûr de ne pas se faire mettre à la porte ? Sans parler des concentrations de presse qui sonnent le glas du pluralisme des idées. C'est en France, au moment du référendum sur la constitution européenne, que des journalistes de l'audiovisuel public se sont élevés contre un parti pris éhonté de leurs chaînes !

L'incarcération du journaliste est sans aucun doute plus terrible lorsqu'il s'agit de cellule. Mais les barreaux virtuels existent partout, ici comme ailleurs. C'est moins exotique et il est bien plus commode de comparer notre situation à celle des journalistes africains.

Allez, je vous échange deux Pujadas contre un Poivre d'Arvor. Ou l'inverse, si vous voulez, et surtout, qu'on ne parle plus de tout ça.

Pierre Barbancey 


14 novembre 2005

Invitation

Conférence de presse

 

16e Journée de soutien aux journalistes emprisonnés

Reporters sans frontières vous convie à une conférence de presse

le mercredi 16 novembre à 11 heures

 

SCAM (Société civile des auteurs multimédia) - 5, avenue Vélasquez, 8e

M° Monceau ou Villiers, Parking Villiers

 

 

Conférence de presse, le mercredi 16 novembre à 11 heures en présence de :

 

·           Robert Ménard, le secrétaire général de Reporters sans frontières, dressera un bilan de la liberté de la presse en 2005 et donnera la parole à ceux qui vivent la censure et les atteintes à la liberté de la presse au quotidien :   

 

·          Maria Isabel Rey Rodriguez, journaliste cubaine réfugiée en France depuis le 4 octobre dernier, témoignera de la situation de la liberté de la presse à Cuba,

·          Fatiha Benchicou, épouse de Mohamed Benchicou, directeur du quotidien algérien Le Matin, emprisonné depuis le 14 juin 2004, rappellera la situation de son mari,

·          Rorry Carroll, correspondant du quotidien britannique The Guardian, séquestré pendant 36 heures par un groupe armé en Irak et libéré le 21 octobre dernier, nous parlera de son travail de  journaliste dans un pays en guerre depuis mars 2003, où 74 journalistes ont déjà perdu la vie,

·          Une journaliste irakienne réfugiée en France qui a notamment travaillé pour les médias japonais qui couvrent la guerre,

·          Sarah Mahir, de l'organisation Friends of Maldives à Londres, parlera de la mobilisation internationale autour de la condamnation, à 20 ans de prison, de la journaliste franco-maldiviennne de 32 ans, Jennifer Latheef.

 

·          Christine Vaissié-Charbonnier, la femme du photographe Jean-Philippe Charbonnier, pourra également répondre aux questions concernant le travail photographique de son mari, décédé en 2004.

 

 


 

Reporters sans frontières: www.rsf.org

Secrétariat international: 5 rue Geoffroy- Marie, 75009 Paris

Confirmation impérative auprès de Christine Leduc-Poumarède : 01 44 83 84 72 ou par mail à presse@rsf.org

Couverture de l'album et photos libres de droits disponibles sur www.rsf.org - Espace presse téléchargement.


 

 

COLLECTIF POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE EN ALGÉRIE

13 novembre 2005

Mme FATIHA BENCHICOU

 

Chers confrères et amis,

 

J'ai le plaisir de vous annoncer que le lauréat du Prix international de la liberté d'expression 2005 du mensuel espagnol « la Voz del Occidente » est décerné cette année à Mohamed Benchicou en témoignage de solidarité et de soutien à son combat pour la liberté de la presse qu'il paye par son emprisonnement arbitraire depuis 17 mois.  

Le Prix sera remis par le directeur de « la Voz del Occidente », David Pinero Fuentes, à moi-même et à notre fille Nassima lors d'une cérémonie le samedi 26 novembre 2005 dans la ville de Navia (Nord de l'Espagne), à laquelle nous sommes conviées.

Au niveau national, ce prix est décerné à Ramon Fernandez, pour l'ensemble de sa riche carrière de cinéaste. Il est le réalisateur de l'une des séries télévisées les plus suivies ces dernières années, « Racontes moi comment cela s'est passé » dans laquelle il retrace la vie d'une famille de classe moyenne dans l'Espagne franquiste à la fin des années soixante.

Au niveau régional, ce prix est décerné à Txomin Goni Tirapu, président de l'Association des habitants de Llanes, et symbole de la lutte contre la corruption et les intérêts locaux dans la principauté des Asturies.

La revue mensuelle « la Voz del Occidente » est très appréciée et sa lutte pour le respect de la liberté d'expression est reconnue en Espagne et dans le monde.

Les précédents récipiendaires de ce prix sont entre autres notre confrère marocain Ali Lemrabet en 2003 et Eduardo Haro Tecglen, chroniqueur au quotidien espagnol El País en 2004. Haro Tegclen, décédé en octobre dernier à l'âge de 81 ans, est également fondateur de l'hebdomadaire anti- franquiste « Triunfo » en 1964.

 

Confraternellement.

 

Fatiha Benchicou.

 

 


TUNISIE

12 novembre 2005

Agression de l'envoyé spécial de Libération à Tunis : Reporters sans frontières dénonce une intimidation très grave

 

Reporters sans frontières est indignée par l'agression dont a été victime le journaliste de Libération, Christophe Boltanski, à Tunis. « Au vu des circonstances de l'agression, sous le regard passif de policiers tunisiens, nous pensons qu'il faut chercher les agresseurs du côté des services de sécurité tunisiens. Il s'agit d'une intimidation très claire adressée par le pouvoir tunisien aux journalistes étrangers qui osent encore s'intéresser à la situation déplorable des droits de l'homme en Tunisie. Le climat répressif qui règne à Tunis ne garantit en rien le bon déroulement du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI). Les Nations unies, si elles ne veulent pas se fourvoyer, devraient tout simplement organiser le SMSI ailleurs qu'en Tunisie », a affirmé Reporters sans frontières.

Le 11 novembre 2005 dans la soirée, Christophe Boltanski, envoyé spécial du quotidien français Libération, a été agressé et poignardé à proximité de son hôtel dans le quartier des ambassades de Tunis. Selon Libération, quatre hommes ont aspergé de gaz lacrymogène le journaliste, et l'ont roué de coups. Avant que l'un des agresseurs ne lance « C'est assez », l'un de ses comparses avait poignardé le journaliste dans le dos. Les agresseurs lui ont volé ses affaires, notamment ses carnets de notes, son téléphone et sa clef USB.

Christophe Boltanski a bien tenté d'obtenir de l'aide de policiers tunisiens en faction devant l'ambassade de Tchéquie, mais ces derniers n'ont pas réagi. Les agresseurs ont par ailleurs mystérieusement disparu dans un quartier tout particulièrement quadrillé par la police. De même, un policier tunisien, venu quelques heures plus tard voir le journaliste à son hôtel, a refusé d'enregistrer sa plainte. Le reporter français a été soigné pour de multiples contusions et un plaie dans le dos. Christophe Boltanski, très choqué par cette violente agression, doit rentrer le 12 novembre dans la soirée à Paris.

Le jour même de l'agression, Christophe Boltanski signait dans les colonnes de Libération un article intitulé « Manifestants tabassés par la police à Tunis » dans lequel il relatait le passage à tabac par des policiers tunisiens de militants des droits de l'homme qui tentaient d'organiser une manifestation de solidarité avec sept personnalités de l'opposition qui observent une grève de la faim depuis le 18 octobre dernier.

A cinq jours de l'ouverture du SMSI, les autorités tunisiennes et les Nations unies semblent incapables de garantir aux journalistes et aux militants des droits de l'homme la sécurité et la liberté de parole à la veille de cette réunion cruciale pour l'avenir du développement d'Internet dans le monde. Ainsi, Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, s'est vu notifier, dans un courrier adressé le 10 novembre 2005 par la direction exécutive du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), que les autorités tunisiennes s'opposaient à son entrée dans le pays à l'occasion de ce sommet.


12 novembre 2005

TUNISIA

French daily's visiting correspondent badly beaten and stabbed on Tunis street

 

Reporters Without Borders voiced outrage today at an attack last night on visiting correspondent Christophe Boltanski of the French daily Libération, who was badly beaten and stabbed by four unidentified assailants in an area of Tunis near his hotel where there are always large numbers of police.

"In view of the circumstances of the attack, in which police looked on without reacting, we suspect the assailants were members of the Tunisian security services, and that it was a deliberate act of intimidation targeted by the Tunisian government at foreign journalists who still dare to take an interest in the deplorable human rights situation in Tunisia," the press freedom organisation said.


Reporters Without Borders added : "The repressive climate prevailing in Tunis offers no guarantee for the World Summit on the Information Society (WSIS) that is due to take place there next week, and if the United Nations wants to avoid any mishap, it should just relocate the summit anywhere but in Tunisia."

In the attack on Boltanski, which took place in the Tunis embassy district, the assailants used a pepper spray on him and then gave him a severe beating, Libération said. He was also stabbed once in the back before one of the assailants said, "That's enough." They left taking his notebook, mobile phone, USB flash drive and other personal belongings.

Boltanski appealed to policemen on guard outside the nearby Czech embassy for help but they did not react, and his assailants were mysteriously able to disappear in a neighbourhood that is full of police. A Tunisian police officer who came to see him in his hotel a few hours later refused to register the complaint he wanted to make.

Boltanski sustained multiple bruising and a stab wound in the back. He was very shaken by the experience and was due to return to Paris this evening.

Libération yesterday ran a story by Boltanski headlined "Demonstrators beaten by police in Tunis," in which he described the beating of human rights activists who tried to stage a demonstration in solidarity with seven leading opposition figures who have been on hunger strike since 18 October.

The Tunisian authorities and the United Nations seem unable to guarantee security and free speech for journalists and human rights activists in Tunis although the city will in five days begin hosting a summit being held under the UN's aegis that is crucial for the Internet's future development throughout the world.

