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06 mai 2006

L'organisation non gouvernementale Committee to Protect Journalists (CPJ)
se joint à l'appel lancé par le célèbre écrivain
égyptien Naguib
Mahfouz aux
gouvernements arabes à libérer les journalistes dont deux reporters
égyptiens arrêtés la semaine dernière lors d'une
manifestation au Caire indique un communiqué du COJ. Dans une interview
au quotidien égyptien Al-Ahram, mercredi journée internationale
de la liberté de la presse, Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature
1988,
a déclaré :« J'appelle, en cette journée
internationale de la liberté de la presse, à la libération
de tous les journalistes emprisonnés dans le monde arabe pour des délits
d'opinion et à l'arrêt de toutes les poursuites contre eux en raison
de leurs écrits»
«Des douzaines de journalistes
sont persécutés et menacés d'emprisonnement dans le monde
arabe en raison de lois répressives sur la presse, et de code pénaux
qui criminalisent la liberté d'expression», indique le CPJ dans
un communiqué, précisant qu'au moins
4 journalistes sont derrière les barreaux pour avoir fait leur travail
de journalistes.
Le journaliste égyptien Saher al Gad du journal al-Jil et Ibrahim Sahari de El-Alam El Youm sont emprisonnés au Caire.
Ils ont été arrêtés lors d'une manifestation de soutien
à deux magistrats qui passaient devant une commission de discipline pour
avoir dénoncé des élections législatives frauduleuses
de novembre et décembre derniers. Les deux journalistes sont accusés
de « trouble à l'ordre public » et condamnés
à 15 jours de détention. Cela sans qu'aucune preuve n'ait été
apportée, poursuit le communiqué.
Le journaliste algérien Mohamed Benchicou, directeur du quotidien Le Matin, est en prison
depuis le 14 juin 2004. Il a été condamné à 2 ans
de prison pour « infraction à la législation des changes » .
La conviction que cette condamnation est dictée en représailles
à la ligne éditoriale critique de son journal envers le gouvernement
est largement partagée, poursuit le CPJ .
Mohamed Abbou, journaliste free-lance est
en prison en Tunisie depuis le 1er mars 2005. Avocat et militant des droits de l'homme,
il a été condamné à 3 ans et demi de prison pour
avoir publié un article sur son site Internet TUNISNEWS, prétendument
« diffamant » l'appareil judiciaire et susceptible de
porter atteinte à l'ordre public. Mohamed Abbou a écrit pour un site web tunisien interdit, un
article dans lequel il compare la torture dans les prisons tunisiennes à
celles pratiquées dans les prisons irakiennes d'Abou Ghraib. Le verdict
du procès en appel est attendu pour le 10 juin prochain.
« Les pays comme l'Algérie, l'Egypte et la Tunisie prétendent que leur presse est libre alors qu'ils bâillonnent
leurs journalistes», estime la directrice du CPJ, Ann Cooper, dans ce communique. « La communauté
internationale doit tenir compte des violations des standards de la liberté
de la presse les plus élémentaires par les gouvernements qui envoient
leurs journalistes derrière les barreaux», a également
estimé Ann Cooper
tout en appelant les gouvernements à libérer les journalistes
emprisonnés et à supprimer les lois
qui limitent la liberté de la presse.
