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01 mai 2005
Une peine de 12 mois de prison ferme a été
requise, hier, pour «outrage au président de la République»
à l’encontre de Kamel Amarni et de Fouad Boughanem, respectivement journaliste
politique et directeur de la publication du Soir d’Algérie. Le caricaturiste
Ali Dilem et l’ancien directeur de la publication de Liberté, Abrous
Outoudert, risquent quant à eux 6 mois d’emprisonnement ferme dans une
affaire qui les oppose au ministère de la Défense nationale. Lors
de l’audience tenue, hier, au niveau de la chambre des délits de presse
du tribunal de Sidi- M’hamed, le représentant du ministère public
a requis 12 mois de prison ferme contre Kamel Amarni, journaliste au quotidien
Le Soir d’Algérie.
Ce dernier est accusé d’avoir «porté atteinte à la
personne du président de la République» dans un article,
paru en décembre 2003, intitulé «Coup Etat». La défense,
représentée par Me Khaled Bourayou, a indiqué que l’article
en question ne comporte pas de «propos diffamatoires». «Cet
écrit, publié en période de précampagne électorale,
relate des faits liés à un candidat qui se trouve être également
président de la République», dira pour sa part Fouad Boughanem,
qui encourt, lui aussi, une peine de 12 mois de prison ferme. Le verdict sera
prononcé le 14 juin prochain. Il a également été
question de diffamation dans l’affaire opposant le caricaturiste Ali Dilem au
ministère de la Défense nationale. L’objet de la plainte est une
caricature réalisée au lendemain de la catastrophe de Bab-el-Oued.
La partie civile a estimé que ce dessin, qui montre deux citoyens commentant
la provenance des dons du téléthon organisé au profit des
victimes des inondations, portait atteinte à la réputation des
généraux et à l’institution militaire. «Faux»,
affirmeront les avocats de la défense, qui présenteront une tout
autre interprétation de cette caricature. Dans cette affaire, le représentant
du ministère public a requis 6 mois de prison ferme à l’encontre
de Ali Dilem et de Abrous Outoudert, qui comparaissait en qualité de
directeur de la publication de Libertéau moment des faits. Le verdict
de cette affaire est également attendu pour le 14 juin prochain. Dans
un tout autre procès, la journaliste d’ El Watan, Salima Tlemçani,
risque une amende de 20 000 dinars pour un article sur la CA.Bank paru le 5
juillet 2004. Les avocats de Omar Dechmi, P-DG de la CA Bank qui est actuellement
en prison, reprochent à la journaliste «d’avoir porté préjudice
grave» à cet établissement bancaire. «Nous demandons
la désignation d’un expert pour estimer le nombre de comptes clôturés
par les clients de la banque au lendemain de la parution de cet écrit»,
dira l’un d’eux. Des arguments qui seront battus en brèche par Me Khaled
Bourayou, avocat de la défense. Notons par ailleurs que la chambre des
délits de presse se prononcera prochainement sur la recevabilité
d’une affaire opposant le journaliste du Soir d’Algérie, Sofiane Aït
Iflis, au président du Haut- Conseil islamique (HCI), Hadj Bouamrane.
