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08 mars 2006
L’Algérie a ratifié les conventions internationales relatives aux droits de l’homme, notamment la convention Cedaw portant sur l’élimination de toute discrimination à l’égard des femmes, prétendant ainsi se placer parmi les Etats respectant les droits de l’homme.
Cependant, dans le souci d’être en conformité avec le code de la
famille “discriminatoire par excellence”, l’Algérie a émis des
réserves lors de la ratification de la Cedaw la vidant ainsi de son sens.
En effet, 22 ans après l’adoption du code de la famille par l’APN, les
femmes continuent à subir les méfaits de ces lois scélérates,
les quelques “aménagements” apportés par la commission chargée
du dossier portant amendements du code de la famille sont révélateurs
de l’incapacité du système à trancher les questions nodales
telles que la consécration de la citoyenneté. Ces “aménagements”
ne changent en rien à la situation juridique des femmes, pire encore,
dans certaines municipalités on humilie davantage les femmes en leur
exigeant un certificat de virginité, pour l’établissement de l’acte
de mariage. Encore une fois les droits des femmes sont sacrifiés sur
l’autel de la compromission. Comment s’étonner dans un contexte marqué
par une telle régression que la visite de la rapporteuse onusienne contre
les violences faites aux femmes ait été reportée ? Dans
un parfait partage des rôles, le pouvoir pour se maintenir et mettre en
œuvre sa politique néolibérale et répressive (loi sur les
hydrocarbures, adhésion à l’OMC...) offre aux islamistes les questions
relatives à la citoyenneté, notamment la gestion de la société.
Les islamistes, confortés par les textes d’application de la charte dite
“pour la paix et la réconciliation qui consacre l’impunité des
assassins, multiplient leur arrogance et veulent nous imposer leur projet de
société archaïque. Les dérives auxquelles nous assistons
aujourd’hui sont dangereuses pour le devenir de l’Algérie :
- Madani Mezrag ne se serait jamais permis de revendiquer les crimes qu’il a
commis sans l’impunité que lui accorde la grâce amnistiante.
- Les députés islamistes sont allés jusqu'à proposer
un texte de loi portant sur la flagellation des femmes adultères.
- Dans les lieux publics y compris les lieux de culte, les femmes subissent
quotidiennement des agressions physiques et verbales, par des fonctionnaires
de l’Etat. Face à toutes les dérives auxquelles nous assistons,
il est urgent pour nous, de réaffirmer notre attachement à l’égalité
en droits entre hommes et femmes. Nous, militantes, profondément attachées
aux valeurs démocratiques, réitérons nos revendication,
citoyennes et demandons :
- L’abrogation du code de la famille et son remplacement par place des lois
civiles et égalitaires en conformité avec les lois de la République.
- La levée des réserves émises par l’Algérie lors
de la ratification de la convention portant sur l’élimination de toute
discrimination à l’égard des femmes Cedaw. Nous affirmons notre
détermination à continuer notre lutte pour une citoyenneté
pleine et entière, et appelons à nous rejoindre, toutes les forces
qui s’inscrivent dans notre combat pour l’égalité.
Les signataires :