Reporters Without Borders secretary-general Robert Ménard, for example, was told in a letter from the summit's executive directorate on 10 November that the Tunisian authorities have banned him from entering the country to attend the summit. 

Maghreb & Middle-East Desk

Lynn TEHINI

Reporters Without Borders

5 rue Geoffroy-Marie 

F - 75009 Paris

33 1 44 83 84 84

33 1 45 23 11 51 (fax)

 

middle-east@rsf.org

www.rsf.org 

 

  


09 novembre 2005

COMMUNIQUÉ

 

Des informations publiées par la presse font état de la visite prochainement en Algérie du rapporteur de la commission des droits de l'homme de l'ONU, chargé de la liberté d'expression. Selon ces informations, le responsable onusien a inscrit l'affaire Mohamed Benchicou, directeur du journal Le Matin, détenu à El-Harrach depuis le 14 juin 2004, au titre des dossiers lourds qu'il compte évoquer avec ses différents interlocuteurs.
Tout en soulignant son importance, le comité Benchicou pour les libertés estime que cette visite s'inscrit en droite ligne de la mobilisation citoyenne, en Algérie d'abord, de celle des grandes ONG et des associations de défense des journalistes dans le monde qui se relaient efficacement, à travers les campagnes menées à ce jour, pour exiger la libération de Mohamed Benchicou.
La stratégie de la tension à l'oeuvre depuis plus d'une année, et qui a culminé avec l'incarcération d'une des plumes les plus prestigieuses du pays, ne laisse plus de doute quant à la volonté du régime algérien de mettre au pas les médias, à travers un harcèlement méthodique exécuté par l'appareil judiciaire ainsi instrumentalisé à des fins politiques. Ces pratiques antidémocratiques s'appuyant sur une loi des plus archaïques en matière de liberté de presse a valu, d'ailleurs, à l'Algérie d'être rétrogradée, en l'espace de quelques années seulement, au rang des États les plus liberticides dans le monde, la plaçant du même coup sous les projecteurs de la communauté internationale elle-même.
Aussi le comité Benchicou pour les libertés se félicite-t-il de l'intérêt porté à l'affaire Benchicou et sa prise en charge par l'instance des droits de l'homme. Pour le comité, cet intérêt revêt une double signification : il traduit la préoccupation de la communauté internationale devant le recul manifeste de la liberté de la presse et face auquel celle-ci entend agir, en rappelant d'abord, à l'Algérie son devoir de se conformer à ses engagements internationaux en la matière : il s'agit précisément de faire entendre aux dirigeants algériens du moment qu'il serait illusoire de croire qu'ils pourraient ainsi continuer à casser du journaliste à huis clos et dans l'indifférence générale.
Il se veut ensuite un message clair à l'adresse des journalistes algériens que la communauté internationale voudrait ainsi assurer du soutien dans leur combat pour la liberté de la presse en Algérie et pour lequel Mohamed Benchicou, justement, paye aujourd'hui de sa propre liberté.

Alger, le 9 novembre 2005

 


08 novembre 2005

ALGÉRIE

OÙ EN EST - ON  APRÈS LA DÉCENNIE NOIRE ?

 

Depuis 2000, du fait de la hausse durable des prix des hydrocarbures, l'Algérie n'a jamais disposé d'autant d'opportunités financières pour répondre aux profondes aspirations de l'écrasante majorité de sa population constituée par la jeunesse, en relançant les secteurs économiques créateurs d'emplois. Au lieu de cela, nous assistons à une véritable régression sociale. En effet, pour contenter les institutions financières internationales, garantes de l'option libérale dictée à l'ensemble des pays du sud, le gouvernement Algérien s'acharne avec zèle à privatiser les entreprises publiques, à licencier dans l'Education Nationale,  à fermer le marché de l'emploi dans le secteur de la santé et à appeler sans cesse les hommes d'affaires  étrangers à venir investir dans les domaines stratégiques de l'économie algérienne. Pour prouver  sa bonne volonté d'ouverture, le gouvernement engage une série de réformes économiques (révision de la loi sur les hydrocarbures, réforme du système bancaire, etc.) dont l'application va compromettre l'avenir de plusieurs générations d'Algériens. Conçues pour attirer l'investissement étranger, ces réformes impliquent de facto une perte  de souveraineté du pays.

Face à cette offensive sans précédent contre le  secteur public, la riposte du monde du travail fut d'abord la dénonciation de ces attaques dans des assemblées générales, par voie de presse, puis par  des arrêts de travail et des manifestations de rue. Les émeutes nombreuses et récurrentes qui secouent l'ensemble du territoire national, montrent l'état d'exaspération dans lequel se trouvent de larges couches  populaires.

La répression des forces de l'ordre qui s'abat sur les différents mouvements de protestation, les  lourdes condamnations prononcées à l'encontre de militants politiques et syndicaux par des juridictions sous contrôle et la suspension des titres de la presse indépendante qui relatent ces événements, constituent la seule réponse des gouvernant s à ce mécontentement généralisé.

Comme cela ne suffit pas à endiguer cette révolte grandissante, le pouvoir algérien n'hésite pas à s'allier certains courants de l'islam politique. En effet, la future amnistie générale qui sera obtenue par un « référendum populaire »* sur commande, vise en réalité  à se concilier la sympathie de ces courants réactionnaires impliqués, rappelons-le, directement ou non dans le massacre de plusieurs centaines de milliers d'algériens durant la décennie noire (les années 1990). Par ailleurs les droits des femmes continuent d'être sacrifiés : malgré quelques amendements mineurs, le code de la famille, inspiré de la Charia, demeure en vigueur.

La résistance des différents secteurs de lutte de la société est la condition nécessaire de l'entrée de l'Algérie dans la phase d'édification d'une société démocratique. Mais sans la solidarité de l'opinion publique internationale, les chances de succès à terme de cette résistance sont faibles. C'est pour cela que la mobilisation de cette opinion publique à l'initiative des amis de l'Algérie dans  le monde nous semble vitale.

 

* Référendum célébré le 29 septembre 2005


 

C'est dans ce cadre que le Rassemblement pour une Algérie Progressiste (RAP - Marseille) organise une journée d'information et de solidarité le

 

SAMEDI 12 NOVEMBRE 2005, SALLE « SEITA »  FRICHE BELLE DE MAI

41, RUE JOBIN MARSEILLE 3ème

 

PROGRAMME : 

Conférences et débats (Entrée libre)

9h30 : Accueil des invités

10h : Malika REMAOUN, Présidente de l'Association Féminine Pour l'Epanouissement de la Personne et l'Exercice de la Citoyenneté

 (AFEPEC - Oran)

Droit des femmes : Etat des lieux et perspectives.

12h00 : Pause déjeuner

14h00 : Méziane Mériane, SG de la Coordination Nationale des Professeurs d'Enseignement Secondaire et Technique (CNAPEST -  Algérie)

Autonomie syndicale et représentativité du monde du travail 

15h30 : Hassane Zerrouky, journaliste au quotidien l'Humanité

Presse indépendante et construction d'une société démocratique en Algérie

17h : Philippe Foulquier (Directeur de la Friche Belle de Mai) :« Alger - Marseille », projet pour un théâtre d'échange.

Soirée artistique (PAF:10 )

A partir de 20h

. ICHENOUIYEN (Groupe de chants du Chenoua)

. GROUPE ALGERIE  BERBERE   (Rappeurs de Kabylie).

 

Contact  et renseignement:

Tél. : 04 91 08 28 15 (Demander Sidi),    06 67 27 58 24,    06 11 45 24 71,   06 70 91 46 88

 

____________________________________

RAP - Marseille C/ Radio GALERE 41, rue Jobin Marseille 3ème

Vous voulez vous informer sur la situation en Algérie?

          Ecoutez l'émission du RAP- Marseille : Algérie, Lutter pour espérer? tous les vendredis de 19H à 20H sur Radio GALERE 88.4 Mhz

 


05 novembre 2005

 

Chers amis et confrères,

Je vous fais parvenir ci-joint le dossier de presse de RSF à l'occasion des 16 èmes journées de solidarité avec les journalistes emprisonnés dans le monde, le mercredi 17 novembre 2005.

Une conférence de presse se tiendra le même jour à 11 heures au siège de RSF à Paris.

Une occasion de mettre sous les feux de la rampe non seulement notre combat  en Algérie pour la liberté de la presse mais aussi celui indissociable de nos confrères à Cuba , en Chine, en Iran...souvent condamnés très lourdement .

Recevez mes amitiés et  mes voeux de bonne santé à l'occasion de l'Aïd.

Fatiha Benchicou


04 novembre 2005

Le site du rapporteur de l'Onu:

http://www.ohchr.org/french/issues/opinion/

Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression

 

Introduction

La Commission des droits de l'homme, dans sa résolution 1993/45 du 5 mars 1993, a décidé de nommer un rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression.

La Commission des droits de l'homme:

préoccupée de constater qu'un nombre considérable de personnes sont emprisonnées, ou sont victimes de mesures de détention de longue durée et d'exécutions extrajudiciaires, de persécution et d'intimidation, notamment par un recours abusif aux dispositions législatives concernant la diffamation, ainsi que de menaces, d'actes de violence et de discrimination, pour avoir exercé le droit à la liberté d'opinion et d'expression et les droits intrinsèquement liés que sont le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, de réunion pacifique et d'association et le droit de prendre part à la conduite des affaires publiques, ainsi que les personnes qui cherchent à promouvoir les droits proclamés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et à faire connaître à d'autres ces instruments ou qui défendent ces droits et libertés, y compris les membres de la profession juridique et tous ceux qui représentent des personnes exerçant ces droits. Engage tous les Etats à respecter et défendre les droits de toutes les personnes qui exercent le droit à la liberté d'opinion et d'expression et à prendre les mesures nécessaires pour mettre immédiatement fin à ces actes.

