Sale temps pour la presse algérienne Hakim Laâlam: «Le régime panique...» Roberd Ménard écrit au Président du Parlement européen Six mois de prison ferme pour Hakim Laâlam Maître Bourayou: «J'ai peur !» Le directeur du «Soir d'Algérie» condamné La prison ferme requise contre des journalistes La société civile réafirme son soutien Déclaration du Collectif pour les libertés de la presse en Algérie Brahim Brahimi:«La situation est grave» La presse scandalisée Des condamnations au forfait Robert Menard:«Cette situation ne peut plus durer» Aidan White:«Nous sommes furieux» Une Ong interpelle le gouvernement italien Ne pas souscrire à la normalisation Le Comité Benchicou pour les libertés réagit Deux mois de prison ferme pour Fouad Boughanem et Hakim Laâlam La liberté de la presse condamnée


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19 mai 2005
Le 17 janvier 2001, le tribunal de Sidi M’hamed avait à examiner la plainte pour diffamation déposée quelques mois auparavant par Ahmed Benaïcha, «émir» de l’Ouest du bras armé de l’ex-Fis. Après un débat de plus de cinq heures, le ministère public rejette la requête du plaignant parce que «infondée». Une décision saluée par les applaudissements d’une immense foule venue ceinturer le Palais de justice Abane-Ramdane.
Une enceinte où, depuis ce procès inédit,
les journalistes, apparemment seuls défenseurs de la liberté d’expression,
se retrouvent, chaque mardi, pour des procès pour diffamation, des délibérés.
Tous les jours de la semaine, ils y sont pour des instructions. Un acharnement
rendu possible, il faut le rappeler, depuis mai 2001, date à laquelle
les élus du peuple ont adopté le nouveau code pénal présenté
par Ahmed Ouyahia, alors ministre de la Justice et garde des Sceaux. Un texte
de loi qui, rappelons- le, une fois encore consacre l’incarcération des
journalistes et les amendes pour délits de presse. Depuis, les procès
se suivent sans jamais se ressembler. Pourtant, les accusations sont toujours
les mêmes, les débats quasiment identiques, comme les réponses
des journalistes et les plaidoiries des avocats dont les clients sont accusés
qui de diffamation, qui d’insultes et injures, qui d’outrage et d’offense au
chef de l’Etat. Le réquisitoire en revanche qui se base toujours sur
les articles 144 et 144 bis du code pénal tient souvent compte de facteurs
extérieurs. Ce qui fera dire à Khaled Bourayou que les «condamnations
se font au forfait». Et l’avocat sait de quoi il parle. Il nous est impossible
d’évoquer ici toutes les affaires pour diffamation que «le club
du mardi» du tribunal de Sidi M’Hamed ou les autres tribunaux du pays
ont eu à traiter. Mais il nous est très facile d’indiquer que
le verdict d’un procès donné, contre une publication donnée
reflète la conjoncture politique du moment. C’est ainsi que le 25 janvier
dernier le parquet demande à la surprise générale six mois
de suspension du journal Le Soir d’Algérie, pour avoir publié
à la une une photo de la BDL, suite à un hold-up commis dans cette
banque. Verdict : 2 mois avec sursis pour Fouad Boughanem et 1 million de dinars
d’amende pour son journal. Un mois plus tôt, pour offense au chef de l’Etat,
ce même parquet avait requis deux ans de prison ferme à l’encontre
du directeur, du chroniqueur et d’un journaliste de cette même publication.
Ils «s’en sortiront» avec une année de prison avec sursis
et 250 mille dinars d’amende. Ils seront condamnés, dans d’autres affaires
pour le même délit, à des peines d’emprisonnement avec sursis.
Ce qui, apparemment, ne sied plus puisque mardi dernier, c’est à une
peine d’emprisonnement ferme qu’ils ont été condamnés.
Verdict inédit aussi que celui prononcé en décembre dernier
à l’encontre d’ El Khabar et d ’El Watan dans l’affaire qui les oppose
au ministère de l’Intérieur suite à la publication d’une
lettre de cadres de la DGSN qui dénoncent «la mauvaise gestion»
de cette institution. Les deux publications ont été condamnées
à une amende de 30 millions de dinars, leurs directeurs et la journaliste
à six mois de prison avec sursis. Les exemples ne s’arrêtent pas
là. Le directeur du Matin et quatre de ses journalistes ont été
condamnés à des peines allant de 2 à 3 mois de prison ferme
dans les procès intentés par le ministre de l’Energie et des Mines
et l’homme d’affaires émirati Al Shorafa, et ce, à la veille de
l’examen par la cour d’Alger de la demande de mise en liberté provisoire
introduite par Mohamed Benchicou pour raison de santé. Requête
rejetée en dépit de la mobilisation nationale et internationale
pour la libération de l’auteur de «Bouteflika, une imposture algérienne».
Mardi prochain, le tribunal d’Alger devrait rendre son verdict dans le procès
du caricaturiste, du chroniqueur et de l’ex-directeur de Liberté. Pour
outrage au président de la République, le parquet a requis une
année de prison ferme à l’encontre des trois. Rappelons, enfin,
que dans son dernier rapport de l’état des libertés dans le monde,
RSF a épinglé l’Algérie où l’on note un réel
recul des libertés et un acharnement judiciaire sans précédent
contre la profession. Faut-il rappeler que Mohamed Benchicou est en prison depuis
le 14 juin 2004 et que Ahmed Bennaoum, directeur du journal régional
Errai,y est depuis le 28 juillet de la même année.
