Sale temps pour la presse algérienne Hakim Laâlam: «Le régime panique...» Roberd Ménard écrit au Président du Parlement européen Six mois de prison ferme pour Hakim Laâlam Maître Bourayou: «J'ai peur !» Le directeur du «Soir d'Algérie» condamné La prison ferme requise contre des journalistes La société civile réafirme son soutien Déclaration du Collectif pour les libertés de la presse en Algérie Brahim Brahimi:«La situation est grave» La presse scandalisée Des condamnations au forfait Robert Menard:«Cette situation ne peut plus durer» Aidan White:«Nous sommes furieux» Une Ong interpelle le gouvernement italien Ne pas souscrire à la normalisation Le Comité Benchicou pour les libertés réagit Deux mois de prison ferme pour Fouad Boughanem et Hakim Laâlam La liberté de la presse condamnée


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19 mai 2005
Le Soir d’Algérie : Le directeur de la publication du quotidien Le Soir d’Algérie, Fouad Boughanem, et le chroniqueur Hakim Laâlam, et auparavant d’autres journalistes d’autres titres, ont été condamnés pour délit de presse à des peines d’emprisonnement ferme. Quelle réaction cette situation vous suggère- t-elle ?
Brahim Brahimi : Le premier communiqué du Calp est
très clair. Nous avons demandé l’abrogation des amendements du
code pénal relatif à la diffamation. Des amendements qui vont
à l’encontre des lois internationales et même du code de l’information
de 1990 qui avait supprimé l’offense au chef de l’Etat. Nous avons également
demandé que les journalistes et, au-delà, l’ensemble des citoyens,
ne soient pas emprisonnés pour leurs opinions. C’est scandaleux que des
journalistes soient condamnés à la prison, que d’autres soient
convoqués tous les mardis au niveau des tribunaux. Nous avons déjà
relevé que l’année 2004 a été très dure pour
la presse algérienne : deux années de prison pour Mohamed Benchicou,
six mois pour Hafnaoui Ghoul et de nombreuses interpellations par la police
judiciaire. L’Algérie est devenue la risée du monde, à
tel point que des intellectuels qui nous ont aidés pendant la guerre
de Libération reprennent aujourd’hui de militer pour défendre
la liberté de la presse en Algérie. En témoigne la liste
des 306 intellectuels publiée par la presse algérienne et qui
se sont offusqués du comportement des autorités algériennes
à l’encontre de la presse. S’ils ont décidé d’agir, c’est
que la situation est très grave.
L. S. : Votre organisation,
engagée pour les libertés de la presse et d’expression, prévoit-elle
d’entreprendre des actions de soutien aux journalistes et la presse algérienne
?
B. B. : Le CALP
doit se réunir pour déterminer une position. Mais ses membres
sont autorisés à se prononcer à titre individuel sur des
situations bien précises, comme c’est le cas à présent
avec la condamnation à la prison ferme des journalistes du Soir d’Algérie.
Il y a lieu, par ailleurs, de signaler que le Calp a une fonction de veille,
d’alerte. Il signale les actions négatives ou positives des autorités
en matière de liberté de la presse. Il prend position lorsqu’il
constate des actions illégales, comme celles de ce procureur de la République
qui a requis six mois de suspension à l’encontre du Soir d’Algérie.
Aucun texte ne prévoit cela. Le Calp, enfin, élabore des rapports
annuels sur la situation de la liberté de la presse qu’il diffuse à
travers le réseau international de l’Ifex.