Demande au Rapporteur spécial:

a) de réunir toutes les informations pertinentes concernant des cas de discrimination, de menaces et d'actes de violence, et de mesures de vexation, notamment de persécution et d'intimidation, où qu'ils se produisent, visant des personnes qui cherchent à exercer le droit à la liberté d'opinion et d'expression proclamé dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et, là où il s'applique, dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ou à promouvoir l'exercice de ce droit, en tenant compte des travaux d'autres mécanismes de la Commission et de la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorités qui touchent à ce droit, afin d'éviter tout chevauchement.


b) de réunir, à titre hautement prioritaire, toutes les informations pertinentes concernant des cas de discrimination, de menaces et d'actes de violence, et de mesures de vexation, notamment de persécution et d'intimidation, où qu'ils se produisent, visant des professionnels de l'information qui cherchent à exercer le droit à la liberté d'opinion et d'expression ou à promouvoir l'exercice de ce droit.


c) de demander aux gouvernements, aux organisations non gouvernementales et à toute autre partie pouvant avoir connaissance de ces cas de lui communiquer des informations crédibles et fiables. (E/CN.4/1994/33)

La Commission a prorogé le mandat du Rapporteur spécial dans la Résolution 2002/48 et a demandé au Rapporteur de continuer avec ses activités dans les Résolutions 2003/42 et 2004/42.

Dans l'accomplissement de son mandat le Rapporteur spécial:

a) Transmet des appels urgents et des communications aux Gouvernments concernant des cas de discrimination, de menaces et d'actes de violence, et de mesures de vexation, notamment de persécution et d'intimidation, visant des professionnels de l'information qui cherchent à exercer le droit à la liberté d'opinion et d'expression ou à promouvoir l'exercice de ce droit.

b)Effectue des missions sur le terrain.

c) Présente chaque année un rapport à la Commission qui contient une description de ses activités et de ses méthodes de travail.

Rapporteurs spéciaux:


02 novembre 2005

 

Bonjour à tous et à toutes,

Selon le quotidien El Khabar du 2 novembre, un émissaire de l'ONU est attendu en décembre à Alger. Sa mission aurait pour ordre du jour la liberté de la presse et le cas de Mohamed.

Amitiés.

Fatiha


Paris, 02 novembre 2005

MAROC

Reporters Sans Frontières demande la libération immédiate d'Anas Tadili

 

Emprisonné pour "diffamation" depuis le 15 avril 2004, le directeur de l'hebdomadaire Akhbar al-Ousboue, Anas Tadili, aurait dû être libéré le 29 septembre 2005. Malgré les nombreuses demandes de ses avocats et de sa famille, les autorités judiciaires et pénitentiaires font la sourde oreille.

« Nous demandons la libération immédiate d'Anas Tadili. Le journaliste aurait dû être libéré fin septembre 2005 après avoir purgé sa peine d'un an de prison. Nous ne comprenons pas l'acharnement de la justice marocaine à son égard, » a déclaré Reporters sans frontières. 

Anas Tadili souffre de conditions de détention particulièrement rudes : maintenu en quartier de « haute sécurité », il lui est interdit de communiquer avec les autres prisonniers et de profiter des lieux de détente. Atteint de diabète, de cholestérol, de rhumatismes et de problèmes cardiaques, le journaliste est également soigné pour dépression.

Le 29 septembre 2004, la cour d'appel de Rabat avait condamné le journaliste à un an de prison et 10 000 dirhams d'amende (environ 900 euros) pour « diffamation » à l'encontre d'un ministre. Le journaliste avait affirmé, le 9 avril de la même année, qu'un ministre marocain en exercice - dont le nom n'était pas cité mais qui était clairement identifiable dans le contexte de l'article - avait été surpris par la police alors qu'il entretenait des rapports homosexuels dans une station balnéaire au nord du Maroc.

Le 15 avril de la même année, Anas Tadili, avait déjà été incarcéré, une première fois, officiellement pour une affaire de droit commun vieille de dix ans. Compte tenu de l'impossibilité du journaliste de s'acquitter immédiatement d'une amende de 3 millions de dirhams (environ 270 000 euros), une mesure de contrainte par corps avait été prononcée. Cette mesure avait été levée, sept mois plus tard.


 

Le 20 septembre 2005, Anas Tadili a fait parvenir une lettre à Reporters sans frontières dans laquelle il dénonce son maintien en détention. L'organisation publie un extrait : 

Tadili Anas
Prisonnier d'opinion
Incarcéré à la prison centrale
de Kénitra


Cher confrère,

J'ai l'honneur de vous faire parvenir par l'intermédiaire de ma famille une lettre de protestation contre les agissements des autorités judiciaires et pénitentiaires à mon encontre. J'ai trop souffert dans ces lieux sordides, pour moi-même et pour tous les confrères de notre noble nation d'éducateurs et de garde-fous du pouvoir.

Que je sois condamné justement ou injustement, peu m'importe, mais que je reste emprisonné, alors que j'ai un jugement en ma faveur prononcé par la cour d'appel de Rabat contre le jugement de la contrainte par le corps, voilà ce qui me révolte.

Ayant été longtemps haut cadre du ministère de la Justice, je sais de quoi je parle (?) Auriez-vous la gentillesse d'accompagner cette protestation de quelques lignes de commentaire ? Et ce, pour montrer l'unité de notre combat commun. D'autant plus que votre tribune est largement lue par la plupart de qui vous savez.

J'ai eu dans mon procès plusieurs ennemis bien placés tant sur le plan civil que militaire et cela n'a pas, vous en convenez, été pour moi facile pour s'en sortir. Mais de là à ne pas vouloir appliquer un jugement de la cour d'appel de Rabat prononcé au nom de Sa Majesté contre un jugement de première instance, voilà le comble !
Vous pouvez me dire que rien n'étonne dans notre pays mais quand même !!?

Fraternellement.


Anas Tadili
Directeur d'Akhbar Al Ousboue


 

MOROCCO

Call for immediate release of editor who has completed a one-year jail term

November 2, 2005

 

Reporters Without Borders today called for the "immediate release" of Anas Tadili, the editor of the weekly Akhbar al-Ousbouaâ, who should have been let out of jail on 29 September on completion of a one-year sentence for libelling a government minister.

"We do not understand this unrelenting attitude towards Tadili on the part of the judicial authorities," the press freedom organisation said. Judicial and prison officials have turned a deaf ear to all the pleas from Tadili's family and lawyers.

Detained since 15 April 2004, Tadili is being held in especially harsh conditions. He is in a "high security" wing of Kénitra prison. He is banned from communicating with other inmates and using recreation areas. He has diabetes, high cholesterol, rheumatism and heart problems. And he is being treated for depression.

A Rabat court sentenced him on appeal on 19 September 2004 to a year in prison and a fine of 10,000 dirhams (900 euros) for reporting on 9 April of that year that the police had caught a government minister in a homosexual act at a beach resort in northern Morocco. The report did not name the minister but his identity was clear from the context.

Six days after the report was published, Tadili was jailed in connection with a 10-year-old case that was unrelated to his work as a journalist. A court ordered his imprisonment for debt on the grounds that he was unable to immediately pay a fine of 3 million dirhams (270,000 euros). The order was only lifted seven months later.


 

Tadili wrote to Reporters Without Borders on 20 September of this year to complain about his continuing detention. Extracts of his letter follow:

Tadili Anas
Prisoner of conscience
Kénitra central prison

Dear colleague,

I am sending this letter to you via my family to protest against the actions of the judicial and prisons authorities against me. I have suffered too much in this sordid place, too much for myself and for all my colleagues in this noble nation of ours who act as educators and safeguards against the government.

It matters little to me whether I have been convicted fairly or unfairly, but I am appalled to be forced to remain in prison although the Rabat appeal court issued a ruling in my favour against the order of imprisonment for debt.

As I was for a long time a senior official in the justice ministry, I know what I am talking about. (?) Would you be so kind as to add a few lines of comment to this protest, in order to show that we are united in a common struggle?  Especially as your space is widely read by most of you know who.

At my trial, I had several well-placed enemies, both civilian and military, and that did not make it easy for me to pull through, as I'm sure you will understand. But if that was bad enough, it is the absolute limit that they are now refusing to apply a Rabat appeal court ruling in my favour issued in His Majesty's name against a lower court decision.

You may tell me that nothing in our country surprises you, but this is really something else.

Fraternally,


Anas Tadili
Editor of Akhbar Al Ousboue

 


Paris, 1er novembre 2005

MAROC

RSF INTERPELLE LE MINISTRE DE LA JUSTICE

 

A l'attention de Mohamed Bouzoubaâ
Ministre de la Justice
Place El Mamounia
Rabat
Maroc


Paris, le 1er novembre 2005

 

Monsieur le Ministre,

Reporters sans frontières souhaite attirer votre attention sur la situation d'Abderrahmane El Badraoui, ancien directeur de l'hebdomadaire Al-Moulahid Assiyassi, emprisonné depuis janvier 2002 au Maroc. Ce journaliste a été transféré, le 5 octobre 2005, à la prison de Mohammedia, située à 150 kilomètres de son domicile. Depuis, Abderrahmane El Badraoui, qui est un prisonnier d'opinion, partage une cellule de 40m2 avec 41 détenus de droit commun

Le 26 octobre, Abderrahmane El Badraoui a été agressé par un gardien, Mustafa Dindla, qui avait pris l'habitude de le racketter. Après s'être plaint des agissements de ce dernier auprès du directeur adjoint, le journaliste a été passé à tabac par le gardien et deux autres détenus qui l'ont frappé avec des clés et roué de coups. Bien qu'il ait été conduit à l'infirmerie, le journaliste n'a pu bénéficier d'aucun soin. Une enquête a été menée par deux inspecteurs de la direction pénitentiaire et le gardien incriminé a été suspendu. Cette décision est encourageante mais nous vous rappelons qu'il est de votre devoir de garantir l'intégrité physique d'Abderrahmane El Badraoui.

