Sale temps pour la presse algérienne Hakim Laâlam: «Le régime panique...» Roberd Ménard écrit au Président du Parlement européen Six mois de prison ferme pour Hakim Laâlam Maître Bourayou: «J'ai peur !» Le directeur du «Soir d'Algérie» condamné La prison ferme requise contre des journalistes La société civile réafirme son soutien Déclaration du Collectif pour les libertés de la presse en Algérie Brahim Brahimi:«La situation est grave» La presse scandalisée Des condamnations au forfait Robert Menard:«Cette situation ne peut plus durer» Aidan White:«Nous sommes furieux» Une Ong interpelle le gouvernement italien Ne pas souscrire à la normalisation Le Comité Benchicou pour les libertés réagit Deux mois de prison ferme pour Fouad Boughanem et Hakim Laâlam La liberté de la presse condamnée


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18 mai 2005
Après plusieurs reports, le tribunal de Sidi M’Hamed a rendu son délibéré dans le procès pour diffamation qu’il a eu à examiner le 22 mars dernier. Le directeur et le chroniqueur du Soir d’Algérie ont été «au nom du peuple algérien» condamnés chacun à deux mois de prison ferme et 250 mille DA d’amende. La publication a été condamnée à payer la même somme.
C’est
presque à huis clos que le tribunal d’Alger a rendu très tôt
dans la matinée d’hier son verdict dans un des innombrables procès
que le ministère public a intentés à notre journal pour
outrage et offense au chef de l’Etat. Fouad Boughanem et Hakim Laâlam,
respectivement directeur et chroniqueur du Soir d’Algérie, ont été
condamnés hier mardi 17 mai à une peine de deux mois d’emprisonnement
suite à la publication, le 31 décembre 2003, d’une chronique intitulé
«Ouled Lahram !». Un écrit «commis» au lendemain
de l’invalidation nocturne du 8ème congrès du FLN et du gel de
ses activités et jugé infamant par le ministère public
qui n’a pas manqué de porter, comme de coutume, quand il s’agit du premier
magistrat du pays, l’affaire devant la justice. C’est donc logiquement que le
procureur de la République avait, le 22 mars dernier, date à laquelle
a été examinée cette affaire, requis un an de prison ferme
et 250 mille dinars d’amende pour chacun de nos deux collègues. Le procureur
avait dans sa plaidoirie, à l’issue d’un bref débat, fait remarquer
que les deux journalistes méritaient le maximum de la peine prévue
par l’article 144 du code pénal. La sentence que vient de prononcer le
tribunal d’Alger, comme celle qu’il a prononcée le 19 avril dernier à
l’encontre du directeur et de quatre journalistes du Matin renseignent ceux
qui doutent encore sur les intentions du pouvoir à en finir avec les
plumes récalcitrantes. Celles des chroniqueurs et des caricaturistes
semblent être particulièrement ciblées. Faut-il rappeler
que le procureur de la République avait, le 10 mai dernier, pour outrage
au président de la République, requis une année d’emprisonnement
ferme pour le caricaturiste, le chroniqueur et l’ex-directeur du journal Liberté
? Ils devraient être fixés sur leur sort mardi prochain. Les condamnations
des journalistes à des peines d’emprisonnement ferme interviennent alors
que le chef de l’Etat et certains de ses ministres se relaient pour affirmer,
à chaque fois que le cas Benchicou est évoqué, : «Aucun
journaliste n’a été emprisonné pour ses écrits!».
Elles interviennent aussi et surtout à un moment où certains,
pour justifier leur peu d’entrain à marquer le 14 juin — une année
de l’incarcération du directeur du journal Le Matin —, se cachent derrière
le fallacieux prétexte des «bons de caisse» pour lequel Mohamed
Benchicou, dont le journal est suspendu depuis le 23 juillet dernier, a été
condamné à deux ans de prison ferme. Le plus drôle c’est
que Hakim Laâlam, qui rit de notre vécu d’Algérien, qui
malmène avec le verbe ceux qui badinent avec notre devenir et celui de
notre pays, restera égal à lui-même en remettant ça
dès demain.
KHALED BOURAYOU
“C’est une décision très grave !”
Invité à livrer son sentiment après la condamnation de Fouad Boughanem et Hakim Laâlam à deux mois de prison ferme par le tribunal de Sidi M’Hamed, Khaled Bourayou a affirmé : “C’est une décision très sévère, et vous ne trouverez dans aucun pays une décision aussi sévère. Il s’agit aujourd’hui d’un emprisonnement de journalistes et le cycle de décisions d’emprisonnement ne fait que commencer. Hakim Laâlam, dans sa chronique, n’a fait que dénoncer des faits. Il l’a fait avec humour. Condamner un journaliste pour cela est très grave. Aujourd’hui on condamne plus les journalistes que les criminels…” A la question de savoir s’il faut craindre le pire pour les délibérés qui restent à venir, notamment celui qui devrait être rendu la semaine prochaine à l’encontre de trois journalistes de Liberté, l’avocat déclare avec humour qu’on ne peut prédire de rien puisque “ce sont des décisions tarifaires”.
