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02 mai 2006
Le Parlement européen (PE) abritera, demain 3 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, une journée « spécial Algérie » organisée par la Fédération internationale des journalistes (FIJ).
Le député européen Francis Wurtz,
président du groupe de la gauche unitaire (GUE/NGL), introduira le sujet
par un bilan exhaustif sur la situation de la liberté de la presse en
Algérie, avant de laisser la place aux témoignages des journalistes
Arezki Metref, chroniqueur au Soir d’Algérie et membre du Comité
de soutien à Mohamed Benchicou, ainsi qu’à Ghania Hamadou, ex-rédactrice
en chef et co-fondatrice du journal Le Matin, dont la présence est, toutefois,
à confirmer. Aziouz Mokhtari, journaliste, correspondant du Soir d’Algérie
à Bruxelles, sera dans le rôle de modérateur. Le communiqué
de la FIJ publié vendredi soir rappelle que « de multiples
attaques à l’encontre de la presse algérienne ont eu lieu depuis
la réélection du président Abdelaziz Bouteflika, dont le
cas le plus flagrant est celui du journaliste et directeur du journal Le Matin,
Mohamed Benchicou, en prison depuis deux ans pour des motifs qui ont été
dénoncés par l’ensemble des observateurs indépendants ».
La fédération constate que « la partialité des
juges a depuis largement permis d’appuyer la dérive autoritaire d’un
régime qui impose désormais une censure systématique ».
Suit la liste des 20 journalistes condamnés à la prison ferme,
dont les peines vont de deux mois à un an. Ceux qui ont écopé
de peines avec sursis ne sont pas oubliés. Un tableau noir est dressé
sur la situation de la liberté de la presse dans notre pays. Les organisateurs
de cette journée particulière sur l’Algérie ont hésité
depuis le début de l’année à déclencher une campagne
permanente de sensibilisation des Européens à ce niveau politique
(PE, Commission et gouvernements) parce que ayant cru aux assurances du pouvoir
algérien quant à un retour à la raison et au respect des
libertés et des droits de l’homme, notamment par la réforme du
code de l’information. Des circonstances atténuantes, s’il est permis
de s’exprimer ainsi, ont été accordées au pouvoir algérien,
eu égard à la lutte internationale contre le terrorisme et au
retour de l’Algérie sur la scène internationale. Mais la répétition
des atteintes à la liberté de la presse, les procès réguliers
pour un rien, la complaisance ahurissante des juges et le climat de « peur »
et de censure qui frappe le monde des médias dans notre pays ont fini
par pousser les organisations du monde de la presse et les institutions internationales
à « lever le moratoire » sur l’Algérie.
D’aucuns, journalistes et hommes politiques, vous diront l’admiration qu’ils
ont eu pour les « hommes de la plume » algériens
durant les années de feu. Admiration qui n’a pas baissé en intensité
aujourd’hui. Dommage qu’un si bel idéal, un si beau combat soient écrasés
par la bêtise, l’ignorance et... une telle violence, au moment même
où les chants de la liberté montent face aux dernières
dictatures dans le monde.