Fin 2001, Abderrahmane El Badraoui avait rédigé un article dénonçant un scandale financier à Kénitra. A cette même époque, le journaliste avait enquêté sur les malversations commises par certains cadres de la police de Témara. Abderrahmane El Badraoui avait été accusé, dès 1998, « d'usurpation de fonction ». Après avoir présenté des documents officiels prouvant qu'il était bel et bien journaliste, les poursuites contre le fondateur de l'hebdomadaire Al-Moulahid Assiyassi avaient cessé. Malgré son acquittement devant la cour d'appel de Rabat, il a été de nouveau inculpé du même motif en janvier 2002. Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme, sa peine a été réduite, en appel, à quatre ans.

Abderrahmane El Badraoui a été jugé deux fois pour les mêmes motifs. Son incarcération est donc le résultat d'une erreur judiciaire. C'est pourquoi Reporters sans frontières réitère sa demande de libération immédiate et inconditionnelle d'Abderrahmane El Badraoui.

Confiant de l'intérêt que vous voudrez bien porter à notre requête, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma haute considération.

Robert Ménard

Secrétaire général


31 octobre 2005

 

À la veille de la commémoration du 51e anniversaire du 1er Novembre

«EXIGER LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DE BENCHICOU»

 

Au moment où le peuple algérien commémore le 51e anniversaire du déclenchement de la lutte de Libération, un des dignes héritiers de l’Algérie révolutionnaire continue de souffrir en prison.

 

En effet, la décision de jeter Mohamed Benchicou en prison se voulait à l’origine un acte de revanche et de normalisation. Par l’emprisonnement du directeur du Matin, le pouvoir entendait châtier ceux qui s’étaient opposés à la reconduction de Bouteflika, et du même coup inaugurer le cycle de mise au pas de contre-pouvoirs, cycle qui devait aboutir à la confiscation de libertés arrachées au prix de lourds sacrifices consentis par des générations d’Algériens depuis novembre 1954 : liberté d’expression, liberté de pensée, de regroupement, pluralisme... autant de droits permis par l’indépendance et consolidés par les luttes populaires ultérieures - printemps berbère, octobre 88, résistance au terrorisme intégriste et printemps noir 2001.
À l’heure où le peuple algérien célèbre le 51e anniversaire du déclenchement de la lutte pour l’indépendance, il n’est pas inutile de rappeler que le combat pour la dignité et la liberté n’est pas fini et que le calvaire de Mohamed Benhicou n’en est qu’un des douloureux épisodes.
Aujourd’hui, après 17 mois d’incarcération, le maintien de Mohamed Benchicou en prison devient, au-delà de ce qui a précédé, une décision politique lourde de sens. En gardant en prison un journaliste libre, démocrate connu par son engagement en faveur d’une Algérie des citoyens, affranchie autant du régime policier que du spectre de l’intégrisme, les dirigeants algériens délivrent un avertissement fort à tous ceux syndicalistes, étudiants, chômeurs, militants politiques... qui seraient tentés de s’opposer à la mortelle connivence entre clans maffieux au pouvoir et intégrisme présentement à l’œuvre : c’est le glaive qui s’abattrait sur leur tête.
Les forces démocratiques et citoyennes, la presse libre, victimes et familles de victimes du terrorisme... sont ainsi invitées à se taire et à “laisser faire”, à réaliser que la même main généreusement tendue à des individus convaincus tout de même de crimes n’hésiterait pas à les frapper, et que l’heure de briser les partisans de l’Algérie libre et démocratique a sonné.
C’est tellement vrai que Mohamed Benchicou, de surcroît malade, est maintenu en captivité au moment même où l’on annonce la libération de milliers d’islamistes reconnus comme criminels et condamnés par la justice en tant que tels.
Conscient des enjeux qui dépassent sa personne, le journaliste résiste. Avec courage, il fait face autant aux souffrances physiques qu’aux affres de l’arbitraire qui l’accablent. Cependant, sa délivrance est l’affaire de tous les algériens libres.
Le Comité Benchicou pour les libertés en appelle aux démocrates quelles que soient leurs différences politiques ou partisanes, aux authentiques héritiers de novembre d’exiger la libération immédiate de Mohamed Benchicou.


30 octobre 2005

ALGERIA

Grave concern for the health of journalist Mohammed Benchicou

 

The Writers in Prison Committee of International PEN is gravely concerned for the health of Algerian journalist Mohammed Benchicou who is reported to be seriously ill in El-Harrach prison.According to PEN's information, Benchicou is suffering from cervical arthritis and is completely paralysed on his right side.  He has great difficulty moving around and spends most of his time lying down.  Benchicou's wife and his lawyers have been calling for him to receive appropriate medical treatment since May 2005 and have recently asked officials at El-Harrach prison to arrange for him to be seen by a doctor but to date their appeals have been ignored and Benchicou is not receiving the medical attention that he urgently needs.Benchicou, director of the private daily newspaper Le Matin, received a two-year prison sentence on 14 June 2004 after being found guilty of currency exchange violations but it is believed that the charge may have been used by the Algerian authorities as a pretext to silence the newspaper in the run up to the presidential election. The two-year sentence was confirmed at an appeal hearing on 11 August 2004. On 20 April 2005 Benchicou's prison term was increased by five months after he received two separate sentences of three months and twomonths in relation to two separate charges of libel following reports which appeared in Le Matin.  The three-month sentence was handed down to Benchicou and journalists Yussef Rezzoug and Yasmine Ferroukhi for libelling Minister for Energy and Mines, Chakib Khelil, in reports that accused the authorities of using the state oil company Sonatrach to buy luxury apartments for the president's relatives and friends. The two-month prison sentencing of Benchicou and journalists
Abla Cherif and Hassane Zerrouky stemmed from a series of reports published in Le Matin that implicated businessman Mohamed Ali Shoraffa (a friend of President Abdelaziz Bouteflika) in embezzlement. According to reports received by PEN, Benchicou also has approximately 50 other cases pending against him.
International PEN is deeply concerned that prison terms are being used by the Algerian government to stifle media criticism of government officials and calls for a fair and open review of Benchicou's case. In addition, PEN calls for the two prison sentences of two months and three months respectively handed down to Benchicou be quashed and for the journalist to receive adequate medical care as a matter of urgency.

 

Please send appeals:

·       Expressing deep concern at the apparent political nature of the prosecution and sentencing of Mohammed Benchciou to a two-year prison term for currency exchange violations and calling for a fair and open review of his case.
·       Protesting the two-month and three-month prison sentences handed down to Benchicou on 20 April 2005 for libel and calling for these sentences to be quashed in accordance with Article 19 of the International Covenant of Civil and Political Rights (ICCPR) to which Algeria is a signatory.
·       Urging the Algerian authorities to ensure that Mohammed Benchicou receives adequate medical care as a matter of urgency.Appeals to:


President Abdelaziz Bouteflika
Algiers
Algeria
Fax: +213 21 686480
Email: president@el-mouradia.dz

M. Tayeb Belaiz
Minister of Justice
Ministry of Justice
8 Place Bir Hakem
16030 El Biar
Algiers
Algeria
Fax: +213 21 921701

 


 

For further details contact Sara Birch at the Writers in Prison
Committee
London Office: 9-10 Charterhouse Buildings, London EC1M 7AT UK Tel: +
44 (0)
20 72 53 32 26 Fax: + 44 (0) 20 72 53 57 11 e-mail: sbirch@wipcpen.org


 17 novembre 2005

DÉCLARATION FINALE

 

Le Syndicat National des Journalistes a organisé dimanche 30 octobre 2005 à l’hôtel Sheraton Club des Pins Alger, en collaboration avec la FKA et avec l’appui du Centre Maghrébin de la Fédération Internationale des Journalistes, un atelier portant sur le thème « la bonne gouvernance et le rôle des médias ».

Ont pris part aux travaux outre les membres du SNJ venus d’une dizaine de wilayas, ainsi que les membres de la FKA du bureau d’Alger, une délégation de haut rang. Notamment des membres du gouvernement allemand ainsi que des membres de la direction nationale de la CDU (Union Démocratique Chrétienne, nouveau parti majoritaire en Allemagne). Des universitaires et des experts en matière de communication et des spécialistes de la bonne gouvernance ainsi qu’une soixantaine de journalistes ont également été présents aux débats.

Les participant à cet atelier notent l’intérêt accordé au thème de la bonne gouvernance et du rôle des medias dans la société. Il a été relevé que la notion de la bonne gouvernance n’est pas un effet de mode, elle signifie plutôt un développement global, c'est-à-dire le développement économique, le développement des institutions politiques et le développement de la culture. Les medias et la technologie peuvent accélérer ce processus. Les participants ont mis l’accent sur les acquis dans le domaine de la liberté de la presse mais ont relevé également les blocages et les pressions multiples qui freinent son élan dans cette perspective.

Face à la mondialisation, la seule alternative consiste à consolider les acquis en matière de liberté de la presse en favorisant la transparence dans tous les domaines de la vie publique.

Pour éviter les pressions d’ordre administratif et financier, il est urgent de définir l’aide de l’Etat et de la collectivité afin que les medias assurent un service public dans l’intérêt général.

Il a été noté à ce propos la nécessité d’intégrer les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) dans un processus de développement culturel pour que ces moyens de communication moderne (médiathèques, cybercafés,…) ne soient pas utilisés uniquement dans un but purement commercial.

Face à ces défis, il est non seulement utile d’adopter des lois modernes et d’intégrer les nouvelles technologies, mais il est vital que l’institution scolaire participe à la vulgarisation du développement politique et technologique.

Les participants considèrent à ce titre que l’introduction de technologies de l’information dans les processus complexes de gouvernance doit être accompagnée par un réel processus de changement démocratique qui doit ouvrir en grand les portes de la participation citoyenne à l’ensemble des Algériens.

Par ailleurs les participants expriment la conviction que le développement d’une presse libre indépendante et moderne est une condition sine qua non pour une bonne gouvernance dans ce sens aucune illusion technologique ou technocratique ne peut être une alternative à une réelle démocratisation de la société.

