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25 mai 2005
Le tribunal de Sidi-M’hamed a rendu, hier, sa décision concernant les poursuites engagées d’office par le ministère public à l’encontre de 3 journalistes de Liberté pour répondre de l’inculpation d’offenses au chef de l’État.
Farid Alilat est condamné par défaut à
une année d’emprisonnement ferme. Ali Dilem écope d’une amende
de 50 000 DA. Mustapha Hammouche bénéficie, quant à lui,
de la relaxe.
Ces décisions méritent un commentaire non pas pour leur clémence
toute relative, car il y a sanction pénale, mais par la perception que
nous espérons voir désormais soutenir le délit de presse.
Cette infraction devrait être observée et appréciée
avec tolérance et raison étant donné qu’elle se rapporte
à l’écrit, à la critique et à la caricature, fut-elle
corrosive ou mordante.
Contrairement au cycle infernal de la répression de ce délit et
de son auteur, le journaliste, mené tambour battant par le pouvoir depuis
plus d’une année et tout particulièrement dès l’incarcération
de Ghoul Hafnaoui et de Mohamed Benchicou, en passant par les toutes récentes
condamnations de Fouad Boughanem et de Hakim Laâlam, ces décisions
pour peu qu’elles puissent être soumises à l’analyse ne manquent
pas d’être perçues comme l’expression d’un début de reconsidération
politique et juridique du délit de presse.
Il est patent, aujourd’hui, que cette répression effrénée
ne sert pas l’État. Elle le vide de ces alibis de liberté et de
respect des droits fondamentaux.
Plus grave, cette répression le confond à un totalitarisme ne
tolérant aucune critique, ni opposition.
Pour le juge, la perception tolérante du délit de presse ne manquera
pas de le libérer des pesanteurs politiques que cette infraction colporte,
comme elle le prédispose à une assimilation positive de la critique
de l’écrit et du trait de la caricature. Sans crier victoire, ni afficher
un quelconque satisfecit, il y a matière à espérer que
ces décisions soient constitutives d’une démarche nouvelle tenant
compte du rôle et de la mission du journaliste, tout en respectant
ses écrits et ce, dans la limite de la vie privée d’autrui
et de l’honneur des autres.