Les professionnels de l’information ont insisté aussi sur la nécessite de prévoir des mécanismes pour garantir le droit à l’information consacré par la loi d’avril 1990 et le décret du 04 juillet 1988.

A la veille du 2éme sommet mondial sur la société de l’information, qui doit se tenir à Tunis, les participants ont estimé qu’on ne peut parler de bonne gouvernance et du rôle des médias tant que des journalistes sont emprisonnés pour leurs opinions politiques.

Les participants lancent un appel pressant aux autorités concernées afin d’abroger les dispositions répressives introduites aux code pénal en vigueur.


 

Nadir Benseba

 

Coordinateur chargé des programmes

au Centre Maghrébin d'Alger de la

Fédération internationale des Journalistes

 

+21321673661

+21361213225


26 octobre 2005

 MOBILISATION DE REPORTERS SANS FRONTIÈRES DEVANT L'AMBASSADE D'ALGÉRIE À PARIS À L'OCCASION DU 500e JOUR DE DÉTENSION DU JOURNALISTE MOHAMED BENCHIOU

 

«LIBÉREZ BENCHICOU!»

 

Le 26 octobre 2005, 500e jour de détention du journaliste algérien et directeur du quotidien Le Matin, Mohamed Benchicou, une vingtaine de militants de Reporters sans frontières ont déployé des banderoles et distribué des tracts, devant l'ambassade d'Algérie à Paris. Les membres de l'organisation ont notamment attaché sur les grilles entourant l'ambassade, des ballons aux couleurs de l'Algérie auxquels étaient accrochés des sacs de pharmacie, remplis de boîtes de médicaments, en signe de soutien au journaliste gravement malade depuis quelques mois.

"Cela fait déjà 500 jours que Mohamed Benchicou est en prison. Nous réitérons, une fois de plus, notre demande de remise en liberté du journaliste et sommes indignés par le comportement des autorités algériennes qui s'obstinent et poursuivent leur harcèlement à son égard. Nous sommes également préoccupés par la santé de  Mohamed Benchicou qui s'est gravement détériorée ces derniers mois. Le journaliste risque la paralysie s'il ne reçoit pas au plus tôt un traitement adéquat. Le gouvernement algérien est responsable de son état et doit impérativement le libérer au plus vite," a déclaré Reporters sans frontières.

L'organisation devait également remettre à l'ambassadeur d'Algérie un courrier demandant officiellement la libération immédiate du journaliste.

"Nous insistons aujourd'hui pour que les autorités algériennes cessent le harcèlement à l'égard du journaliste et qu'elles le libèrent au plus vite.  Détenu depuis le 14 juin 2004, Mohamed Benchicou, a payé beaucoup trop cher le prix de sa liberté d'expression," a écrit Reporters sans frontières.

Rappel des faits

Mohamed Benchicou est au coeur d'une véritable saga judiciaire. Il fait l'objet de multiples plaintes en diffamation et purge, depuis le 14 juin 2004, une peine de deux ans de prison ferme. Lors de l'élection présidentielle d'avril 2004, Le Matin avait fait campagne contre le président-candidat Bouteflika. Le quotidien est suspendu depuis le 23 juillet 2004. Le journaliste avait par ailleurs publié en février 2004 un livre intitulé « Bouteflika, une imposture algérienne ».

 


26 octobre 2005

ALGERIA

Reporters Without Borders activists protest outside Algerian embassy on newspaper editor's 500th day in prison

 

Unfurling banners and handing out leaflets, a score of Reporters Without Borders activists demonstrated outside the Algerian embassy in Paris today to mark Algerian newspaper editor Mohamed Benchicou's 500th day in prison. Balloons in the colours of the Algerian flag were tied to the embassy railings with small bags of medicines attached in an additional gesture of support for Benchicou, who has been seriously ill for several months. The Algerian cartoonist Dilem drew a cartoon for the occasion.

"Mohamed Benchicou has now been in prison for 500 days," Reporters Without Borders said. "We reiterate our request for his release and we voice our outrage at the obstinacy of the Algerian authorities in continuing to hound him. We are very worried about his health, which has declined sharply in recent months. He risks being paralysed if he does not get proper treatment soon. The Algerian government is responsible for his condition and must free him at once."

The press freedom organisation also tried to hand in a letter to the Algerian ambassador formally requesting Benchicou's immediate release.

"We insist today that the Algerian authorities stop harassing this journalist and free him at once," the letter said, adding, "Mohamed Benchicou has been detained since 14 June 2004 and has already paid too high a price for his right to free expression."

The editor of the daily Le Matin, Benchicou has been the target of many libel actions in recent years and is serving a 30-month prison sentence. His newspaper opposed President Bouteflika during his campaign for re-election in April 2004 and has been banned since 23 July 2004. Benchicou is also the author of a book entitled "Bouteflika, an Algerian impostor," that was published in February 2004.

 

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Christine Leduc-Poumarède
Responsable presse et parrainage
Email :
presse@rsf.org
Tél. : (33)1 44 83 84 72
Secrétariat international
5, rue Geoffroy-Marie
75 009 Paris
France
Fax : (33) 1 45 23 11 51

Le jeudi 17 novembre 2005, Reporters sans frontières appelle à la solidarité  avec les journalistes emprisonnés et publie un nouvel album de photographies consacré à Jean-Philippe Charbonnier.
Pour soutenir l'organisation, vous pouvez aussi acheter :
- des badges Jean-Charles de Castelbajac en écrivant à
secretariat@rsf.org
- le sac à dos photo dans les boutiques Camara et en ligne
http://www.camara.fr

"N'attendez pas qu'on vous prive de l'information pour la défendre"

Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c'est-à-dire le droit d'informer et d'être informé, conformément à l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Reporters sans frontières compte huit sections nationales (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Suède et Suisse), des représentations à Abidjan, Bangkok, Montréal, Moscou, New York, Tokyo et Washington. 


26 octobre 2005

 

Le 26 octobre 2005, Mohamed Benchicou, directeur du Matin, aura passé 500 jours à la prison d’El-Harrach. Privé de sa liberté, attaqué dans son honneur, il se voit à présent privé de soins médicaux adéquats. A cette occasion, le Comité Benchicou pour les libertés tient à attirer l’attention sur son état de santé qui ne cesse de se dégrader en l’absence d’une prise en charge médicale sérieuse et de soins médicaux appropriés.
Il souhaite plus précisément informer l’opinion qu’aucun soin spécifique n’est prodigué au journaliste, malade, depuis son incarcération le 14 juin 2004. En dehors d’un EGM (électromyogramme), effectué en juin 2005 soit une année après sa mise en détention, M. Benchicou n’a été soumis à aucune autre investigation médicale pouvant déterminer la nature exacte de la maladie et sa progression. Les résultats de l’EGM sont d’ailleurs, à ce jour, inconnus du concerné lui-même. En conséquence et pour éviter toute polémique inutile, le Comité Benchicou pour les libertés demande instammant :
- La communication sans délai des résultats des examens de l’EGM au concerné ainsi qu’à sa famille, par voie de document médical dûment visé par une autorité médicale.
- Un bilan médical comportant en priorité l’avis d’un médecin spécialiste, seul habilité à poser un diagnostic précis et à décider du traitement à suivre pour le malade et de son hospitalisation le cas échéant. Le Comité Benchicou pour les libertés tient à rappeler que le directeur du Matin est placé sous la responsabilité de la justice et met en garde contre toute négligence pouvant aggraver son état de santé. Par ailleurs, le Comité Benchicou pour les libertés saisit cette occasion, pour affirmer à l’adresse des Algériennes et des Algériens encore attachés à l’idéal de liberté et à leur dignité que les longs mois de privation, d’isolement et de tentative vaine de banaliser son “cas” pour mieux faire entrer dans les mœurs algériennes l’emprisonnement des journalistes, poursuivis aujourd’hui comme des délinquants, n’ont en rien entamé la volonté de Mohamed Benchicou. En qualité de journaliste, Benchicou inscrit justement son combat pour la liberté de la presse dans le cadre plus large de la lutte des Algériens pour la conquête des droits et libertés citoyennes. La prison n’a fait que raffermir davantage ses convictions d’homme libre.


 

19 octobre 2005

 

Chers correspondants (es),
Aujourd'hui mercredi 19 octobre, Mohamed Benchicou, journaliste et directeur du quotidien Le Matin, incarcéré depuis le 14 juin 2004, a comparu devant le tribunal d'Alger pour 7 procès pour délit de presse.Cinq de ces affaires ont été de nouveau renvoyées, parmi lesquelles celle l'opposant au ministre de l'énergie. Il faut savoir que ce dernier procés a été renvoyé à plusieurs reprises et cela depuis le 21 décembre 2004, officiellement en raison de l'absence du ministre qui a fait savoir qu'il tenait à y être présent. On remarquera la facilité avec laquelle la justice se plie à la volonté d'un ministre. En réalité, le report incessant de cette affaire et la complaisance de la justice envers ce ministre, bien décidé lui aussi à prendre sa part au harcelement moral et juridique à l'endroit de Mohamed Benchicou,   constituent un nouvel exemple d'arbitraire et d'abus judiciaire. Je vous rappelle que depuis son incarcération le 14 juin 2004,  Mohamed Benchicou a été extrait 30 fois de sa cellule alors que son état de santé continue à se dégrader faute de prise en charge médicale adéquate.

Collectif pour la Liberté de la Presse en Algérie

Fatiha Benchicou


 

15 octobre 2005

 Mise au point de l’épouse de Mohamed  Benchicou au procureur près de la cour d’El Harrach paru dans El watan du 15 octobre

 

 

Suite à la publication par votre quotidien d’une mise au point du procureur du parquet d’Alger faisant référence à un article intitulé « j’ai vu Mohamed Benchicou en prison », publié dans votre édition du 11 octobre, je tiens à apporter les précisions suivantes à vos lecteurs et au procureur, sans doute mal informé.

Contrairement aux affirmations de ce dernier, l’état de santé général de mon époux, Mohamed Benchicou, n’est pas bon : en témoigne le dossier médical déposé en appui à sa demande de liberté provisoire refusée en avril 2005. Depuis, loin de s’améliorer, son état s’est dégradé au point que les audiences au tribunal qui lui sont imposées chaque semaine sont devenues une véritable épreuve. Je confirme l’ensemble des informations rapportées par l’article de M. Lounes Saad au sujet de son état physique et tiens à redire qu’à ce jour Mohamed Benchicou ne bénéficie ni du traitement médical spécialisé, ni, encore moins, des séances de rééducation fonctionnelle, nécessités par son état de santé et réclamées en vain depuis 16 mois par sa famille, ses avocats et ses comités de soutien.

Le seul « traitement spécialisé » qui lui a été accordé aura été la visite sur le site de la prison, en mai 2005, d’un neurochirurgien démuni de tout matériel médical d’exploration, et une radiographie faite à l’hôpital de Ben Aknoun, le mois d’après, et dont les résultats n’ont pas été, à ce jour, communiqués à l’intéressé.

Malgré l’insistance du médecin de la prison et les demandes répétées de la famille, le détenu n’a été conduit à l’hôpital qu’une seule et unique fois alors que les autorités judiciaires l’ont conduit 29 fois au tribunal, l’obligeant, en dépit de ses souffrances physiques, à passer des journées entières dans les geôles situées au sous-sol du tribunal.

Par ailleurs, il n’a jamais été dans les propos de la famille de Mohamed Benchicou de remettre en question la bonne foi des structures médicales pénitentiaires qui ont fait de leur mieux mais qui se trouvent dans l’incapacité de  répondre à un traitement spécialisé.

Mohamed Benchicou souffre d’une maladie qui ne cesse d’évoluer fautes de soins, sa famille tiendra pour responsable les autorités judiciaires, s’il devait en découler des séquelles.

Mme Fatiha Benchicou

Paris, le 14 octobre 2005


11 octobre 2005

 

Please note that APFW is supporting the case of Mr. Benchicou and will keep pressure in order to get him released and his name cleared. Mr. Benchicou is a viction of a plot tailored by the government because of his brave standing for free and independent press.

To Mohammed Benchicou: Arab journalists and advocates of freedom of expression allover the Arab world are expressing their solidarity with you. They wish you all the best and they believe that you will come out victorious.

Support Benchicou. Support freedom of expression

Ibrahim Nawar

Executive Director

Arab Press Freedom Watch (APFW)

London


 

11 octobre 2005

 

Bonjour à toute l'équipe de Reporters Sans Frontières,

J'ai vu au JT de lundi soir le rassemblement de toute l'équipe de RSF devant l'ambassade de Cuba à Paris à l'occasion de la visite du ministre cubain des AE et pour exiger la libération des journalistes détenus par le régime de la Havane et je m'en suis réjouie!

A quand le même rassemblement devant l'ambassade d'Algérie? L'Algérie, à une heure d'avion de la France et où Mohamed Benchicou est détenu depuis 17 mois, où onze de ses confrères  sont condamnés à des peines de prison ferme et où les journalistes  subissent un harcèlement juridique quotidien et sont convoqués au tribunal tous les mardis?

Peut-être très bientôt? Dans l'attente, je vous adresse tous mes encouragements.

 


 10 octobre 2005

PRIX LOUISE MICHELLE

PROTESTATION

 

 

Chers amis et confrères de la presse algérienne,

Le Collectif pour la Liberté de la Presse en Algérie, et malgré tous les efforts déployés, n'a reussi à trouver ni l'adresse du "Centre d'études politiques et de sociétés" à Paris (!!!!) ni encore moins son site internet.

De ce fait, il n'a pas pu remettre cette lettre de protestaion adressée à sa présidente qui a remis à Alger le 29 septembre dernier le prix Louise Michel au président Bouteflika.

Le Collectif pour la Liberté de la Presse vous adresse donc cette lettre en pièce jointe pour information et publication.

En comptant sur vos bons soins, nous vous adressons nos salutations confraternelles.


 

A Mme Jeannette Brutelle-Duba

Présidente du Centre d’Etudes Politiques et de Société

 

Madame la Présidente,

 

Vous avez décerné le 29 septembre dernier le prix « Louise Michel » à Mr Abdelaziz Bouteflika, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire. Ce prix, qui porte le nom d’une combattante pour la liberté, est en principe attribué à une personnalité choisie pour ses « vertus de dialogue, de démocratie, de développement et de paix ».

Quelle vertu de dialogue anime Mr Bouteflika, lorsqu’il jette en prison Mohamed Benchicou, directeur du journal Le Matin, pour avoir écrit un ouvrage critique sur sa personne ? Quelle vertu de démocratie l’anime alors que onze journalistes sont eux aussi, dans une parodie de justice, condamnés à des peines de prison ferme pour délit de presse ?

Il nous eut semblé naturel qu’en Algérie, le nom de la combattante pour la liberté que fut Louise Michel fût associé à l’un des animateurs du mouvement citoyen qui vise à la reconnaissance des droits sociaux, économiques, linguistiques et culturels du peuple algérien, à une femme en lutte contre des lois discriminatoires, peut-être à un syndicaliste, ou encore à l’un des journalistes qui osent leur donner la parole et dénoncer la répression qui les frappe. Mais vous avez choisi celui qui organise la répression de toute contestation populaire et le harcèlement judiciaire contre la presse.

La remise d’un prix et l’usurpation de la mémoire de Louise Michel ne changeront rien à l’unanime condamnation, par les forces démocratiques d’Algérie et du monde, de la politique liberticide de Mr Bouteflika.

Nous vous prions de recevoir, Madame la Présidente, l’expression de notre profonde commisération.

Collectif pour la Liberté de la Presse en Algérie


 04 octobre 2005

 Recommandation  du premier ministre, Ahmed Ouyahia  aux ambassadeurs d'Algérie nouvellement accrédités : « Ne vous laissez pas tétaniser par l'affaire Benchicou. »

 

«Qu'on ne vous tétanise pas avec l'affaire de M. Benchicou » s'est écrié Le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia aux   nouveaux ambassadeurs, consuls généraux et consuls d'Algérie, réunis il y a quelques jours pour un séminaire d'orientation. Invitant les diplomates à être plus « offensifs », M. Ouyahia a poursuivi « Il est journaliste de son état mais c'est un citoyen qui a eu à rendre des comptes à la justice pour des faits différents». (Rapporté par le quotidien d'Oran dans son édition du 2 octobre.)

 En revanche, moins d'un mois auparavant, M. Ouyahia réunissant les directeurs de journaux « s'était montré désolé. Vraiment désolé que l'on en arrive à emprisonner un journaliste. » rapportait l'Expression sous la plume de son directeur, qui commentait ainsi : «Le ton de sa réponse, sa gestuelle, mais aussi la sémantique qui caractérisera ses propos prouve que ce chef de gouvernement n'est pas un «glaçon», comme certains aiment à le décrire. Lapidaire, il a dit : «Je ne souhaite la prison à personne...» (L'Expression du 7 septembre 2005.)

Pour sa part, le quotidien d'Oran rapportait le même jour, « Interrogé sur le cas Benchicou, il a indiqué qu'il ne souhaiterait pas la prison à son pire ennemi, comme pour signifier que le dossier n'était pas de son ressort ou qu'il n'était pas opportun d'en parler dans une première rencontre aussi informelle que celle d'hier. »

Sans commentaire....


Edition du : 2 / 10 / 2005
Tentative de dissolution du quotidien “le Matin”
Les associés majoritaires précisent

Par Liberte Rédaction

 

Dans une lettre parue dans la presse algérienne, le lundi 22 septembre, M. Fodil Mezali, associé dans la société éditrice du Matin, nie tout mobile politique dans la tentative de dissolution de ladite société, décidée par une pseudo-assemblée générale tenue à la sauvette le 10 août 2005, en l’absence des associés majoritaires, délibérément tenus à l’écart, et du directeur-gérant légitime Mohamed Benchicou, emprisonné depuis 16 mois pour ses écrits.
En contestant le caractère politique des sanctions frappant Le Matin, l’intervention de cet associé, la deuxième du genre en un mois, procède d’une volonté manifeste d’abuser l’opinion et de justifier l’arbitraire. Ce faisant, son auteur rejoint le camp des liquidateurs du Matin. Pour mieux “dépolitiser” l’affaire du Matin, M. F. Mezali fait étalage dans sa lettre d’une terminologie prétendument commerciale et juridique et avance des arguments techniques supposés être neutres ; insidieusement, il tente de laisser croire au lecteur qu’il représente la majorité des membres de l’entreprise, qu’il agit et parle en qualité de porte-parole de ses membres.
En réalité, cet associé minoritaire, qui depuis des années n’exerce aucune responsabilité rédactionnelle dans le journal Le Matin, ni charges de gestion dans la société éditrice, ne représente que lui-même. Les déclarations concernant l’avenir de la Sarl Le Matin n’engagent que sa personne. D’un simple point de vue réglementaire, aussi bien cette AG que les décisions arrêtées au cours de celle-ci sont nulles et non avenues car illégales.
Les associés majoritaires ont opposé à temps et dès le 17 août toutes les réserves légales auprès de la justice et du mandataire qui se dit désigné par elle, aux fins d’annuler la pseudo AG du 10 août et de surseoir à la dissolution du journal que rien ne justifie, pas même les chiffres faux et exagérés de Fodil Mezali.
Pour l’heure, nos priorités et nos efforts sont orientés vers la libération de Mohamed Benchicou, injustement emprisonné, et qui paye le prix des choix éditoriaux du Matin. La relance du Matin interviendra en son temps. Se précipiter aujourd’hui avec un zèle douteux à prononcer la dissolution de la Sarl Le Matin, c’est se faire complice du meurtre programmé d’un journal républicain à l’heure où la République a besoin de ses atouts.

Les associés majoritaires Ghania Hammadou, Malika Touazi, Fatiha Benchicou  pour Mohamed Benchicou


 

 30 septembre 2005

 

MDS siège central 67, Boulevard Krim Belkacem - Alger -Tél. : 021 63 86 05 / 021 63 86 03 Tel/Fax : 021 63 89 12

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Après le rejet du référendum

le rejet des résultats

 

Dans le prolongement d’une campagne unilatérale en faveur du oui et placée sous le signe de la mascarade et de la persécution des forces démocratiques le pouvoir vient de dénier avec insolence l’abstention massive lors du référendum du 29 septembre. Le MDS rejette avec force les résultats proclamés et qui ne correspondent en rien à l’observation que tous les citoyens ont pu faire du déroulement du scrutin aussi bien en ce qui concerne l’affluence que les catégories qui ont voté, avec la désaffection remarquable de la jeunesse. Il exige son annulation et appelle la société à ne pas reconnaître une opération référendaire bâtie sur la répression, la fraude et la manipulation des chiffres comme le pouvoir nous en a habitué dans des domaines aussi divers que le taux du chômage ou les résultats du baccalauréat.

Les fonctionnaires ont été enrôlés de force dans la fraude depuis leur réquisition dans la campagne pour remplir les salles des partisans du oui et les observateurs ont été empêchés d’assister au dépouillement et au contrôle du taux de participation devenu le principal enjeu pour un pouvoir despotique en défaut de légitimité. L’échec des tentatives de donner une image de liesse populaire à l’issue du scrutin vient démentir avec fracas ce qu’il présente comme une adhésion quasi unanime de la société. Le résultat est le parfait reflet de la campagne à savoir un mensonge et le peuple algérien vient de démontrer que l’on ne détournera pas son aspiration à la paix. Ce référendum a consacré la réconciliation entre le système rentier et l’islamisme assassin, et par là même, le divorce de l’Etat d’avec la société et les forces démocratiques.

Le pouvoir qui voudrait accréditer son résultat national en reconnaissant la réalité du boycott massif en Kabylie tente par la même occasion de singulariser la région et la couper du reste de la nation. En réalité le taux de participation en Kabylie reflète parfaitement le véritable taux de participation national qui se réduit de plus en plus aux cercles de clientèles du système. Le pouvoir s’éloigne définitivement des algériens et du monde démocratique. C’est en jonction avec la société qui a remarquablement répondu à leur appel et autour de la dénonciation des résultats et de la défense des libertés que les partisans du boycott doivent maintenant s’atteler à consacrer l’isolement définitif du pouvoir et ouvrir la voie à une alternative démocratique.

Alger, le 30 septembre 2005

Le Bureau National


30 septembre 2005

 

Après le référendum en Algérie, des questions essentielles restent entières

 

La victoire du Oui au référendum algérien dit de « réconciliation »  nationale exprime, dans le contexte actuel, la profonde aspiration du peuple algérien à en finir avec une période noire marquée par le terrorisme, les massacres des groupes islamiques armés, la violence, l'état d'urgence, l'insécurité afin de pouvoir enfin vivre dignement et construire un avenir.

 

Après plus de dix années d'une tragédie qui a martyrisé l'Algérie et son peuple, en faisant 150 000 morts ou plus, ce référendum apporte-t-il en soi la paix et ouvrira-t-il une nouvelle période de l'histoire algérienne ? Des questions essentielles sont  posées.

 

Les démocrates et les forces de gauche soulignent que l'exigence de vérité et de justice reste entière. La Charte présidentielle qui prévoit l'extinction des poursuites judiciaires sur nombre d'individus, y compris ceux appartenant à des forces de sécurité, impliqués dans des activités armées ou des crimes, peut-elle, en effet, conduire à une paix civile et à une «  réconciliation » véritable ? On comprend que pour les familles de victimes du terrorisme, les familles de milliers de disparus, la page ne peut pas être tournée ainsi, et, de cette façon, consacrer l'impunité.

 

Tandis que des responsables islamistes ont prêché pour le Oui, les forces de l'opposition ont  appelé au boycott ou bien au vote Non. Mais celles-ci, quand elles n'ont pas été réprimées -  n'ont pu se faire entendre dans des médias monopolisés par les voix officielles et dans le cadre d'une campagne sans débat contradictoire, alors que la pression et les menaces sur les journalistes et sur la presse indépendante sont permanentes.

 

Il s'agit, selon nous, pour l'Algérie de trouver la voie d'un Etat de droit où la loi, les garanties individuelles et la justice sont les mêmes pour tous. Ainsi pourrait se constituer dans la stabilité le cadre du progrès économique et social et de la satisfaction des besoins populaires les plus urgents.

 

Les Communistes français, fidèles à leur solidarité avec les luttes du peuple algérien, réaffirment leur soutien à tous les démocrates qui, dans leur diversité, rejettent l'intégrisme et agissent pour une Algérie de libertés, républicaine, pluraliste et démocratique.


 29 septembre 2005

MÉMOIRE TRAHIE

 

Le Président de la République M. Abdelaziz Bouteflika  vient d'être distingué par le "prix Louise Michel", décerné par le Centre d'études  politiques et de sociétés de Paris. Ce prix est attribué chaque année à une personnalité de haut rang pour "les vertus de dialogue, de démocratie, de développement et de paix". Il sera remis au Chef de l'Etat aujourd'hui par la présidente du centre Mme Jeannette Burtelle-Duba  au cours d'une cérémonie au Palais du Peuple. Les précédents récipiendaires ont été les Présidents Jacques Chirac et  Hosni Moubarak, l'ancien Premier ministre espagnol M. Felipe Gonzales, l'ancienne  présidente du Parlement européen Mme Simone Veil et le célèbre océanographe  le commandant Cousteau.


 

29 septembre 2005

Message de condoléances

 

La CNT tient à exprimer ses plus sincères condoléances aux proches de notre camarade Yahiaoui Toumi, disparu dans ces circonstances tragiques. Nous dénonçons par ce message de tristesse et de deuil les formes odieuses qu'ont prises les pressions anti-syndicales et les violences perpétrées à l'encontre de Yahiaoui Toumi. Les personnes qui portent la responsabilité de sa mort devront, devant les travailleurs, répondre de leurs actes indignes.

Solidarité International des Travailleurs

Dragi Karevski
CNT Secrétariat International


Monsieur Yahiaoui Toumi âgé de 51 ans , Conseiller au Syndicat Autonome des Personnels de l'Administration Publique (SNAPAP), résidant à Hadjout, wilaya de Tipaza, s'est suicidé la semaine dernière suite aux intimidations et aux harcèlements dont il faisait l'objet de la part de la police de la commune de résidence. Le dernier incident a été la goutte d'eau qui a fait le vase de l'amertume et du désespoir. En effet, il était en compagnie de sa femme et de ses filles lorsque des éléments des services de sûreté l'on frappé et injurié de manière obscène, ceci après avoir placé sous mandat de dêpot le fils de Monsieur Yahiaoui qui tentait de défendre son père. Au service militaire, le fils de Monsieur Yahiaoui était en permission au moment des faits.

Liste-syndicat mailing list
Liste-syndicat@cnt-f.org
https://listes.globenet.org/listinfo/liste-syndicat 


Edition du : 24 / 9 / 2005
BENCHICOU SALUE LES MILITANTS DES DROITS DE L’HOMME

Me Benarbia : “Il ne veut pas de l’amnistie”

Par Radar Rubrique

 

Le représentant du comité pour la libération de Mohamed Benchicou, condamné à 2 ans de prison, a informé les congressistes de la LADDH que le directeur  du Matin se porte bien est qu’il l’a chargé de transmettre son “salut militant.”  Me  Benarbia, également avocat de la défense de Benchicou, a indiqué qu’à travers le cas de son client, “le pouvoir a réglé son problème avec la presse algérienne.”  Il a également souligné que l’auteur de "Bouteflika, une imposture algérienne" ne veut pas être mêlé à “cette espèce de réconciliation”, via la charte pour la paix et la réconciliation nationale.
“Il ne veut être ni gracié, ni amnistié, ni être l’alibi d’une certaine réconciliation nationale”, a soutenu Me Benarbia. 


20 septembre 2005

 

De même que les propos des dirigeants politiques algériens, confessant, après 16 mois d'incarcération injuste, que Mohamed Benchicou, directeur du Matin et auteur de Bouteflika : une imposture algérienne, est un détenu d'opinion, les derniers reports des procès du journaliste, décidés dans la précipitation, traduisent aussi, en ces moments précis, le malaise du pouvoir devant sa détention scandaleuse à la prison d'El- Harrach.
Aussi et sauf à considérer l’acte d'écrire et d'informer, d'exprimer son opinion et de défendre le pluralisme comme un crime impardonnable, un crime contre l'humanité, est-il essentiel, à cette étape de rappeler.

1- Que Mohamed Benchicou est un intellectuel et un journaliste à la tête d'un quotidien partisan de l'expression plurielle et respectueux du nécessaire débat contradictoire, participant à la construction d'une société moderne, d'une République citoyenne et d'un Etat de droit véritable.

2- Que Mohamed Benchicou est un détenu d'opinion et que ce statut lui est désormais reconnu par des officiels algériens. L'opinion politique aura compris et s'explique l'embarras du pouvoir algérien qui s'enferme dans ses contradictions en persistant à harceler judiciairement et à prolonger la détention, pour ses seuls écrits, d'un journaliste engagé dans le combat républicain, citoyen et anti-terroriste, à l'heure où il est question d'amnistier et de libérer les terroristes et les chefs terroristes qui ont revendiqué et commandité le meurtre de dizaines de milliers d'Algériens entre civils, policiers et soldats de l'Armée nationale populaire. Pourtant, il ne tient qu'aux dirigeants politiques qui ont pris en otage et séquestré Mohamed Benchicou au prix d'une machination politico-policière et financière honteuse, avant d'ordonner la liquidation du Matin, de sortir de cet embarras en mettant un terme à cette injustice par sa libération immédiate et sans condition, garantie de l'ouverture d'un large débat citoyen sur les libertés en Algérie, nécessaire à la démocratisation de la vie publique. Par conséquent, le Comité Benchicou pour les libertés, réitère l’exigence de libérer sans condition et sans délai Mohamed Benchicou, prisonnier d'opinion, rejetant tout amalgame avec un justiciable qui aurait un crime à payer.


17 septembre 2005

 

Le Comité Benchicou pour les libertés informe l’ensemble de ses membres de la reprise de ses activités, après la période des congés, au lieu et jours habituels. Une réunion se tiendra à la maison de la presse Tahar Djaout, le dimanche 18 septembre 2005 à 14h. Tous les membres du comité y sont conviés.


 

MAROC

Association Avèrroés de Goulmima

TIZI N-IMNAYEN (Goulmima), le 10 septembre 2005

COMMUNIQUÉ

 

Moi, Addi  LIHI, Président  de  l'association  Avèrroés à Goulmima, membre  du  bureau exécutif de la coordination Amyafa, membre du  Conseil  Fédéral du Congrès Mondial Amazigh  ( MCA)  et militant du Mouvement  amazigh,

  • Informe l'opinion publique nationale et internationale que, immédiatement après avoir reçu mon invitation du Bureau Mondial du CMA  et de l'association AMUSNAW de Tizi Ouzzou,  pour participer aux  travaux du Conseil Fédéral du CMA dont je suis membre (les 12et 13 novembre2005) ;j'ai déposé alors ma demande d'autorisation de quitter le territoire  national à la délégation du Ministère d'Education  National d'Errachidia. Cette établissement a reçu ma demande et l'a gardée  sans réaction aucune jusqu'à la dernière minute pour m'informer de son  incompétence et me conseille de m'adresser à l'académie  de  Meknes-Tafilalt à nouveau.
  • Considère que le traitement irresponsable réservé à ma demande et qui ressemble et rentre dans la même logique du traitement de la cause tamazighte en générale  , constitue une interdiction déguisée de quitter le territoire et une atteinte grave à mes droits civiques sans soubassement légal ;
  • Sais qu'au Maroc  les panarabistes ne bénéficient pas seulement d'autorisations mais, mieux, des  facilités et d'avantages dans leurs voyages  à Bagdad, à Damas, etc. Et que mon interdiction  est  liée  à  l'objectif et  à  l'endroit où  je me rends (participer au Conseil Fédéral du CMA  à  Tizi Ouzzou  en Algérie ) ;
  • Appelle les  associations et  les organisations des Droits Humains et toutes les organisations démocratiques de dénoncer ce nouvel abus de pouvoirs ;
  • Renouvelle et réitère mon engagement inconditionnel auprès du Mouvements Amazigh et des forces vives et démocratiques de ce pays jusqu'à la réalisation des nos revendications ;
  • Et souhaite  bon courage aux autres membres  du Conseil Fédéral du CMA et grand succès  à leurs travaux.

ADDI  LIHI 00 212  62 19 12 13

 


 

04 septembre 2005

 

Je vous informe qu'un stand pour la libération de Mohamed Benchicou sera tenu à la fête de l'Huma qui se tiendra le 9 /10 /11 septembre à la Courneuve. Venez-y nombreux.

Malgré tous nos efforts, la situation du journaliste reste inchangée : cela fait bientot 17 mois qu'il est incarcéré. Aussi, nous demandons à chaque personne se sentant comme nous outrée par cette injustice de nous aider à ébruiter cette affaire : quelqu'un de votre entourage est peut-être journaliste? Travaille-t-il à la télé ou à la radio? Peut-être connaissez-vous une personnalité pour laquelle l'accès aux médias est plus simple, et qui pourrait donc en parler?

Nous avons bien entendu tenter de faire appel à tous ces gens mais les pressions politiques et autres sont si fortes que malheureusement personne n'a rien pu faire. Si l'un d'entre vous pense à une solution qu'on aurait peut-être occultée, je le remercie d'avance de se manifester. Cette situation ne peut plus durer : il faut que le monde sache et que l'incarcération de M. Benchicou ne soit pas vaine!


 

 

       A l’occasion de la journée du 14 juin 2005, marquant une année de prison pour Mohamed Benchicou, journaliste et directeur du quotidien le Matin, de nombreuses activités sont prévues dans plusieurs villes d’Algérie et de France (Paris, Lille, Marseille, Besançon) ainsi que dans plusieurs capitales et villes étrangères (Bruxelles, Berlin, Montréal, Genève).

   - A Paris, un rassemblement est prévu le Mardi 14 juin à 18 heures devant L’ambassade d’Algérie à l’appel du Collectif pour la Liberté de la Presse et du journal l’Humanité.

A cette occasion, une délégation composée de personnalités ayant signé la pétition exigeant la libération des journalistes emprisonnés et l’arrêt du harcèlement judiciaire contre les journalistes sera remise à l’ambassadeur. Cette pétition avait recueilli la signature de nombreuses personnalités parmi lesquels des anciens résistants (les époux Aubrac),des militants de la cause algérienne 1954 - 1962 (Claude Vinci),les responsables de partis politiques (Marie George Buffet,Robert Hue,François Hollande, Laurent Fabius),des sénateurs et parlementaires  ,et par de grands noms de la littérature, du cinéma, de la culture. (Voir ci-joint liste des premiers signataires)

   - Le parti socialiste français, rendra publique une liste de signatures d’une pétition lancée à son initiative et exigeant l’arrêt du harcèlement des journalistes et la libération de ceux emprisonnés. Cette pétition, signée par notamment le numéro un de ce parti, François Hollande, sera remise au Président Bouteflika.

 

PROGRAMME DU RSF


 

 

 

Lors du dernier week-end, la porte d’entrée de la maison d’éditions Jean Picollec, qui se trouve de plain-pied sur la rue, a été brisée.

D’après les remarques de la police qui est venue constater les dégâts et d’après les commentaires des artisans qui sont venus les réparer, ce n’est pas un acte fortuit.

Pour aboutir à un tel résultat, il a fallu utiliser une masse.

L’éditeur ne se connaît aucun ennemi, d’une part, et aucune tentative de vol n’a été constatée et les autres vitrines n’ont pas été visées, d’autre part : la seule partie attaquée était couverte d’une grande affiche représentant le livre de Mohamed Benchicou, «Bouteflika : une imposture algérienne», publié par nos éditions.

Avec trois mentions en gras :

En effet, Mohamed Benchicou, patron du Matin d’Alger, a été condamné à deux ans de prison et incarcéré en Algérie.

Son éditeur est poursuivi en diffamation devant le Tribunal correctionnel de Paris (audience du 9 juillet 2005. 17e Chambre) où il sera défendu par Me Jean-Paul Chazal.

Cette agression s’inscrit dans les manœuvres d’intimidation, dirigées contre nos éditions qui ont osé publié le seul ouvrage qui met à nu sans complaisance la véritable personnalité du président algérien.

Quand on nous connaît, les voyous et les nervis qui ont fait le coup ne peuvent faire fléchir l’éditeur, pas plus que le pouvoir politique n’a brisé l’auteur en Algérie.

Pour plus d’informations, contacter :

Elisabeth Cazeaux

Jean Picollec Editeur

47, rue Auguste Lançon

75013 Paris

Tel : 01 45 89 73 04

Fax : 01 45 89 40 72

jean.picollec@noos.fr


 

30 mai 2005

Information de dernière minute

 

L'Éditeur du livre de Mohamed Benchicou «Bouteflika, une imposture algerienne», Jean Picollec , a eu ce lundi matin la désagréable surprise de trouver la devanture de son local, situé dans le 13 arrondissement de Paris, entièrement détruite. Des inconnus se sont attaqués au local pendant ce week-end pour... arracher l'affiche exposée  qui dénonçait l'emprisonnement arbitraire de M Benchicou.

Vous pouvez avoir  plus de détails en contactant Jean Picollec au 01 45 89 73 04


27 mai 2005

 APPEL À UN RASSEMBLEMENT

EN SOLIDARITÉ AVEC

MOHAMED BENCHICOU

 

Il y a un an, jour pour jour, le 14 juin 2004, Mohamed Benchicou, directeur du journal Le Matin, a été arrêté en plein tribunal et incarcéré à la prison d'El Harach.

Dénoncé par notre collectif comme le début du musellement de la presse, cet arbitraire a été amplement vérifié par l'interdiction du quotidien Le Matin, par 8 condamnations de journalistes à la prison ferme, 50 réquisitoires d'emprisonnement, 100 procès en attente, 200 plaintes, sans compter les tentatives d'asphyxie financière des journaux. A titre d'exemple, Le Soir d'Algérie est condamné à une amende de 300 000 euros.

Cet acharnement traduit la volonté du pouvoir d'anéantir la liberté de la presse ainsi que toutes les autres libertés conquises par le peuple algérien.

Face à cette répression, une résistance démocratique s'exprime tant en Algérie qu'à l'étranger. A ce jour, une pétition en ce sens lancée par notre collectif, a recueilli plus de 5000 signatures parmi lesquelles celles de personnalités du monde politique, intellectuel et culturel de différents pays. Une autre pétition, lancée par le journal L'Humanité, signée notamment par 350 personnalités, témoigne de l'universalité du combat pour la liberté de la presse tenue en otage en Algérie comme en Irak où Florence Aubenas et Hussein Hanoun sont victimes des atteintes au devoir d'informer.

 

 

Le Collectif pour la liberté de la presse appelle à

UN RASSEMBLEMENT, LE MARDI 14 JUIN

 

 À 18 HEURES DEVANT L'AMBASSADE D'ALGERIE

50, rue de LISBONNE Paris XIII   Métro Monceau ou Miromesnil